En ces temps où on ne parle des chefs d'entreprise que pour stigmatiser tel ou tel excès en matière de rémunération, on est heureux de relever un exemple à suivre qui suscite moins de commentaires des médias.
Ce matin dans un entretien avec Les Echos, Xavier Niel, le fondateur d'Iliad et de Free, en réponse à la question, Vous proposez aussi un bouquet de base gratuit?, s'exprimait de la manière suivante:
"Oui. Dans les immeubles déjà raccordés en fibres, nous proposons gratuitement aux foyers un accès Internet bas débit (32 à 64 kilobits par seconde), les chaînes de la TNT (le service antenne) et un abonnement téléphonique, qui permet de passer des appels d'urgence et d'en recevoir. Ce service n'est pas exploité par Iliad, mais par la Fondation Free que je finance à titre personnel (NDLR : via un premier don de 10 millions d'euros). Nous demanderons juste un dépôt de garantie qui sera inférieur à 100 euros."
Je ne peux m'empêcher de voir dans cette initiative une démarche qui, tout en honorant son auteur, peut contribuer à une meilleure image de l'entreprise à la fois par sa substance et par la publicité qui, je l'espère, lui sera donnée. Il est vrai qu'il s'agit dans ce cas d'un vrai entrepreneur et non pas d'un manager devenu chef d'entreprise.
En tout cas, c'est une illustration de ce processus vertueux souhaitable que j'évoquais dans une note antérieure, Entreprises, actions d'intérêt général et hautes rémunérations:
"Les Etats-Unis qui sont le pays où ont pris naissance les dérives les plus inacceptables et où elles sont d’ailleurs également débattues avec peut-être le plus de vigueur, sont aussi celui où les fortunes nées de l’entreprise ont souvent à cœur d’affecter une fraction substantielle, voire majoritaire, de leur patrimoine ainsi constitué à des actions d’intérêt général. Il est vrai que la France n’a pas de Bill Gates, mais nous avons quelques grandes fortunes dont certaines s’engagent sans parcimonie dans des actions d’intérêt général.
Peut-être devraient-elles, suivant en cela l’exemple du cofondateur de Microsoft, davantage le faire savoir, rompant ainsi avec la culture de la discrétion en matière de patrimoine qui fait partie de notre culture.
De même certains des grands patrons ou des anciens grands patrons auxquels leurs talents, leurs performances… et leur chance ont permis de devenir riches, seraient-ils avisés de faire connaître leur implication financière dans des actions d’intérêt général comme c’est souvent le cas. S’il se savait davantage, par exemple, que tel ou tel engage, à titre personnel, des montants importants en tant qu’ «investisseur providentiel», puisque c’est ainsi qu’il faut traduire l’expression anglo-saxonne de «business angel», peut-être le rejet indifférencié et sans nuance dont commencent à faire l’objet les hautes rémunérations pourrait-il commencer à s’atténuer."
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