Un grand catholique
L’éloge funèbre est un genre difficile. Beaucoup de femmes et d’hommes politiques s’y sont exercés pour rendre hommage à René Rémond et pour saluer l’universitaire, le chercheur, l’historien, le politologue, le commentateur. Peu ont relevé que c’était avant tout un grand catholique, comme si souligner cette caractéristique était devenu obscène dans un pays où il n’y a à peu près que les deux tiers de la population qui s’y réfère.
Par contre le Président de la République en a fait un «héritier des lumières». Je ne suis pas certain que René Rémond dont, comme beaucoup d’autres, j’ai été l’élève et qui appréciait la justesse des mots et des expressions, aurait privilégié un tel raccourci. Mais il est vrai qu’à notre époque, la référence aux «lumières» et, accessoirement, aux «droits de l’homme» est devenue une telle «tarte à la crème» qu’on en a oublié la véritable signification et la portée historique.
C’est l’occasion de relire deux livres de René Rémond qui sont toujours d’actualité, Les grandes inventions du christianisme (1999) et Le christianisme en accusation (2000).

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