Dans mon dernier livre, Causeries à bâtons rompus , qui peut être téléchargé gratuitement sur ce site, j’avais consacré aux pages 173 à 201 un Post Scriptum à «Alstom, quatre ans après». «Avec la ferme intention de ne plus y revenir», je prévoyais néanmoins que «je continuerai de temps à autre à être frappé par une de ces balles perdues», dont le journalisme contemporain se fait souvent une spécialité.
Pendant neuf mois déjà, je me suis tenu à cette attitude jusqu’à ce que, ces derniers jours, quelques amis, notamment rencontrés sur ce blog, et certains anciens d'Alstom s’étonnent auprès de moi du contenu et du ton d’un article publié* dans le numéro 196 de Capital de janvier 2008 et intitulé «L’incroyable résurrection d’Alstom» et m’incitent à ne pas laisser sans suite certaines de ses affirmations.
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Pour raconter ses "années Renault", Louis Schweitzer a adopté une méthode combinant classicisme et innovation. En effet si recourir au dialogue est fréquent pour qui veut rendre compte d’un parcours professionnel, le fait de l’avoir engagé alors que l’intéressé exerçait encore sa responsabilité opérationnelle à la tête de l’entreprise est moins habituel. Mais c’est sans doute ce qui donne à ce livre son caractère dense, précis et vécu et qui fait tout le prix de ce témoignage de première main sur cette aventure industrielle qui, en peu d’années, a fait de Renault, associé à Nissan, le quatrième constructeur d’automobiles au monde.
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Le 25 juin 2006, reprenant un point de vue que j’avais souvent exprimé sur ce blog en analysant la question des hautes rémunérations, je soulignais qu’«un apaisement progressif de l’opinion sur ce sujet ne pourra (…) résulter que d’une démarche d’assainissement patiente, mais déterminée, de la part des responsables des entreprises, comités de rémunération, conseils d’administration et diverses instances de concertation patronale avec un double objectif : mettre fin aux excès, mais aussi expliquer la légitimité d’une hiérarchie raisonnable des rémunérations au sein des grandes entreprises en ligne avec les responsabilités exercées et la pertinence de la diversité des instruments utilisés». Quelques jours plus tard, dans La Croix du 4 juillet 2006, je réitérais ma conviction qu’«il faudrait que les grandes entreprises françaises aillent plus loin dans le sens de l’autorégulation et établissent, au sein de leurs instances représentatives, un code de bonnes pratiques».
C’est désormais chose faite avec les «recommandations sur la rémunération des dirigeants mandataires sociaux de sociétés cotées» que viennent de publier, sous l’égide de Bertrand Collomb et de Laurence Parisot, l’Association Française des Entreprises Privées (Afep) et le Mouvement des Entreprises de France (Medef).
Ce document concis, clair et lisible vient à son heure alors qu’en liaison avec l’examen des comptes 2006, les comités de rémunération, les conseils d’administration et les assemblées générales vont inscrire à leur ordre du jour les questions de rémunération. Il est aussi particulièrement opportun qu’à la suite des polémiques qui agitent périodiquement l’opinion, des instances représentatives qualifiées des entreprises expriment avec netteté leur point de vue et adressent des «recommandations» à leurs mandants même si le nombre d’entreprises réellement concernées est extrêmement réduit. Il s'inscrit enfin dans un contexte qu'illustre la synthèse publiée aujourd'hui même par Transparence(s) sur les faits et chiffres significatifs pour 212 sociétés présentes dans l'indice SBF 250 en 2005.
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