Pour les petites et moyennes entreprises, les aspirations dominantes étaient le démantèlement des trente cinq heures, la poursuite de la libération du marché du travail, la réduction des taxes et notamment de la taxe professionnelle et la quête sans fin des simplifications administratives, tous thèmes sur lesquels la droite conservatrice surfait avec succès en 2006 et 2007, s’assurant ainsi l’élection de son candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, en mai 2007.
Les grandes entreprises, pour ce qui les concerne, n’étaient pas indifférentes à ces thèmes, encore qu’avec un moindre enthousiasme pour certains d’entre eux, par exemple les trente cinq heures, mais y ajoutaient aussi d’autres préoccupations, telle la faiblesse des exportations, provoquée par l’écart de compétitivité grandissant par exemple par rapport à l’Allemagne et par la hausse, jugée excessive, de l’euro, telle aussi la hausse des prix du pétrole, source de déséquilibres macro économiques grandissants, telle enfin l’insuffisance, jugée criante, des aides publiques à la recherche-développement, comparées par exemple à leur niveau aux Etats-Unis.
De surcroît les entreprises prenaient note du discours public mettant l’accent sur la nécessité de réduire le déficit et l’endettement publics, la diminution du chômage, favorisée par celle de la population active, sur le retour possible de risques inflationnistes, sur l’insuffisance du pouvoir d’achat. Ces trois derniers éléments conduisaient beaucoup des entreprises françaises, à la mi-2007, à anticiper des négociations salariales difficiles pour les mois suivants.
Mécanisme
Quand on prononce aujourd’hui, en France, le mot « crise », on semble évoquer un évènement ou un phénomène singulier, porteur de toutes les calamités économiques et sociales qui déferlent sur le pays. En réalité, on le sait, la crise, en France comme ailleurs, s’est installée insidieusement et dans la durée.
Plusieurs « points de départ » peuvent être identifiés : celui à partir duquel les « titrisations » se sont développées à partir des années 1970, celui où les taux d’intérêt ont atteint un bas niveau historique au début des années 2000, favorisant ainsi l’explosion de l’endettement, celui où les prix de l’immobilier ont commencé à baisser à partir de l’automne 2005, mettant beaucoup d’emprunteurs dans l’impossibilité de faire face aux échéances de remboursement.
Mais, avec le recul, beaucoup seront d’accord pour dater le début du séisme au 8 février 2007, quand l’une des premières banques mondiales, HSBC annonce des pertes massives et inattendues, provoquées par dix milliards de livres de provisions pour créances immobilières douteuses, localisées principalement aux Etats-Unis. Dès lors, partout dans le monde, les banques connaissent des pertes considérables et une incapacité grandissante à se financer par les mécanismes normaux du marché.
Les unes après les autres, comme des dominos, des institutions, que l’on pensait inébranlables, appellent à l’aide : Bear Stearns en juillet 2007, Northern Rock et Merrill Lynch en septembre 2007, Citigroup en novembre 2007, UBS en avril 2008, Freddie Mac et Fannie Mae en juillet 2008, AIG début septembre 2008. Cette série noire culmine avec la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008.
Jusqu’alors, les gouvernements, chacun de leur côté, et les banques centrales traitaient les situations particulières qui étaient portées à leur connaissance de manière isolée et au cas par cas : injection de liquidités dans le secteur bancaire ou interventions directes sur les établissements bancaires. L’erreur majeure de politique économique du Secrétaire d’Etat américain au Trésor, Henry Paulson, inspiré par une idéologie libérale dont il ne s’aperçoit pas qu’elle ne répond pas à la situation, qui décide d’abandonner Lehman Brothers à son sort, donne à la crise son caractère définitif et irréversible.
Perception
Dans ce contexte mondial, les messages que reçoivent les entreprises françaises de leur environnement national ont une tonalité étrange et, en quelque sorte, décalée.
En mai 2007, un nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy, a été élu. Le programme dont il fait l’alpha et l’oméga de son action a été élaboré en 2006 et ne tient aucun compte du mouvement qui, sourdement depuis le début de l’année 2007, commence à ébranler le système économique mondial. Les mots d’ordre, travailler plus pour gagner plus, augmentation du pouvoir d’achat, retrait de l’Etat, diminution des impôts, sont ceux d’une époque déjà révolue, mais presque personne n’en a conscience. Impavide, en juillet 2007, le nouveau gouvernement met en œuvre un programme d’allègement fiscal, largement orienté au bénéfice des plus favorisés pour un montant de quinze milliards d’euros qui aggrave le déficit budgétaire déjà important sans véritablement soutenir la croissance. Ce « péché originel » du quinquennat pèsera lourd quand, plus tard, l’Etat devra se mobiliser pour agir contre la crise.
Pour l’heure, l’opinion française et les entreprises avec elle regardent, médusées, les désastres bancaires qui s’égrènent dans le monde et les moyens financiers publics qui commencent à être engagés partout et notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne pour sauver le système financier.
Face à l’incertitude, les entreprises se laissent volontiers bercer et anesthésier par les idées reçues, distillées par les autorités politiques : le marché immobilier français ne fonctionne pas en France comme aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne et n’est donc pas de nature à connaître les mêmes pathologies, la croissance, grâce à l’excellence de la politique gouvernementale, résiste mieux qu’ailleurs, la France, grâce à ses réformes, est plus protégée que d’autres, le système bancaire français, mieux géré, est moins menacé que ceux de beaucoup d’autres pays, l’Etat français, grâce à sa tradition colbertiste, est mieux équipé que d’autres pour corriger les excès du libéralisme.
De manière surprenante, le premier choc sérieux qui ébranlera ce confort provisoire et qui interpellera le secteur bancaire français n’aura pas les mêmes causes qui déstabilisent les banques dans les autres pays. C’est une fraude d’une dimension et d’une absurdité exceptionnelles, l’œuvre d’un homme seul, un « trader », Jérôme Kerviel, qui n’est même pas motivé par un appât démesuré du gain, qui mettra en péril la Société Générale, sans doute l’un des deux établissements français les plus solides avant que ses conséquences ne soient rapidement et brillamment maitrisées par son management.
Pourtant si cet épisode marque le début d’une prise de conscience par les entreprises d’une situation qui s’aggrave, ce n’est qu’à partir de septembre 2008 que la crise commencera à être véritablement perçue comme telle.
Pour illustrer à titre anecdotique l’état d’esprit qui prévalait avant cette échéance, un exposé que j’ai fait, à la demande d’une organisation professionnelle de chefs d’entreprises en mai 2008 et que j’ai publié sur ce blog sous le titre
"L'économie française, un nouveau souffle?", est symptomatique. Il m’avait été demandé de faire le point le plus objectif possible sur les analyses disponibles et, du coup, en harmonie avec l’air du temps, je rendais compte de prévisions et d’opinions qui restaient encore modérément optimistes et qui laissaient penser que le pire pourrait être évité.
Je cite ma conclusion :
« Quant à nous Français, faible croissance, déficits publics croissants, chômage encore trop élevé, ouverture médiocre aux réformes nous ont distingué, négativement, pendant les années récentes des pays d’économie de marché comparables. De surcroît nous sommes exposés, comme les autres, aux risques économiques globaux, hausses du pétrole et des matières premières, instabilité des changes, crises financières à répétition. Et l’horizon à court terme recèle à la fois des raisons d’espérer avec la nouvelle tendance à la réduction du chômage et des sujets de préoccupation avec la résurgence de l’inflation.
Mais paradoxalement nos handicaps et nos faiblesses peuvent devenir des forces. Si la nécessité incontournable de réduire l’endettement public restera un handicap tant qu’il ne sera pas pris à bras le corps, en revanche, la timidité de nos réformes jusqu’à présent laisse un champ immense de progrès possible pour peu que nous sachions les mener dans le cadre d’une politique économique réfléchie et cohérente qui en explique le sens au pays et y appliquer détermination, continuité et, pourquoi pas, un peu de consensus.
Je ne crois donc que ce soit être excessivement optimiste que de pronostiquer qu’un nouveau souffle puisse nous faire passer, sans trop de dégâts, la mauvaise passe que traverse l’économie mondiale. »
Réflexes immédiats
Mais, à partir de septembre 2008, le réveil est brutal. En particulier, les petites et moyennes entreprises ne savent plus où elles vont, se trouvant dans la contradiction entre des paramètres opérationnels à court terme qui ne sont pas encore catastrophiques et un environnement qui, subitement, leur annonce des temps très difficiles.
Ainsi le 14 octobre 2008, quelques unes d’entre elles se réunissent pour essayer de clarifier leurs perspectives en répondant à la question « Que faire face à la crise ? Un point de vue micro économique » et sollicitent un économiste et l’ancien chef d’entreprise que je suis pour contribuer à leurs réflexions.
Voici les idées qui en résultent :
" Un contexte nouveau
Comprendre la crise
- une crise financière profonde en quatre éléments : insolvabilité des emprunteurs immobiliers, assèchement de la liquidité bancaire, délitement des bilans bancaires, effondrement des marchés financiers
- une reconstruction d’abord chaotique, puis ordonnée de la confiance : réactivité immédiate et ample des banques centrales, engagement initial des Etats brouillon et dispersé, restructuration frénétique du système bancaire, amorce d’un gouvernement économique européen et d’une coordination mondiale
- un impact inévitable et substantiel sur l’économie réelle : situation de départ de récession, rationnement du crédit (quantité et coût), restriction de l’accès aux financements de marchés (actions et obligations)
- un soutien encore balbutiant à l’économie réelle : emprunteurs immobiliers, trésorerie des entreprises, financement des PME
- une marge de manœuvre limitée : priorité au système bancaire, déficit budgétaire et endettement public, inéluctabilité du réarmement fiscal
- mais des éléments d’espoir pour l’Europe : baisse du pétrole, baisse de l’euro, prise de conscience européenne
- en bref : une crise financière qui va amplifier la crise économique préexistante, une crise qui, parce que profonde, va être durable , une crise où il va falloir compter sur ses propres forces, mais qui offre des opportunités de progrès.
Réformer le système
- recentrer le système bancaire sur sa mission essentielle, le service public de la monnaie, liquidité et crédit
- faire fonctionner le système bancaire avec des fonds propres accrus plutôt que par l’endettement ou à partir des dépôts des ménages ou des entreprises
- rétablir le lien entre l’économie financière et l’économie réelle en s’interrogeant notamment sur les prêts de titres, sur les gestions dites quantitatives, sur les titrisations
- créer une Autorité de contrôle et de soutien du système bancaire et des marchés financiers de la zone euro en cohérence avec la Banque Centrale Européenne
- confier au FMI une mission de supervision et de soutien au niveau mondial des systèmes bancaires et des marchés financiers
- en bref : un vaste chantier qui, au moins, pendant un certain temps, va conduire le système financier à plus de prudence, plus de classicisme, moins d’innovation débridée ; un retour au principe de réalité, peut-être un nouvel ordre économique et en tout cas, sans doute de manière temporaire, un certain rééquilibrage des valeurs
Une gestion de crise
Intégrer les risques
- récession : la récession était déjà là ; elle va se renforcer
- crédit : on ne pouvait déjà pas compter sur les banques ; ce sera encore moins le cas
- impôts : un durcissement fiscal est inévitable
- durée : les temps incertains dureront : un an ? deux ans ?
- réalisme : c’est le retour du réalisme… du moins pour un certain temps
- solitude : ne pas croire aux promesses gouvernementales : les autorités naviguent à vue…
- confiance : et pourtant quand tout change, beaucoup devient possible
Combattre la récession
- marchés : analyser finement les marchés : ralentissement probable pour les secteurs de la construction, de la finance, des biens d’équipement ou de l’informatique, stabilité possible pour les infrastructures, les services et les biens de consommation
- trésorerie : focaliser sur la trésorerie: rythme de génération de cash, dépendance des délais de paiement, constitution d’une marge de précaution d’au moins six mois de dépenses
- gestion : resserrer la gestion : adaptation immédiate des effectifs à la réalité du carnet de commandes, élimination des centres de pertes, limitation des programmes de développement et l’investissement au minimum indispensable pour livrer le carnet de commandes.
Anticiper la reprise
- stratégie : réévaluer la stratégie : aller à l’essentiel, contester les à-priori de toujours, oublier les querelles « dogmatiques »
- opportunités : chasser les opportunités : tirer avantage de la dévalorisation des actifs
- taille : rechercher la taille : ce qui était impossible devient réaliste."
« Trou noir »
Mais dans le temps même où ce type de réflexions se développaient au niveau d’acteurs économiques de base, les interventions gouvernementales en Europe prenaient une ampleur sans précédent à l’initiative de Gordon Brown, d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy. Tant qu’il s’agissait de centaines de milliards de dollars américains, les chefs d’entreprise français étaient surpris, mais attribuaient cette débauche financière à la spécificité et à la taille des Etats-Unis. Mais quand les dirigeants européens, y compris les plus sages, jetant aux orties leurs discours de rigueur budgétaire et de maitrise des finances de l’Etat, ouvraient les vannes de la dépense publique par dizaines, voire par centaines, de milliards d’euros, ces initiatives, supposées être rassurantes au premier degré, les rendaient de plus en plus perplexes et anxieux pour l’avenir.
Il n’est pas douteux qu’à l’automne 2008, la frénésie et l’agitation politiques, pour justifiées qu’elles aient pu être sur le fond, ont induit un comportement pro cyclique de plus en plus accentué des entreprises françaises. Combien de chefs de grandes entreprises, pendant cette période où traditionnellement, ils établissent leurs budgets pour l’année suivante, expliquaient que l’incertitude les empêchait de fabriquer un budget à plus de trois mois ou six mois, qu’il était urgent d’attendre pour investir, que leur souci unique était de sécuriser des lignes de crédit de plus en plus fuyantes pour faire face à des chutes brutales en volume de leurs commandes ?
Le crash, désormais avéré, de l’industrie automobile, particulièrement importante en France, devait jouer dans le moral des chefs d’entreprise le même rôle que, dans d’autres pays, celui du marché immobilier. Si cette industrie emblématique et bien gérée connaissait de telles difficultés, personne n’y échapperait. Tel est le sentiment à la fin de l’année 2008.
Dès lors tous les indicateurs, reflétant directement ou indirectement la situation des entreprises passent au rouge dans le monde comme en France.
Le monde s’apprête à connaître la récession la plus grave depuis les années 1930-32 ou les années 1940 si l’on retient la période hors-normes de la deuxième guerre mondiale : à peine +0,5% d’après le FMI.
La France, évidemment n’est pas en reste. Au niveau macro économique, alors qu’en mai, on prévoyait encore pour 2008 une croissance du produit intérieur brut de 1,5%, on considère désormais qu’au mieux, il aura été stable avec une chute anticipée pour 2009 à -1,8%. Le fait que les Allemands et les Anglais devraient faire encore pire n’est pas une consolation. Le déficit commercial s’accentue avec le ralentissement des exportations. L’investissement, déjà exsangue au cours des cinq années précédentes, diminue en 2008 après le léger rebond de 2007. Et le chômage qui, en septembre diminuait encore, est reparti brutalement à la hausse.
Ces données globales se traduisent au niveau micro économique par un ralentissement brutal des créations d’entreprises au dernier trimestre de 2008 ( moins 9%), par un accroissement substantiel du nombre des faillites en 2008 ( plus 15%), par la chute brutale de la construction de nouveaux logements (moins 15%) et par la révision à la baisse des résultats de beaucoup d’entreprises en 2008 avec l’affichage de perspectives particulièrement moroses pour 2009, même si rachats d’actions et dividendes ont connu des records historiques en 2007 et 2008.
Bouées de sauvetage
Dans ces circonstances difficiles, les entreprises se tournent vers l’Etat. Cette démarche, souvent critiquée par les ultralibéraux dont le dogmatisme est largement responsable de la crise, correspond à une tradition bien ancrée en France dont la mise en œuvre correspond bien aux nécessités du moment. Dans la relation compliquée que les Français entretiennent avec l’économie de marché, ils ont su préserver un Etat habitué et apte à intervenir même si la qualité de ses dirigeants s’est beaucoup détériorée avec la fuite des cerveaux vers le secteur bancaire ou industriel.
Aussi, tout en naviguant à vue et sans avoir su poser un diagnostic global ni définir une thérapeutique durable pour traiter de la crise, l’Etat met en œuvre pragmatiquement tous les outils dont il peut disposer pour venir au secours de l’économie réelle :
- alimentation de l’économie en crédit avec le médiateur du crédit, focalisé sur les PME, l’injection de financements pour réinitialiser l’offre de crédit des banques, toujours en priorité à destination des PME et la mise en place de guichets sectoriels, par exemple pour les compagnies aériennes, clientes d’Airbus.
- soutien direct aux secteurs économiques les plus en difficulté, en priorité l’automobile avec la prime à la casse et des encouragements à la recherche-développement pour la voiture du futur électrique et écologique.
- moralisation des comportements avec la maitrise des rémunérations excessives et des délocalisations abusives.
- Et, tout récemment, soutien ciblé au pouvoir d’achat de certaines catégories les moins favorisées.
Confiance
Pourtant, en dépit des efforts consentis, l’un des ingrédients essentiels du retournement espéré n’est toujours pas au rendez-vous. La confiance n’est pas de retour. La plupart des économistes considèrent à juste titre que c’est ce facteur, totalement inquantifiable, qui fait la différence dans les situations de crise. Cette confiance, les chefs d’entreprise français ne l’ont pas encore retrouvée. Or c’est elle qui les déterminera à sortir d’un comportement pro cyclique et à agir en anticipant la reprise.
Ce qui manque, c’est le sentiment qu’il y a un pilote dans l’avion qui sait où il va et qui a une stratégie pour atterrir. Trop de questions restent sans réponse. Que fera-t-on pour éviter la répétition des errements qui ont conduit à la situation actuelle ? Quelles leçons en seront tirées ? Comment fera-t-on face à l’énorme dette publique que les Etats sont en train d’accumuler ? Saura-t-on introduire assez de justice dans l’économie pour éviter que la crise ne déstabilise toute la société ?
Alors que la crise est loin d’être achevée, ce qui frappe, c’est la fragilité de la société française. Certes nous disposons d’un Etat relativement préparé et compétent pour affronter des situations difficiles. Mais, contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne ou les Etats-Unis, nous sommes incapables de générer un consensus politique minimum pour affronter l’adversité et nos syndicats ne voient pas d’autre réponse possible à la détérioration de la situation que le coup de semonce aux élites par la voie d’une grève générale ou de grèves sectorielles répétitives.
Ni par sa taille et son potentiel d’entrainement économique, ni par l’exemplarité de son comportement, ni par sa capacité de proposition, ni par son aptitude à créer la cohésion nécessaire pour agir, la France n’est en position d’aider significativement à la réponse globale que le monde doit apporter aux causes de la crise. Elle ne peut donc compter que sur les autres et en premier lieu sur l’Amérique d’Obama et à un moindre degré l’Allemagne de Merkel pour tracer la voie. En attendant que ces pays prennent les initiatives globales nécessaires, elle ne peut que colmater les brèches, protéger ses entreprises sans tomber dans le protectionnisme et naviguer à la godille en attendant des temps meilleurs.