Le 7 mai 2007, voici notamment ce que j'écrivais sur ce blog:
"Je prends (...)à compter de ce jour ma retraite de citoyen blogueur. Concrètement ce blog restera en ligne de manière à laisser à la disposition de chacun les milliers de pages correspondant aux 350 notes et aux 4000 commentaires, accumulés au fil de ses trente mois d’existence. De temps à autre j’y publierai encore quelques notes de lecture et je mettrai à jour "mes liens favoris" et ma "sélection" de livres. (...)
Mais en revanche, vous ne me verrez plus m’exprimer par ce canal sur les questions politiques, économiques, industrielles, européennes ou éthiques, ni sur la rémunération des patrons ou autres sujets similaires, sauf circonstances exceptionnelles ou sauf surtout à proposer des liens, renvoyant à des points de vue exprimés sur d’autres médias."
Depuis dix-huit mois, je me suis tenu, pour l'essentiel, à cette attitude d'abstention et je l'ai de surcroit étendue, pratiquement sans exceptions, aux autres formes d'expression que proposent les médias, interventions ou interviews à la radio, à la télévision ou dans la presse.
Au cours des derniers jours, la position que j'ai ainsi adoptée a été mise à rude épreuve. La place qu'a prise la controverse sur les parachutes dorés dans le débat planétaire relatif à la crise financière a eu pour conséquence que j'ai été sollicité et je continue de l'être, directement ou à travers les éditeurs qui ont publié mes deux livres, par un nombre considérable de journalistes.
Pour leur éviter des démarches inutiles et si d'aventure, ils se rendent sur ce blog avant de chercher à me contacter, je réitère donc de manière expresse ma détermination de ne plus m'exprimer publiquement sur cette question.
Mes raisons sont simples:
- Ma décision de renoncer en août 2003 à l'indemnité de départ qui m'avait été allouée par le conseil d'administration d'Alstom, sur la base d'un contrat datant à l'époque de plus de vingt ans, remonte à plus de cinq ans: il est plus que temps pour moi de tourner cette page!
- J'ai expliqué le motif de cette décision en de multiples occasion, y compris dans deux livres auxquels on peut, sans difficulté, accéder sur ce blog*, soit en les téléchargeant, soit en les achetant en ligne: ceux qui s'y sont déjà reportés ou s'y reporteront constateront en particulier que ce n'est pas "la pression de l'opinion publique", comme le disait encore il y a quelques jours une journaliste de RTL , qui m'a déterminé, mais une raison, je crois, plus sérieuse et plus profonde: je n'ai rien à ajouter sur ce sujet; il est donc préférable de me taire!
- J'ai aussi longuement développé mon point de vue sur la question des hautes rémunérations des dirigeants d'entreprise sur ce blog et dans mes livres* et, s'agissant des parachutes dorés, dans une contribution publiée dans le Journal des Sociétés**, point de vue auquel je n'ai rien à ajouter ou à retrancher: il n'est donc pas nécessaire d'y revenir!
- Enfin, je n'ai aucune envie d'être instrumentalisé dans le débat qui se développe actuellement et de contribuer, fût-ce involontairement, à la "pression" qui s'exercerait sur telle ou telle personne qui se trouverait mise en cause: j'ai trop expérimenté le caractère expéditif et sommaire d'une certaine "justice", médiatique ou politique, pour en devenir un collaborateur consentant, même occasionnel!
J'espère que les journalistes qui manifestent encore de l'intérêt pour ce que je pourrais dire comprendront mon attitude. Ils n'auront certainement aucun mal à trouver d'autres intervenants compétents, institutionnels ou non, pour alimenter ce débat récurrent sur les parachutes dorés. Au demeurant beaucoup d'autres sujets, peut-être plus importants et plus critiques dans les circonstances présentes, peuvent sans aucun doute mobiliser leur attention!
* Pages 38 à 49 de Quatre millions d'euros, le prix de ma liberté et pages 61 à 95 des Causeries à bâtons rompus
** Pages 35 à 37 du Journal des Sociétés n°49 de décembre 2007 .
