Forum du Nouvel Observateur: "Les salaires des grands patrons"
A toutes fins utiles, je vous signale un Forum du Nouvel Observateur sur "les salaires des grands patrons" auquel j'ai participé hier jeudi 26 avril.
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En lisant la synthèse de ce chat, j'ai repéré une phrase amusante autant qu'intéressante. Vous dites en effet : " je fais une différence entre les dirigeants des entreprises et les personnes qui tirent leurs revenus de leurs talents ".
Ok, partons donc du principe abscons que les dirigeants d'entreprises n'ont, soit aucun talent, soit une rémunération correspondant à tout autre chose [réputation, formation, expérience ??].
Dans ce cadre, que pourriez vous nous dire des qualités d'un bon chef d'entreprise et de ce à quoi DEVRAIT correspondre sa rémunération : sa prise de risque personnelle ? Son investissement dans le temps ? Le CA de son groupe ?
Rédigé par:MiKE | le 01 mai 2007 à 07:08
Je découvre votre commentaire en voyage. J'y répondrai plus en détail à mon retour. Mais d'ores et déjà, vous avez raison, le mot "talent" n'était pas approprié!
Rédigé par:PBi | le 01 mai 2007 à 07:37
Bravo pour votre réactivité [et désolé d'avance pour l'aimable taquinerie sur PointBlog.com], j'attend avec impatience votre retour de voyage pour en savoir plus sur votre vision des "prérequis" d'un chef d'entreprise.
Rédigé par:MiKE | le 02 mai 2007 à 11:04
Monsieur Bilger
j'ai lu avec interet votre forum sur la remuneration des PDG, sujet qui me passionne, et je ne peux pas etre d'accord quand vous attribuez "au marche'" les exces actuels.
Le marche a toujours bon dos, mais on n'hesite pas a invoquer et mettre en place des regles pour l'encadrer, quand le monde politique le veut.
Il est a peine necessaire de rappeler a un homme de votre competence et culture que l'apotre meme de l'ultraliberisme financier sauvage, (comme diraient certains), le hero des roaring nineties John Pierpont Morgan, fixait a 20 le rapport entre le plus bas et le plus haut salaire au sein de chaque entreprise, et cette suggestion etait soigneusement suivie. Ce rapport a evolue depuis a 200, pour arriver aujourdh'hui a 500 en moyenne aux USA, avec une progression qu'aucun ne semble pouvoir arreter.
Les consequences souvent sousevaluees sont la demotivation de nos salaries, la conviction desormais acquise que travailler honnetement et epargner n'est plus un chemin pour le succes ou l'independance, et donc la popularite croissante soit des carrieres "atypiques" dans le sport, le spectacle, le travail au noir, la delinquance, l'emigration, soit l'approche minimaliste a son travail, et realisation de soi dans d'autres activites.
Ce n'est pas tout, helas. Le 12 millions empoches par M. Forgeard pour avoir coule Airbus ne vont pas soutenir l'economie francaise ou europeenne, loin de la. Ils vont plutot partir dans un hedge fund caribique ou newyorkais, alors qu'ils aurait pu rester en France si morceles en milliers de part distribuees en prime aux salaries pour la joie des restaurants, boutiques, et autres commerces de proximite.
Pourquoi on en est arrive la? Il me semble que la gangrene des remuneration absurdes frappe surtout les societes a actionnariat soit eclate soit etatique. Dans les unes comme dans les autres, les proprietaires ne peuvent efficacement gerer leurs proprietes, et c'est toujours un delegue non proprietaire qui exerce la corporate governance pouvant donc s'accorder avec le PDG pour lui octroyer des remunerations enormes.
A Koch Industries ou Harley Davidson, les remunerations ne sont pas les memes, dans cette derniere le PDG est paye 100K Euros environ, moins de moitie de votre propre retraite et permettez moi de vous dire, le performance economiques et boursieres de ces societes dont je vous parle feraient bien des envies en France.
La realite est que l'actionnariat eclate ou pire etatique ne permet plus au proprietaires d'exercer une governance, et le pouvoir du PDG devient alors sans contrepoids.
Fixer par loi a 20 le rapport maximum entre salaires ne limiterait aucunement le salaires des PDG, mais permettrait a tout salarie de beneficier de la prosperite qu'il a contribue, lui aussi a creer avec son propre travail. Pour la joie de lui meme et de notre economie.
Merci de votre opinion.
Rédigé par:hayekfan | le 02 mai 2007 à 13:11
A hayekFan,
Je me suis exprimé à satiété sur cette question des hautes rémunérations, notamment sur ce blog et dans mon dernier livre "Causeries à bâtons rompus". Je n'ai donc plus grand chose à ajouter de neuf. Sur beaucoup de points, je suis d'ailleurs en accord avec vous et j'ai cité les références que vous mentionnez dans mes différentes notes.
Pour autant, je ne crois pas juste d'attribuer, fût-ce partiellement, aux sociétés étatiques la responsabilité de la dérive. Les excès ont pris naissance aux Etats-Unis dans des sociétés intrinsèquement privées et se sont propagés notamment grâce à la transparence et au mimétisme.
Imposer par la loi un multiple de 20 pour souhaitable que cela puisse être du point de vue éthique me parait relever du voeu pieux. Mais si les dérives continuent, tout peut devenir possible...
A Mike,
Je reviens sur votre commentaire.
Effectivement plutôt que "talent", j'aurais dû utiliser le mot "don". Si nous avons tous à des degrés divers des talents, nous n'avons pas tous le "don" qui permet de devenir un sportif, un peintre, un musicien de premier rang. S'il fallait les comparer aux chefs d'entreprise, je les rapprocherais de ceux qui, innovateurs de génie ou entrepreneurs authentiques, ont créé leur propre entreprise et en ont assuré le succès dans la durée. Cette catégorie de personnes se distingue à l'évidence des mamagers de talent, et cette fois-ci, le mot est approprié, qui deviennent les chefs de leur entreprise, souvent après en avoir gravi plusieurs échelons.
S'agissant de ces derniers, leur salaire doit rémunérer leur compétence, leur bonus, leur performance opérationnelle et les options d'action, leur contribution à la satisfaction des actionnaires. Quant aux indemnités de départ ou de séparation, elles donnent aux conseils d'administration la commodité de remplacer le chef d'entreprise ou de le faire partir avant l'âge normal de la retraite sans avoir à justifier leur décision, ni à la retarder, sans qu'il y ait nécessairement faute de l'intéressé et parce que c'est l'intérêt de l'entreprise.
J'ai développé à plusieurs reprises mon point de vue sur le niveau de la rémunération, quelle qu'en soit la forme. Je ne vois pas d'autre approche équitable et raisonnable que de la relier à la pyramide des rémunérations de l'entreprise et des rester dans un rapport normal avec celles dont bénéficient les échelons immédiatement inférieurs parce que, pour ces échelons, le nombre des personnes concernées étant plus élevé, il y a un véritable marché de recrutement. J'ai parlé d'un écart qui ne devrait pas dépasser 30 à 50%. Appliquerait-on de telles normes, cohérentes d'ailleurs avec l'esprit des recommandations du Medef et de l'Afep, que la plupart des excès actuellement stigmatisés, heureusement peu nombreux, ne verraient pas le jour. Le problème est qu'il faut du temps pour mettre en oeuvre de telles recommandations, car la plupart des contrats actuellement épinglés remontent à l'époque d'avant la transparence, c'est-à-dire 2002. Ce temps, il n'est pas évident que l'opinion et la politique soient prêtes à le concéder aux quelques entreprises en cause...
Rédigé par:PBi | le 02 mai 2007 à 13:50
Monsieur Bilger,
j'ai justement attribue aux entreprises a actionnariat SOIT ECLATE SOIT ETATIQUE la cause de ce terrible cancer de nos economies, que celui des remunerations excessives des PDGs.
Dans les societes PRIVEES, c'est a dire, celles qui ne sont PAS COTEES en Bourse (example Koch), ou dans les societes meme COTEES mais avec un seul actionnaire PRIVE di reference (Berkshire, WalMart..), on assiste rarement a des remunerations excessives de PDG, faites aux grands frais de l'actionnaire.
Si, au contraire, on parle de societes COTEES sans actionnaire important, ou COTEES avec l'Etat comme actionnaire de reference, on trouve souvent des remunerations inadmissibles, aux US comme en France. La raison est simple: s'il n'y a pas d'actionnaire important, comment s'opposer a des demandes excessives des PDG?
Et si l'actionnaire est l'Etat, sont a craindre les pires derives liees aux rapports entre politique et affaires qui sont sans cesse evoques dans la vie economique francaise, ou pire a la corruption syndicale comme prouve par les recents developpements dans une importante industrie electronique bavaroise qui, avec d'autres similaires a Volkswagen montrent a quel point le modele rhenan est loin de representer un example pour l'Europe.
Sans divagation ulterieure, on peut dire que etatique ou eclate, l'actionnariat perd tout son pouvoir de controle, a tout avantage des dirigeants, aussi syndicaux.
Enfin je ne vois pas pourquoi une volonte politique ne pourrait imposer un rapport 20 entre les remunerations globales au sein d'une entreprise. Certes, la fraude et les split roll (remunerations cachees a l'autorite et payees dans les paradis fiscaux) sont toujours possibles, mais du moins on assainirait la situation dans les entreprises guidees par les dirigeants honnetes comme vous, qui sont a mon avis la plupart.
Tout en etant depourvu de vos excellents image et reseaux, je proposerais bien l'idee aux candidats, si je n'etait pas persuade de la faiblesse electorale du candidat qui mieux la retiendrait.
Merci encore pour votre attention et aimables .. causeries.
Rédigé par:hayekfan | le 02 mai 2007 à 14:49
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Rédigé par:Canapdwa | le 04 juin 2007 à 15:21