Thomas Philippon, qui a appris l’économie avec Olivier Blanchard et qui enseigne l’économie financière à la Stern School of Business de l’Université de New York, n’est pas un inconnu pour les lecteurs de ce blog.
Un compte rendu que j’avais fait en octobre dernier de la dernière étude sur la productivité de Proudfoot avait suscité un commentaire de DT qui avait attiré notre attention sur un article que cet économiste avait publié dans Le Monde du 1er septembre 2006.
La thèse qui y était soutenue peut être résumée par les deux conclusions suivantes, justifiées par une analyse approfondie de plusieurs enquêtes d’opinion :
« S’il y a bien en France une crise de la valeur travail, elle n’est pas celle que l’on croit. Il n’y a pas de disparition du désir de travailler. Contrairement aux idées reçues, les Français accordent plutôt plus d’importance au travail que la plupart des Européens, et ils sont parmi les premiers à enseigner à leurs enfants à travailler dur. (…) S’il y a d’un côté un désir de travailler, et de l’autre une volonté d’entreprendre, comment se fait-il qu’il y ait une crise du travail ? Que l’on interroge les patrons ou les ouvriers, les managers ou les employés, on arrive au même constat : la France est le pays développé où la part des gens satisfaits de leur travail est la plus faible. »
Ce point de vue m’avait tellement frappé que je m’y suis référé longuement dans un livre, actuellement sous presse et qui sera disponible dans les prochaines semaines, «Causeries à bâtons rompus», où je m’interroge entre autres sur «le bonheur au travail».
Le livre de Thomas Philippon, "Le capitalisme d'héritiers, la crise française du travail", qui vient d’être publié donne cependant une toute autre ampleur à sa réflexion.
Contrairement à beaucoup d’essais qui ne fondent leurs affirmations que sur la conviction de leur auteur, Thomas Philippon applique une méthode statistique, comparative et historique de caractère scientifique à l’analyse de données et d’opinions, fournies par l’OCDE, le Global Competitiveness Report et le World Value Survey et regroupées, selon les cas, en un échantillon de 21 pays développés ou de 80 pays à niveaux de développement plus diversifiés.
Les constats qui en résultent et qu’il nous propose n’en ont que plus de force dans leur simplicité rigoureuse :
- «Les travailleurs français veulent travailler et les entrepreneurs veulent entreprendre».
- Les rigidités institutionnelles «n’expliquent au mieux qu’un huitième des variations du chômage entre les pays, et moins d’un tiers des variations des taux d’emploi».
- La «crise du travail en France» est «une crise non pas du désir individuel de travailler, mais de la capacité à travailler ensemble. En effet, la France est le pays développé où les relations de travail sont les plus mauvaises à la fois du point de vue des dirigeants d’entreprises et du point de vue des employés», la véritable «exception française» selon l’auteur.
- Or «statistiquement, la qualité des relations sociales dans l’entreprise explique 70% des variations de taux d’emploi entre les pays (…). C’est deux fois mieux qu’avec les variables institutionnelles classiques (taux de remplacement et durée des allocations chômage, taux d’imposition du travail, coûts de licenciements, etc.)».
Ainsi Thomas Philippon établit dans l’échantillon étudié que la France est le pays où, à la fois, la satisfaction des employés est la plus faible (Grèce exceptée), la coopération entre managers et employés la moins satisfaisante (sans exception) et le taux d’emploi parmi les plus médiocres (Grèce, Espagne et Italie font plus mal).
Cependant constater une corrélation ne suffit pas. Il faut aussi éclaircir le sens de la causalité. Thomas Philippon va le rechercher dans l’analyse historique. Et de fait, les éléments qu’il rassemble sur «la genèse des attitudes syndicales», sur le rôle du «paternalisme», sur «les limites du management familial», sur l’importance du «bureaucratisme» qui culmine avec la pratique des «parachutages» étatiques, confirment l’existence dans notre pays d’un «cercle vicieux» qui explique «la mauvaise qualité du dialogue social» et ses conséquences sur l’emploi.
Aujourd’hui, toutefois, constate Thomas Philippon, «le modèle bureaucratique est tombé en désuétude, au moins dans le secteur privé» et «le capitalisme familial, au contraire se porte bien». Si notre pays est à la fois celui où le capitalisme familial est encore le plus présent* et aussi celui où la coopération managers-employés est la moins satisfaisante, l’auteur n’en déduit pas pour autant un lien causal, ne serait-ce que parce que souvent, ce type d’actionnariat est davantage un facteur d’atténuation de l’hostilité des relations sociales que l’inverse. En revanche le capitalisme familial, s’il conduit au management héréditaire, ce qui n’est pas toujours le cas, peut contribuer, aux côtés du système de reproduction bureaucratique et étatique du management, à un rythme insuffisant de renouvellement des élites.
L’auteur met ensuite «en évidence les effets néfastes (de nos difficultés collectives à créer des conditions de travail constructives) au niveau des entreprises, puis sur le chômage et l’emploi et finalement sur le bien-être des individus et la richesse nationale», effets, selon lui, «de l’ordre de plusieurs points de PIB».
«Que faire ?» dès lors est la question essentielle. Mais Thomas Philippon m’en voudra-t-il de dire que la réponse qu’il lui donne dans son dernier chapitre nous laisse quelque peu sur notre faim, même si les pistes qu’il évoque sont raisonnables. Je préfère m’en tenir à ce propos qui figure dans sa conclusion : «La solution de nos problèmes n’est ni politique ni législative. Il ne faut certes pas négliger les réformes des institutions du marché du travail. Mais réformer sans s’attaquer aux raisons profondes du blocage est une démarche hasardeuse, car les sociétés humaines ont cette étrange qualité plastique qui les rend tout à la fois malléables et rigides, de sorte qu’on ne saurait longtemps empêcher les gens de faire ce qu’ils veulent, et qu’il est difficile de les amener à faire ce qu’ils ne veulent pas. On ne remettra pas durablement les Français au travail sans rendre le travail plus attractif et plus satisfaisant pour tous.»
Avec ou sans campagne électorale, les 110 pages du livre de Thomas Philippon apportent une contribution importante, sinon décisive, au diagnostic de l’état de notre société et de notre économie et des pathologies qui les empêchent de progresser comme elles le devraient. Ce diagnostic des causes premières de notre défaut de performance est capital si l’on veut éviter de se tromper sur les politiques à mettre en œuvre.
Ce que nous démontre l’analyse de Thomas Philippon, c’est que la plupart des mesures juridiques ou financières, proposées, par les uns et par les autres, ne traitent pas l’essentiel : mettre fin, selon sa terminologie, à «l’exception française» que constitue notre incapacité à «travailler ensemble».
*Situation spécifique qui avait déjà été mise en évidence par Mairi Maclean, Charles Harvey and Jon Press dans un livre "Business Elites and Corporate Governance in France and the UK" que j’avais commenté sur ce blog en février 2006.

quel est le probleme en France ? Si on en croit Philippon, c'est travailler ensemble. C'est aussi l'idée d'un autre livre, "les meilleures pratiques des multinationales" de Franck et Ramirez, les auteurs comparant différentes cultures de travail et par là même la faiblesse française.
Effectivement, c'est une idée si simple : le français ne joue pas collectif. Pour améliorer cela, Franck et Ramirez nous suggèrent d'aller travailler un temps à l'étranger, car partout ailleurs on est plus collectif qu'ici.(et même aux USA contrairement à l'idée française des mauvais américains individualistes).
Bref, si on est "la Belle au bois dormant" et qu'on reste au lit, on risque d'y rester bien longtemps.
Rédigé par: tanguy40 | 20 mars 2007 à 08:57
Ce que souligne ce post rencontre ce que je vis dans mon parcours professionnel. Maintenant que le constat est posé : "Le Français joue personnel", comment amener à jouer collectif ?
Il y a dans notre histoire industrielle un certain nombre de réussites collectives. Comment cette motivation s'est elle perdue ? D'où vient cette difficulté de coopérer ? Je pense que chacun peut commencer à chercher chez lui ce qui le pousse a ne pas coopérer avec les autres et peut être allons nous trouver un chemin vers le reveil.
N'y a t il pas, parmis les propositions qui nous sont faites pour le mois prochain, des propositions mettant la recherche de coopération en première ligne ? Ou le monde actuel ne permet pas les coopérations ?
Car la facilité est de trouver chez l'autre ce qui fait que la coopération est impossible. Mais pour coopérer il faut être deux et c'est toujours au plus "puissant" d'avancer, de faire des concessions, vers le plus "faible", enfin c'est comme cela que je consois la coopération, car rares sont les cas de parfaite égalité.
Rédigé par: egdltp | 20 mars 2007 à 09:26
Personnellement je n'adhere pas du tout a la vision de M. Philippon.
On ne peut pas mesurer la "cooperation" par des etudes statistiques, donc nul ne peut prouver qu'en France il y en aie moins qu'ailleurs. Bien au contraire les aggregations de mastodontes (Axa, BNP, Agricole, Sanofi, Michelin, Carrefour, L'Oreal, LVMH, EDF et j'en passe) prouvent que les francais ont davantage tendance a travailler sous une organisation centralisee plutot qu'en competition individualiste.
Bien d'autres sont les problemes du travail en France, on les connait mais on ne veut pas les admettre, on prefere se cacher derriere la globalisation, l'individualisme, bientot on nous sortira le rechauffement climatique qui empeche l'effor..
Mais personne ne s'est apercu qu'on a en France en meme temps le plus haut nombre de jours feries, le plus haut nombre de chomeurs, et la plus courte semaine de travail des pays developpes?
Et ce n'est pas tout. La ou les chomeurs etrangers acceptent n'importe quel travail, en France 58% des chomeurs avoue ne pas chercher de travail. Chomeurs ou rentiers?
La ou les cadres etrangers considerent une honte et un grave danger le licenciement, en France tous en revent pour faire quelques annees payes sans bosser. Combien de cas j'ai vu (dans mon experience de plans sociaux) de cadres avec 3 enfants (et donc dernier a etre licencies), qui derangeaient expres leurs chefs pour gagner leur droit au licenciement!
La ou les dirigeants etrangers sautent a la premiere decomfiture du cours de l'action, en France les appuis politiques indispensables pour occuper certains postes de dirigeant sont la meilleure garantie de bien vieillir accroche a son fauteuil sans rien faire d'autre que de visites periodiques a son propre "parrain".
Rédigé par: hayekfan | 20 mars 2007 à 10:32
Excellent article, bravo et merci. J'en profite pour signaler que Thomas Philippon a donné une interview très claire dans 20 minutes du lundi 19 mars.
Rédigé par: FrédéricLN | 20 mars 2007 à 22:17
A Hayekfan,
« La ou les cadres etrangers considerent une honte et un grave danger le licenciement, en France tous en revent pour faire quelques annees payes sans bosser. Combien de cas j'ai vu (dans mon experience de plans sociaux) de cadres avec 3 enfants (et donc dernier a etre licencies), qui derangeaient expres leurs chefs pour gagner leur droit au licenciement! »
Votre intervention me rassure.
Je croyais mal interpréter certains comportements.
J’avais,à posteriori, cru exagérer « un tout petit peu » en écrivant ,le 3 mars 2007 à 12:12, sous la note du 28 février 2007 « Des paroles utiles » , le passage suivant:
« Cependant j’ajouterai qu’il n’y aurait pas seulement « une forte incitation à la non-reprise du travail »,mais aussi le développement d’envies pour les salariés de voir leur entreprise se casser la figure,pour profiter au plus vite de ces avantages,et pour cela,c’est-à-dire pour couler une entreprise ,les moyens ne manquent pas : poursuites judiciaires contre les patrons pour délit d’entrave (pratiquement toujours condamnés par les tribunaux correctionnels),grèves à répétition ,occupations d’entreprises,sabotages,détériorations de stocks de produits finis, etc…
On ne peut pas refaire les Français en l’espace d’une campagne électorale. »
Je disais donc à peu près la même chose que vous et moi aussi je déplore cet état de chose.
Rédigé par: dab | 21 mars 2007 à 06:51
A hayekfan
le manque de motivation qui est souligné est réel et incontestable, mais pas forécement généralisé. Cependant, il s'agit pour moi d'une conséquence (ou d'un symptome) et non pas de la cause du problème français. Résoudre uniquement le manque de motivation reviendrait à donner un anti-inflamatoire sur une jambe cassée. remarque, c'est toujours mieux que rien...
J'ai fait un petit sondage autour de moi pour savoir, dans les études, à quel age se réalisent les premiers travaux en groupe (à partir de 2). l'immense majorité m'a répondu après le bac !!! Il me semble que d'introduire la notion de travail d'équipe à 17 ans, c'est un peu tard (en fait c'est même completement foutu). De fait l'éducation (française) est considérée comme un parcours strictement individuel. J'ai posé la même question à des amis français mais vivants à l'étranger. Pour les enfants, les travaux collectifs commencent dès 5-6 ans. Evidemment, il n'est plus possible sur ce type de travaux de rendre une note individuelle, tout au plus une note de comportement. Comme le système français a besoin de note individuelle à la deuxième décimale, eivdemment, on ne voit pas bien ce genre d'initiative se développer ici.
Pour finir, justement sur les entreprises citées comme travaillant collectifs, ce sont celles qui marchent !!!(et où les gens sont motivés et contents). Comme quoi il n'y a pas de fatalité française, juste un énorme handicape de départ.
Rédigé par: tanguy40 | 21 mars 2007 à 08:03
Merci à tanguy40 de rappeller qu'il ne faut pas confondre symptome et cause.
Généralement les gens sont motivés pour être acteurs de leur vie. Mais quand on voit comment la société en général les aide, on comprend que beaucoup préfèrent se recentrer sur leur personne et laisser tomber le groupe.
Combien de petit entrepreneur a eu les reins cassé par un changement de correspondant banquaire dans son agence de référence ? Combien de jeune stagiaire a t il eu sa motivation stérilisé par un manque d'encadrement ? Combien de jeune embauché ayant un parcours atypique a vu sa participation à l'entreprise non reconnue ?
Mais effectivement il est plus facile à ceux qui cherche à diriger la communauté d'accuser les personnes qui baissent les bras plutôt que leur propre manière de faire. Mais il est vrai qu'il faut aussi toujours se lancer dans l'aventure malgrès ces difficultés. Nous nous en sortirons quand l'arbitre luttera contre les barrières montées par les uns et soutiendra les actes des autres. Il faut redéfinir les conditions de l'entreprenariat et laisser les gros être des "vaches à lait" pour la collectivité.
Mais ce soutien ne peut être que conditionnel et limité dans le temps. Au bout d'un certain temps, ou dès que l'activité a atteint un certain seuil, elle bascule dans la famille des "vaches à lait" et doit donc vivre de ses propres ailes, et dans la mesure du possible "rembourser" le soutien qu'elle a reçue, ou mourir.
HayekFan, je croyais que les incidents de parcours professionnels étaient mieux accepté à l'étranger qu'en France ? Ce que vous annoncez là me semble contraire à d'autres propos que vous teniez précédement à mon souvenir où vous pestiez contre le fait que chez nous les échecs étaient toujours de la faute de celui qui échouait et donc que l'abandon auquel celui-ci était laissé était inacceptable.
Le comportempent que vous dénoncez n'est que la conséquence de ce comportement de la "société" face aux accidents de la vie professionnelle. Puisque, suite à un licenciement ou à une faillite, plus personne ne veut miser sur lui, l'individu décide de profiter du filet de solidarité qu'il a, souvent abondemment, financé lors de sa période active. Juste retour des choses non ?
Rédigé par: egdltp | 21 mars 2007 à 09:46
L'intervention de M. Egdltp est l'example le plus clair de mes propos: dans ce pays un entrepreneur se fait "casser les reins par un changement de correspondant bancaire" (sic!), un salarie par un encadrement qui ne reconnait pas sa grande valeur.
On a developpe dans ce pays une veritable culture et mentalite de l'"entitlement" pour parler comme outre Manche, tout le monde s'attend a etre aide, par les banques, par son chef, par l'Etat. Personne ne sait plus concevoir l'epopee d'hommes comme Carnegie, debarque d'Ecosse sans un sou, a qui le changement de correspondant bancaire ou la reconnaissance de son chef empechaient moins de dormir que l'estomac vide. Il n'y avait que lui meme, pour miser sur lui, et il n'etait pas le seul dans cette situation. Aujourd'hui on refuse l'echec, on refuse la pauvrete, et cette "doltomanie" sociale a produit des generations d'incapables et d'handicappes de la vie.
Rédigé par: hayekfan | 21 mars 2007 à 12:44
Effectivement, a quoi sert une banque si elle refuse les facilités de payement ? A quoi sert la gestion des resources humaines si on ne fait pas progresser ceux qui le peuvent ? Oui laissons ceux qui ont tout continuer à gerer le monde et que chacun se reconcentre sur la satisfaction de ses besoins à n'importe quel prix. Pourquoi vivre ensemble quand on peu vivre seul très bien.
HayekFan, vous choisissez toujours le niveau de lecture qui vous arrange pour appuyer vos propos. Vous trouver normal qu'une entreprise qui a fait face à ses obligations pendant un certain temps et qui a une difficulté passagère doit sans tenir compte de son passé être assassinée ? Alors pour vous Thomson valait bien 1 euro et le tunnel sous la Manche rien du tout !!!
Il n'y a pas que la valorisation financière des organisations dans la vie et heureusement.
Car ne me dites pas que votre banque n'a jamais changé d'attitude vis à vis de vous en fonction du conseiller qui vous gérait ! A moins que vous fassiez partie de la tranche des clients qui sont gérés directement par les responsables de haut niveau vu votre surface financière.
Effectivement, l'économie se porte mieux quand les etablissements en charge de la distribution du crédit au lieu d'aider ceux qui sollicite ce crédit à bien l'utiliser ne s'interesse qu'au encours et au taux de remboursement.
Mais je sens que mes paroles ne sont pas assez structurée et que de toutes façons elles glisseront sur vous comme l'eau sur une plume de canard. Leur maladresse vous permettra encore de trouver des illustrations pour dénigrer notre "vivre ensemble".
J'ai comme l'impression que les Français en ont marre d'être jugé régulièrement selon une grille qui leur est donnée APRES la publication du jugement et qu'ils cherchent de moins en moins a briller suivant ces règles qui leurs sont difficilement accessibles sinon jamais. Alors on les exclus du jeu ou on essaye de stabiliser les règles et de les expliquer ?
La première solution est tellement facile a mettre en oeuvre...
Rédigé par: egdltp | 21 mars 2007 à 13:15
Votre erreur, Egdltp, et celui de votre champ politique, est de penser que les resources sont infinies.
Donc argent prete a tous ceux qui en demandent, diplome, carriere, retraite, RMI etc etc
Cela suffit pas, evidemment d'avoir deja compromis la sante financiere de nos enfants et petits enfants, en les endettant meme avant leur naissance, voila d'autres promesses que personne ne pourra tenir: minimum vieillesse a 95% du SMIC, SMIC a 1500 euro, allocs des le premier enfant, etc etc
Cela a cree des generations incapables d'epargner, de renoncer: impossible de vivre sans telephone portable, impossible d'etre simples locataires, impossible pour le moindre entrepreneur de concevoir comme autrement qu'une pure formalite la requete de financement de son projet farfelu.
Rédigé par: hayekfan | 21 mars 2007 à 20:08
Alors ne vous plaignez pas, si les bonnes actions ne sont pas récompensées, que les gens fassent le minimum. Si le service attendu n'est pas rendu. Je n'ai jamais dit que le prêt devait être automatique, mais que les conditions de celui-ci sont décidées unilatéralement par le plus puissant. Oui l'artisant pourrait changer de banque si cela était facile. Mais est-ce facile de faire jouer la concurrence entre les banques quand on est un petit professionnel.
Non je n'ai jamais demander un avancement automatique, mais j'ai le témoignage d'une personne a qui on dit : "Vous voulez un avancement faites vos preuves un an". Mais au bout d'un an, le responsable ayant changé , on lui demande de refaire ses preuves... J'ai aussi le témoignage d'une personne non augmentée et sans évolution alors que la formalisation de son suivi montre une satisfaction de la part du management. Etonnez vous après que les cadres soient démotivés.
J'ai du mal à comprendre que vous n'arriviez pas à envisager ces expériences. Sont elles exceptionnelles, sont elles habituelles ? Mais pour moi, il ne faut pas chercher plus loin une des causes de la "sinistrose". Ceux qui souhaitent la coopération des autres ne fond rien pour la reconnaitre. Même les gestionnaires d'entreprise trouvent que les collaborateurs coûtent plus qu'ils ne rapportent. Mais alors qu'ils aillent produire ailleurs, mais qu'ils ne se plaignent pas de ne pas avoir de débouché.
J'ai une autre experience de manager qui se débattent dans des difficultés et qui demandent aux opérationnels de faire des efforts pour en sortir alors que la cause de ces difficultés est un pari perdant. Est ce aux opérationnels de réparer les bourdes du management ?
Je ne sais pas dans quel monde professionnel vous évoluez, mais il me semble bien protégé ou alors vous êtes un indépendant recueillant tout le fruit de ses réussites et payant cash ses échecs. Je comprend alors que vous ayez du mal à imaginer comment des coopérations peuvent mal tourner puisque pour vous tout est contractualisé.
Il y a encore beaucoup de jus pour entreprendre des choses en France, mais encore faut il que toutes les parties en acceptent les risques et les conséquences. Hors l'actualité économique recentes montre que ce sont souvent les mêmes qui bénéficient des réussites et les autres qui payent les pots cassés. Voyez l'affaire Airbus. Vous trouvez normal qu'une société qui a son carnet de commande plein et qui a des difficultés techniques a comme plan d'action de se couper d'une partie de sa force de production ?
Non, toujours externaliser les risques de perte et garder les gains...
Rédigé par: egdltp | 21 mars 2007 à 20:49
Pour continuer sur vos remarques. Pour vous il est normal que ce qu'un ouvrier pouvait espérer il y a 30 ans, être propriétaire de son logement dans un rayon acceptable de son lieu de travail devient impossible à un cadre seul... Témoignage proche de moi.
Effectivement cette société marche sans problèmes... Continuons la et même diminuons la solidarité obligatoire pour y substituer une solidarité privée comme au EU. Quels est le % de personnes couvertes par la solidarité là bas ? Quel est le destin des retraités d'Enron ? A oui, ce ne sont que quelques contre-exemples extrèmes non significatifs du système.
Rédigé par: egdltp | 21 mars 2007 à 20:55
Trois erreurs EGDLTP:
1) emprunts et promotions: il faut qu'il y ait un interet d'autre cote aussi, et cela vous l'oubliez trop souvent.
2) les resources ne sont pas infinies
3) les responsabilites de vos "maux" sont plutot du gouvernements
Developpons! Pas assez de concurrence bancaire = entraves a l'entree des banques etrangeres, comme souligne hier par Bruxelles. Crises des entreprises donc de la creation de nouveaux postes d'encadrement = fiscalite sur les entreprises la plus dure du monde. Deboires d'Airbus = entreprise peu competitive soutenue par les aides d'Etat (sous examen a l'OMC) et par les retrocommissions (50 millions verse a Tunis pour le contrat saudien, on en parle ces jours-ci)
Ne vous trompez pas sur les retraites: la krach Enron a fait perdre pas mal d'argent a l'Etat francais et a nos retraites aussi.
Le probleme est: peu importe a qui vous confiez votre argent, a l'Etat ou a Citigroup: apres il faut bien qu'il soit investi, et la il n'y a plus aucune garantie.
Rédigé par: hayekfan | 22 mars 2007 à 10:55
Ok HayekFan, donc les règles du jeu ne sont pas celles annoncées. La promotion est faite à l'arbitraire du selectionneur et le fait de bien faire n'est qu'une condition parmis d'autres pour figurer parmis les prétendants, ni nécessaire, ni suffisante.
Ce que je cherche à dire, fort maladroitement je le reconnais, c'est que dans le jeu de la vie et de la "compétition économique", il n'y a finalement pas de règles pour jouer en équipe. Que chacun se lance en individuel et gagne ou perde.
On voit que l'individu, comme acteur économique, a tout intérêt à ne penser qu'à ses besoins propres et donc la coopération, qui nécessite de laisser un peu de soi de coté afin qu'ensemble nous ayons plus, est difficile. Si vous pronnez cette liberté d'organisation, souffrez alors que des personnes décident, à leur niveau, d'appliquer les mêmes règles du jeu et donc sacrifie le bien commun à leur bien personnel, au risque de mettre en danger leur bien personnel. Je ne vois là rien de choquant de votre point de vue. Et m'étonne donc de votre dénonciation de la situation actuelle.
Je suis totalement d'accord avec la conclusion que vous en tirez et qui est celle que j'annonçais depuis le début de nos conversations : si chacun ne cherche que son bien personnel et immédiat, tous nous irons dans le mur. C'est dommage qu'il faille plusieurs années aux dirigeants pour se rendre compte que si la masse de leurs collaborateurs raisonne comme eux, l'ensemble de l'organisation, qui fait leur puissance, part à vaux-l'eau. Que ceux qui ont montré le chemin, change de route, les autres les suivront peut être assez vite pour éviter la sortie de route générale.
Pour continuer sur mes exemples :
- Si la concurrence à 4 ne marche pas, pourquoi marcherait elle mieux à 10 ou 20 ?
- Etes vous sur que Boeing ne reçoit pas d'aide directe ou indirecte de l'Etat ?
- Même si Enron a fait perdre de l'argent à notre état, notre système de retraite fait que j'ai encore une petite chance d'avoir quelque chose alors que les retraités d'Enron ont vu leur capital pour leur reste de leur vie partir en fumée. C'est le risque de toute retraite basée sur un capital immobilisé. Alors on garde ce système ou on cherche un autre moyen de prendre soin des personnes qui ne peuvent plus être actives ?
Rédigé par: egdltp | 22 mars 2007 à 15:05
J'ai entendu Thomas Philippon l'autre jour sur France Inter il y presentait son livre. Fred Bonneaud ne savait trop comment s'y prendre, figé dans sa grille de lecture maoiste et franchouillarde : "mais on a du mal a savoir s'il s'agit d'un livre de gauche ou de droite". Et apres on s'etonne de la disloquation du PS ...
Ce manichéïsme de la pensée est désespérant et merveilleusement bien partagé dans notre pays. La gauche :"les patrons ont une vision très méfiante des syndicats". La droite : "les syndicats ont cette vision tout aussi méfiante des patrons". C'est le coeur meme du bouquin de philippon. Le travail ensemble se fait contraint, bloc contre bloc, et pas volontairement : d'ou les frictions et les difficultés dans l'entreprise en France.
On a cette culture du conflit en France, a tous les niveaux. Ainsi le coup de gueule est considéré en France comme l'affirmation d'une personnalité forte. Dans la culture anglo-saxonne ce meme acte est considéré comme du gaspillage d'energie et un acte egocentrique et déplacé, contre l'equipe et donc contre l'interet commun. Le francais interprete à son tour cette reticence à gueuler un bon coup comme une capitalution devant le plus grand nombre, alors qu'il s'agit pour les anglo-saxons d'accepter avec humilité l'interet commun.
Il y aussi une dimension passionnelle forte chez nous, on s'immerge completement dans son travail, alors que chez les anglo-saxons il y a cette distance, cette differentiation. Du coup, il est plus facile de juger le travail de quelqu'un : il prendra plus facilement la critique car il garde à l'esprit que l'objectif est de fournir le meilleur produit pas de vendre absolument SA solution ou SON projet dans lesquels il s'est investi corps et âme.
Je travaille depuis 19 ans dont 3 ans au Royaume Uni et 5 ans en Suisse. Les differentes approches du travail sont un sujet fascinant, qui m'interpellent profondément et me questionnent.
Pour conclure : mon ressenti (subjectif donc) sur ces nombreuses années d'experience dans l'industrie : les relations de travail sont moins freinées par les frictions de toutes sortes, bien plus fluides et donc plus simples et plus saines dans le milieu anglo saxons.
Rédigé par: cecil | 25 mai 2007 à 10:20
Cela a le goût de l'info, mais ce n'est pas de l'info, juste de la propagnade...
Ne vous laissez plus intoxiquer !
Les cinq premiers syndicats de journalistes français s'adressent à tous les français pour proposer une loi garantissant l'indépendance des rédactions...
... à l'heure où les dérives déontologiques, et les pressions sur le contenu de l'information se multiplient, remettant en cause le droit de chacun à une information honnête, indépendante et pluraliste, qu'elle soit en texte ou en image.
Cette pétition peut être signée, en ligne, à cette addresse:
www.intersj.info
(le texte de la pétition s'y trouve)
Accepteriez-vous de la faire passer, par mail,
à vos amis, familles et collègues, pour que la pétition continue à circuler?
Ou mettre un lien sur votre blog ?
En vous remerciant sincèrement
Rédigé par: Dino Zoff | 26 octobre 2007 à 22:23
Très bon livre en effet qui a le mérite de mettre en valeur cet aspect du problème global de notre croissance.
Une petite parabole montrera où je veux en venir. Je me souviens avoir vu un excellent documentaire sur un accident d'avion, très didactique très clair, qui se terminait sur un tableau synthétique des multiples causes ayant conduites au crash. Le crash n'était pas la conséquence d'une seule et unique cause mais la convergence de multiples facteurs : météo déplorable, créneau d'envol, état d'esprit et personnalité du pilote, jeunesse du copilote, défaillance des communications et des protocoles, personnel au sol inadapté au volume du trafic, entrée sur la piste par la mauvaise voie, la pire séquence possible des évènements...
De même comme le fait un commentateur ici, la panne française n'est pas uniquement imputable à son système de protection sociale, non plus qu'à la paresse supposée des acteurs. Si seulement la météo avait été mauvaise, il n'y aurait pas eu de crash.
Grâce à Edgar Morin nous ne pouvons pas faire autrement désormais que d'inscrire notre pensée (et donc in fine notre action) dans la complexité.
Peut-être que ce que Philipon montre la n'est qu'une partie du problème, mais c'est justement une partie du problème. Refuser de la prendre en compte c'est se contraindre à ne rien résoudre. Le pilote n'était qu'une partie du problème, mais un autre pilote dans un autre état d'esprit aurait peut-être évité le crash.
Les grèves, le mécontentement, l'esprit ronchon et que sais-je encore ne seraient-ils pas justement le reflet d'une société frustrée et empêchée dans ses aspirations ? Pour rappel toutes les études montrent que les français valorisent fortement le travail et possèdent une excellente productivité. Tous ces signes supra vous devriez plutôt les prendre comme faisant partie des conséquences et non des causes:
Soit A l'évènement : les français paressent, râlent et abusent de leur système de protection sociale;
Soit B l'évènement : l'économie et la croissance sont au plus bas;
Faut-t-il en conclure que A est entièrement la cause de B ? Ou peut-être inversement que B est la cause de A ? Que A et B sont indépendants ? Que A et B sont tous deux la conséquence d'un autre évènement C ? Il me semble que Philipon s'attaque enfin à un C possible.
De même sa conclusion et ses recommandations ne sont pas si mauvaises. On ne peut pas s'attaquer à ce problème de front, il est hors du champ politique. Mais en agissant à la périphérie ont peut atteindre le centre (éducation nationale, liberté de la presse, formation supérieure, échanges internationaux ...), pistes que le gouvernement actuel, malgré sa volonté, semble négliger malheureusement.
Rédigé par: Pouet | 11 décembre 2007 à 00:29
wahou le nombre de,commentaires sur votre billet! :)
Rédigé par: pierre | 02 octobre 2008 à 14:28
Est-ce qu'il serait possible SVP de ne pas chercher à dénaturer les Français pour en faire des anglo-saxons ?
Chaque pays du Monde a une identité culturelle unique qui est lié à sa langue, son histoire, son système éducatif, et ses traditions.
Le Français est critique (râleur) c'est exact. Car critiquer est une valeur traditionnelle depuis Michel de Montaigne !
Car la philosophie est une valeur traditionelle de l'éducation Française (mais pas de tous les autres pays) et le sens critique est une base fondamentale de la philo.
Si vous voulez que les Français arrêtent de critiquer, autant leur demander aussi de n'être plus Français du tout !
Et si vous lisez le tableau page 73 du livre de DT tout en ayant un minimum de connaissance des réalités du terrain, il vous sautera aux yeux que ce classement est totalement débile !
Qui connait un employé de McDo heureux de son emploi ?!
N'avez-vous pas plutôt entendu moulte plaintes (harcelement, conditions de travail, mauvaise ambiance, etc) au sujet de cet employeur !?
Tout ça parce que la satisfaction des employés a été lue selon une grille d'analyse anglo-saxonne et pas une grille française !
Rédigé par: Silwilhith | 23 février 2009 à 03:50