"Le dico de la présidentielle" de Laurent Greilsamer, un petit livre de 135 pages, au format commode, ce qu’il faut pour être glissé dans la poche, publié par Les Quatre Chemins, arrive juste à temps, à un peu moins de soixante jours de l’échéance électorale, pour nous aider à cheminer jusqu’à ce rendez-vous.
On peut aussi bien le lire d’une traite pour se régaler de l’humour, de l’acuité et de la précision des définitions ou bien le consulter pour se renseigner sans délai sur un mot, une idée, un concept qui font partie du débat politique ou se remettre en mémoire le parcours d’un personnage connu ou moins connu qui contribue à son animation.
Trois parties, toutes structurées sur le mode alphabétique, composent ce "dico". La première éclaire aussi bien sur le bouton nucléaire que le chabichou, les Hauts-de Seine que le populisme, Outreau que Melle, l’Isf que le travail etc. La deuxième, particulièrement succulente, imprimée sur du papier rose, est un «Petit bréviaire des idées reçues», à droite, à gauche, chez les Souverainistes, chez les Verts, chez les Fachos, chez les Gauchos et chez les Beaufs. La troisième fournit des biographies succinctes mais suffisantes et agréablement subjectives, des principaux acteurs de cette campagne présidentielle. Enfin deux annexes, «Les chiffres du débat» et «Les fonctions du Président de la République», apportent des renseignements qui pourraient être utilement consultés par les candidats pour leur éviter ces «gaffes» auxquels aucun ou aucune n’échappe et dont les médias font leur miel.
Voici quelques définitions qui illustrent le ton du "dico":
Charisme :
« Le charisme de Ségolène, c’est qu’elle n’en a pas.» François Hollande.
Cohabitation
Un exercice politique et conjugal délicat tenté par Ségolène Royal et François Hollande.
Institutions
Question. Qui a dit : «Une des caractéristiques de l’exception française, c’est que chaque fois qu’il y a quelque chose qui ne va pas, on veut changer les institutions.»
Réponse : Jacques Chirac.
Ce n’est pas une raison pour ne pas méditer la remarque.
Chez les souverainistes :
Bruxelles
(Prononcer le nom de la ville comme si vous crachiez le noyau d’un pruneau)
Et ainsi de suite…
Au total la lecture de ce "dico" qui mêle causticité et tendresse, notamment pour les femmes et les hommes, acteurs de ce jeu qui règle nos vies et qu’à l’évidence l’auteur connaît à fond et apprécie, procure opportunément quelques instants de plaisir et de détente particulièrement bienvenus dans une campagne aux enjeux par ailleurs si sérieux.
Même si la nature particulière de ce "dico" lui confère un caractère éphémère, encore que susceptible de renouvellement dans cinq ans, je ne résiste pas, comme tout lecteur de dictionnaire ou tout utilisateur de Wikipédia, à l'envie de suggérer quelques améliorations.
Ainsi j’y ai trouvé la définition d’ «éléphant», entre autres "métaphore pour désigner les barons du Parti socialiste". Celle de «mammouth» y figure également par référence à l’expression fameuse de Claude Allègre «dégraisser le mammouth», mais un deuxième sens, il est vrai d’usage récent, est ignoré, celui de «Mammouth, «éléphant» de droite » qui aurait pu être illustré par une citation de François Bayrou et un renvoi aux "éléphants" socialistes.
Par ailleurs on peut regretter (!) que, dans «les chiffres du débat», ne figure pas le nombre de sous-marins nucléaires stratégiques et de sous-marins nucléaires d’attaque, tous éléments inutiles qui doivent figurer dans la parfaite panoplie du candidat à la présidence de la République, se préparant aux Quiz qui constituent désormais l’essentiel de cette campagne électorale. Le prix du ticket de métro, hélas, n’y figure pas non plus. Mais une nouvelle édition permettra certainement d’améliorer encore ce "dico" qui, tel quel, est déjà indispensable et incontournable!
PS: Je rappelle que Les Quatre Chemins sont l'éditeur de «Quand vous serez en France – Instructions aux soldats britanniques» que j'avais déjà signalé à votre attention et qui a connu, à juste titre, un succès remarquable.
