Le «Petit précis d’économie appliquée à l’usage du citoyen pragmatique » que nous propose ces jours-ci Nicolas Bouzou est effectivement «petit» par le format et par le nombre de pages, 134! Mais ce n’est pas sans doute l’un des moindres mérites de ce livre que d’avoir su synthétiser en un langage clair, concis et accessible à tous des sujets complexes sans pour autant en occulter les difficultés.
Le fait que Nicolas Bouzou soit économiste, dirige la société d’études économiques Asterès, qu’il a créée, et surtout enseigne l’économie à Sciences Po et à l’Université Paris VII n’est certainement pas étranger à cette performance pédagogique.
La première et la dernière phrase de l’introduction définissent l’objectif que s’assigne l’auteur : «Il est temps de dire la vérité sur l’économie française» et «Mon but est de vous fournir les éléments qui vous permettront de vous forger votre propre opinion sur l’économie française.»
Pour ce faire, sont d’abord identifiés les «non-coupables», c’est-à-dire les éléments qui ne peuvent être tenus pour responsables des difficultés économiques que rencontre notre pays. Ainsi, nous démontre-t-il, ce n’est pas «la faute de la mondialisation», ce n’est pas «la faute de la finance, qui a pris le pouvoir», ce n’est pas non plus «la faute de l’Europe, qui est antisociale».
Vient ensuite l’analyse des «vrais problèmes». Les entreprises et les ménages sont «pauvres», «les Français travaillent vite, bien, mais pas assez» et les finances publiques sont en «grand désordre».
Enfin sont articulées les préconisations : «laisser les entreprises faire leur métier d’entreprise», «adapter le système fiscal à la compétition internationale», «revenir au plein emploi: facile !», «finances publiques : à quand le grand ménage ?».
Derrière ces formules, parfois volontairement provocatrices, les explications sont claires et professionnelles et incorporent toutes les nuances requises. Parmi beaucoup de développements éclairants, on pourra apprécier notamment le plaidoyer en faveur d’une utilisation active de la TVA pour accélérer la diminution de l’impôt sur les sociétés et l’allègement des charges sociales qui pèsent sur les entreprises. De même retient l’attention le résumé limpide des mesures nécessaires pour revenir sinon au plein emploi, du moins à un niveau de chômage équivalent à celui des pays européens qui ont su maîtriser ce fléau.
Tel quel, ce «petit précis» offre au citoyen qui n’est pas économiste de profession un moyen compréhensible et simple pour s’y retrouver dans le dédale des enjeux du moment et des mesures proposées par les uns et par les autres pour y faire face.
