Relire à tête reposée les transcriptions des interventions télévisées ou radiophoniques des candidates ou des candidats met parfois en évidence des propos intéressants qui, dans le feu ou dans l’enlisement des questions-réponses, peuvent échapper à l’attention.
Ainsi, Ségolène Royal, invitée de "J'ai une question à vous poser" sur TF1 le 19 février 2007, a évoqué deux points qui, s’ils pouvaient être reconnus et traités de manière consensuelle, seraient de nature à contribuer significativement au progrès économique et social du pays :
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Jeudi soir, dans l’émission A vous de juger de France 2, François Bayrou est apparu sympathique, compétent et convaincant.
Beaucoup se sont sans doute réjouis d’entendre un candidat à la présidence de la République refuser le jeu des promesses, même s’il s’autorisait ici ou là quelques entorses à cette règle de conduite. Beaucoup aussi ont certainement apprécié son appel à un rassemblement des Français pour traiter de manière transpartisane et non idéologique les questions essentielles pour l’avenir du pays. Beaucoup enfin ont certainement été heureux de l’entendre parler de l’Europe comme on aurait aimé que davantage le fassent au printemps de 2005.
La plupart ont également compris qu’il se refuse à dévoiler la recommandation de report qu’il ferait si d’aventure les électeurs l’écartaient du deuxième tour ou qu’il répugne à désigner le Premier ministre qu’il nommerait s’il était élu Président de la République, autrement que sous forme d’un portrait-robot illustré par la référence emblématique à un Jacques Delors rajeuni.
En revanche la réponse donnée à la question de savoir, s’il était élu, comment se constituerait la majorité parlementaire sur laquelle il s’appuierait pour gouverner, nous a laissé sur notre faim. Il s’agit pourtant d’une question essentielle qui, si elle n'obtenait pas une réponse convaincante, empêcherait sans doute de transformer le succès actuel d’estime dans les sondages en une possibilité réelle de victoire.
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Politologue, directrice de recherche au CNRS et chargée de cours à Sciences Po, Janine Mossuz-Lavau vient de publier, L'argent et nous, un ouvrage qui rend compte d’une enquête qualitative, menée en deux ans de janvier 2004 à décembre 2005, «auprès de cent cinq hommes et femmes, de tous milieux, tous âges, toutes régions et toutes orientations politiques : du RMIste au richissime négociant en pierres précieuses, tous – ou à peu près, nobody’s perfect ! – sont représentés».
Je ne résumerai pas ce livre qui mérite le détour et qui nous révèle beaucoup sur nous-mêmes, que nous soyons pauvres ou riches, d’autant que l’auteure le fait elle-même avec brio dans une excellente conclusion.
Parmi beaucoup d’autres développements qui remettent en cause beaucoup d’idées reçues, ceux du chapitre 14, relatif à «l’image de la corruption», retiennent cependant particulièrement l’attention. On y découvre une lucidité et une indulgence de nos contemporains qui tranchent avec l’intégrisme des médias et de l’institution judiciaire.
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La bataille du financement est désormais une figure obligée des campagnes présidentielles. Elle est en quelque sorte indissociable de la culture des promesses que ma génération a installée en politique et à laquelle l’actuel Président de la République a remarquablement contribué. Un candidat qui veut avoir une chance d’être élu ne peut s’en abstraire et celui qui se limiterait au langage de la prudence et de la vérité ne pourrait avoir pour ambition que de témoigner. Pour changer cet état de fait, il faudrait un effort de pédagogie et d’explication que, seul, un exécutif patient et déterminé pourrait mener à bien et il lui faudrait sans doute plus d’un mandat pour obtenir que nos concitoyens modifient leurs attentes à l’égard des hommes politiques.
Les deux candidats principaux ne sont donc pas avares de promesses, «engagements» ou «propositions». Le fait nouveau par rapport aux campagnes présidentielles précédentes est que, grâce à l’initiative de l’Institut de l’Entreprise, nous avons désormais accès aux évaluations d’une «cellule de chiffrage» indépendante sur le site de Débat 2007. Celle-ci nous permet de constater que, l’un dans l’autre, les coûts respectifs des promesses de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal sont approximativement équivalents et s’élèvent à une cinquantaine de milliards d’euros, soit dix milliards d’euros en moyenne pour chacune des années du prochain quinquennat.
Ces données sont complétées, dans le cas de Nicolas Sarkozy, par l’intention de réduire de quatre points le pourcentage des prélèvements obligatoires pour le ramener au niveau de la moyenne européenne. Ségolène Royal ne s’est pas encore exprimée de manière aussi explicite sur ce dernier point tout en affirmant que «la dette publique est devenue insoutenable», mais le rapport que lui ont remis François Marc, Didier Migaud et Dominique Strauss-Kahn et qu’elle a publiée lui propose, comme un objectif du prochain quinquennat, de «stabiliser les prélèvements obligatoires pour réduire la dette publique», notamment en faisant «le choix de la responsabilité budgétaire et de la solidarité entre les générations».
Qu’il s’agisse de financer des dépenses supplémentaires, de compenser des allègements de charges fiscales ou de réduire la dette publique, la question du financement devient donc effectivement cruciale. Peut-on pour autant espérer obtenir une réponse sérieuse à cette question pendant la campagne électorale ?
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Regardant hier soir Nicolas Sarkozy, répondre aux cent Français réunis par TF1 pour l’émission «J’ai une question à poser», j’admirais l’artiste. Compassion, chaleur humaine, connaissance et compréhension de toutes les situations de la vie, «engagements» adaptés à tous les problèmes rencontrés, proximité, tout y était.
Mais en même temps, je me disais: mais qui donc allons-nous élire en avril et mai prochains ? Un maire, un président de conseil général, un président de conseil régional, un ministre des affaires sociales, un ministre du logement, un magistrat, une assistante sociale, un législateur?
Toutes fonctions éminentes, respectables, nécessaires, mais attendons-nous vraiment qu’un président de la République soit tout cela à la fois et qu’il ne soit pas autre chose ?
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