En 1970, j’ai été le co-auteur avec Jacques Delmas d’un rapport demandé par le Ministre de l’Economie et des Finances, à l’époque Valéry Giscard d’Estaing, à l’Inspection Générale des Finances sur le recouvrement de l’impôt sur le revenu (critique du système et propositions de réforme).
Encore aujourd’hui, j’en conserve une certaine fierté, d’abord parce qu’il fût sans doute le premier rapport de l’Inspection Générale des Finances à être rendu public, publié et diffusé à vingt cinq mille exemplaires, mais aussi parce qu’il devait connaître une suite concrète inhabituellement rapide. En effet dès l’année suivante, en 1971, une loi instituait le système de mensualisation de l’impôt sur le revenu, de caractère optionnel et fondé sur le prélèvement automatique sur le compte bancaire, qui constituait l’essentiel de nos propositions et qui est aujourd’hui encore en vigueur.
C’est dire que je porte un intérêt particulier au débat qui s’engage à nouveau sur la mise en œuvre éventuelle de la "retenue à la source" de l’impôt sur le revenu sur les salaires et les retraites.
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Alors qu’il est très difficile de mettre d’accord nos femmes et hommes politiques sur les questions essentielles qui engagent l’avenir du pays, dette publique, fonctionnement du marché du travail, éducation ou recherche, il est un sujet sur lequel le consensus est sans défaut, c’est celui de la condamnation des indemnités de départ ou des options de souscription d’action.
Qu’on soit de droite ou de gauche, on ne trouve pas de mots assez durs et on ne ménage pas l’expression émue des bons sentiments pour stigmatiser ce patron stupide, malhonnête ou inefficace qui a conduit son entreprise à la ruine et qui néanmoins bénéficierait d’avantages exorbitants. En revanche, on considère normal que celui supposé prendre des risques importants bénéficie en retour de rémunérations tout aussi importantes. Sans oublier de mettre à part l’entrepreneur fondateur qui a réussi dont la fortune ainsi acquise est retenue comme légitime.
On comprend bien que ces propos répétés qui peuvent réjouir quelques gogos sont d’autant plus rentables politiquement que la poignée de personnes qui pourraient se sentir directement concernées ne constituent aucun enjeu électoral et qu’ils sont structurés de manière à éviter de poser la vraie question, celle de l’excès global des hautes rémunérations, qui, elles, concernent beaucoup plus de personnes dont l’influence et les capacités de rétorsion peuvent être plus significatives.
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