Voilà le message que j'ai reçu ce matin de l'un des entrepreneurs que je soutiens:
"Je suis confronté à un nouveau problème : le recrutement de personnes motivées, travailleuses, dynamiques, souhaitant rejoindre une PME de petite taille. En tant que micro-PME (même innovante), il y a une pénurie de profils à la recherche de postes de ce type.
Je suis allé à un salon d’étudiants ingénieurs pour recruter des contrats en dernière année d’école (avec promesse d’embauche et salaire aux prix du marché). Sur 25 cartes de visite déposées, 8 entretiens réalisés, aucun retour en 3 semaines.
C’est déconcertant. Les nouvelles générations cherchent des postes dans de grandes sociétés, pour une protection sociale maximale (RTT, …).
J’ai le même problème sur le recrutement de profils commerciaux (y compris en contrat en alternance).
J’étudie actuellement la piste d’une petite équipe de développement au Maroc (incluant notre hotline), afin de répondre à ce manque."
S'agit-il d'un cas isolé? Je ne le crois pas, car au moins une autre nouvelle entreprise à laquelle je m'intéresse est confrontée au même problème. En forte croissance et tout en offrant les rémunérations que le marché semble demander, elle ne trouve pas les salariés qui lui sont nécessaires.
Y a-t-il des méthodes de recrutement miracles qui nous auraient échappé? Peut-être, mais dans ce cas il serait utile de les faire connaître.
A un moment où les statistiques nous disent que plus de 8% de la population active est encore à la recherche d'un emploi et où le chômage des jeunes est considéré, à juste titre, comme une des plaies de notre société, il serait sans doute sage d'analyser avec soin le paradoxe que constituent de telles situations.
Qu'est-ce qui ne va pas dans nos méthodes de gestion du chômage, dans notre système éducatif et dans notre culture pour que des emplois techniques et commerciaux, correctement rémunérés, dans des secteurs en forte croissance ne trouvent pas preneurs?
L'esprit d'entreprise serait-il à ce point étouffé dans ce pays que les personnes à la recherche d'emploi ne voient d'alternative à l'inactivité que dans une position de fonctionnaire ou de salarié des grande entreprise?
L'inactivité serait-elle si attractive qu'elle apparaitrait préférable à un emploi dans une nouvelle entreprise?
Aurions-nous si mal organisé les formations que nous ayons négligé de préparer des jeunes en nombre suffisant aux activités liées aux nouvelles technologies qui figurent au nombre de celles, trop rares, dont on pouvait être certain à coup sûr et à moyen/long terme qu'elles connaîtraient un développement significatif?
Les questions que justifie ce paradoxe sont multiples. Si elles devaient rester sans réponse concrète, ne soyons pas surpris que nos jeunes entrepreneurs ne les cherchent ailleurs et que nous qui resterons dans ce pays n'ayons que nos yeux pour pleurer sur les occasions manquées et sur le drame que continueront à vivre les millions de Français sans emploi parce que nous n'aurons pas su faire en sorte qu'ils tirent parti des opportunités qui existent.
