Philippe Jaffré et Philippe Riès ne font pas dans la dentelle. Le titre du livre qu’ils publient ces jours-ci, "Le jour où la France a fait faillite", le confirme, ainsi d’ailleurs que la page de couverture qui appose sur la Tour Eiffel un panneau «A vendre». Ce récit de finance-fiction, comme on dit science fiction, ou, si l’on préfère, cette fable politico-financière relève de la provocation. Provocation qui se veut salutaire et pédagogique en ce qu’elle invite à prendre conscience de la fragilité financière du pays et à mesurer que le pire n’est jamais exclu pour les nations comme pour les entreprises.
La trame du livre associe deux scénarios, un scénario financier auquel la technicité informée des auteurs confère un air de plausibilité qui donne froid dans le dos et un scénario politique où ils déploient une forme d’imagination piquante, mettant en scène dans des situations moins évidemment crédibles plusieurs des personnages qui animent notre quotidien politique d’aujourd’hui.
L’histoire commence en juillet 2012 par le rejet du paiement par carte de crédit d’un voyageur français dans un hôtel de Pékin qui fait suite quelques jours plus tôt à la dégradation par Standard & Poor’s au rang de junk bonds des obligations assimilées du Trésor (OAT), désormais notées BB+. A partir de cette décision, les conséquences s’enchaînent inexorablement. Le papier public français ne trouvant plus preneur, les adjudications des obligations du Trésor sont suspendues, le refinancement de la dette publique est compromis, la stabilité du système bancaire est menacée avec un risque de crise systémique, le paiement des dépenses publiques doit être arrêté ou réduit, la paye des fonctionnaires n’est plus assurée que pour la moitié de son montant, et ainsi de suite…
Grâce à l’expérience concrète d’au moins un des deux auteurs, Philippe Jaffré, cultivée à la Direction du Trésor et dans les banques et authentifiée par son ouvrage de référence, Monnaie et politique monétaire , les mécanismes de la crise et la manière dont les banques et l’Etat dans ses diverses incarnations fonctionnent pour essayer de la traiter sont décrits avec précision et réalisme. Sont ainsi mis en scène Daniel Bouton, toujours Président non exécutif de la Société Générale ou Michel Pébereau, président honoraire de BNP Paribas, mais aussi Jean-Pierre Jouyet, devenu gouverneur de la Banque de France, ou Borges, un successeur portugais hypothétique de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Juncker "inusable" étant supposé toujours présider l’Eurogroupe.
La France s’installe ainsi dans la position de quémandeur auprès de l’Union Européenne d’abord et du FMI ensuite. Il lui faut trouver 150 milliards d’euros. Ce n’est pas une tâche facile. Si quelques pays ou institutions , comme l’Allemagne, la Banque Centrale Européenne ou la Réserve Fédérale, lui apportent un appui, non sans l’assortir de commentaires sarcastiques, la plupart des pays lui font payer ses comportements d’autrefois et notamment son arrogance. Au terme d’un processus à la fois pénible et humiliant, la France recevra le concours souhaité, mais en contrepartie doit s’engager dans un programme de redressement d’une sévérité inouïe : abolition du statut de la fonction publique, réduction du nombre des fonctionnaires de 5 ,5 millions à 2,2 millions par transfert au secteur privé et par des licenciements au nombre de 500000, gestion du secteur éducatif et hospitalier transférée au secteur privé, réduction du nombre des communes de 31948 à 2500, suppression des départements, réduction du nombre des régions de 22 à 7, saisie de l'Airbus présidentiel sur l'aéroport de New York par un créancier de l'Etat français alors que le Président de la République est à bord, vente de la Joconde aux enchères à un entrepreneur chinois pour financer le Louvre…
Effet ultime de toutes ces mesures d’austérité : en deux ans et demi, la production française aura baissé d’un tiers, le pouvoir d’achat, diminué de 20%, les sans emploi étant désormais 5 millions et, depuis toujours un pays d'immigration, la France sera devenue un pays d'émigration. Effet anecdotique aussi, autre résultat de la crise, la fusion entre Société Générale et BNP Paribas intervient enfin, en conclusion du plus long feuilleton que la place de Paris ait vécu, avec le consentement surprenant, mais longtemps espéré de Marc Viénot...
L’origine que les auteurs attribuent à cet engrenage apocalyptique est la dégradation inexorable de la dette publique entre aujourd’hui et 2012. Ils imaginent ainsi que cette année-là, elle représenterait 90% du produit intérieur brut dans la définition Eurostat, hors charges de retraite, alors que le Traité de Maastricht fixait un plafond de 60% et qu’intégrant les charges de retraite (étape que le rapport Pébereau, fort raisonnablement, n'a pas franchie), Standard & Poor’s prenait en compte un pourcentage de 180%...
Le scénario politique, associé à cette dérive catastrophique, part de l’actualité immédiate.
«En juin 2007, nous expliquent les auteurs, la candidate socialiste Ségolène Royal avait été élue de justesse par 50,1% des voix face au leader de l’UMP, Nicolas Sarkozy. La division de la droite au premier tour, avec les candidatures de Nicolas Sarkozy, de l’UDF François Bayrou, du souverainiste Philippe de Villiers, une extrême droite encore forte, n’avait pas permis un bon rassemblement des voix de droite au second tour. Président sortant, Jacques Chirac avait joué un jeu trouble, comme souvent dans une longue et singulièrement stérile carrière politique. En quarante années de vie politique, Chirac avait, soit fait perdre son camp, soit fait perdre son pays (…) formule assassine, inventée par (…) un journaliste » (…) « qui ferait une parfaite épitaphe».
Ségolène Royal, élue sur la défense du modèle social français et dotée d’une majorité parlementaire «tirant fortement à gauche», a choisi pour Premier ministre, Dominique Strauss-Kahn, et pour ministre des Finances, Jean-Marc Ayrault. C’est sous leur égide que le déficit public passe à 4% en 2008. Un plan d’assainissement, alors imposé par Bruxelles, conduit à un changement de Premier ministre en Juin 2009 avec la nomination, comme ultime recours, de Lionel Jospin, désormais âgé de 72 ans et "sage" de la République, avec Pascal Lamy aux Finances. Mais la dégradation de la situation conduit en 2012 à l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République avec 55% des voix, Laurence Parisot devenant alors Premier ministre et Valérie Pécresse, ministre des Finances !
Ces personnalités, parmi beaucoup d’autres, sont ainsi mises en scène dans le livre, les auteurs leur prêtant des propos et des attitudes, correspondant à l’idée que l’on peut se faire de leur positionnement politique, tel ce pseudo-éditorial succulent de Jean-Marie Colombani. D'autres personnalités moins connues du public apparaîssent sous des pseudonymes transparents, tels ce Jérôme Clavé patron de l'Agence France-Trésor ou un certain Nicolas Thierry, directeur du Trésor. Les auteurs s’autorisent aussi parfois quelques facilités romanesques en changeant par exemple le profil de l’époux de Valérie Pécresse qui, d’ingénieur dans la vie, devient un professeur d’histoire de manière à permettre un dialogue plus significatif entre la réformatrice ministre et un représentant symbolique de l’Education nationale dont le salaire est réduit de moitié et l’activité, privatisée! On le voit, les auteurs ne manquent ni d’imagination politique, ni d’ouverture à la promotion féminine, même si, en ce qui concerne ce dernier point, on peut estimer osé le pari fait sur la capacité de la droite comme de la gauche à renoncer, dans le sillage du patronat, à son machisme traditionnel.
Un tel scénario politique est-il réellement crédible ? Nous serons vite fixés au moins en ce qui concerne les premières étapes. A vrai dire, cette interrogation est de peu d’importance par rapport à la démonstration par l’absurde qui nous est proposée.
Pour l’heure, le destin hésite encore. Comme les auteurs le font dire à Michel Pébereau, «à l’époque (2005), nous ne disions pas que le fardeau de la dette publique était insupportable, mais qu’il pouvait le devenir si nous ne nous donnions pas les moyens de rétablir en cinq ans l’équilibre des finances publiques. Hélas, nous n’avons pas été entendus… Dès lors, tôt ou tard, cette crise devait surgir.» Il est vrai que, pendant la précampagne présidentielle dont nous suivons actuellement les péripéties, l’autisme ou le silence de la plupart des femmes et des hommes politiques et des candidates ou des candidats potentiels à l’égard du problème de l’endettement public,à l'exception notable et courageuse de Thierry Breton , donne crédit à l’hypothèse d’une dégradation insensible et continue jusqu’à un point de non-retour qui rendrait une crise majeure inéluctable.
Sans doute notre classe politique devrait-elle méditer l’autocritique de Ferenc Gyurcsany, le Premier ministre socialiste de Hongrie, dont la démission est réclamée pour avoir menti à son peuple. Le 26 mai dernier, il avait expliqué au groupe parlementaire de son parti : «Nous avons tout fait pour garder secret en fin de campagne électorale ce dont le pays avait vraiment besoin, ce que nous comptions faire après la victoire. Nous le savions tous, après la victoire, il fallait se mettre au travail, car nous n’avons jamais connu de problème de cette envergure (…). Il est évident que nous avons menti tout au long des dix-huit derniers mois. Il est clair que ce que nous disions n’était pas vrai.»
Certes la situation n’est pas tout à fait la même dans notre pays. Le rapport Pébereau est disponible. Chacun peut le consulter, notamment sur Internet. Mais au regard du diagnostic qu’il a posé, comment ne pas relever que l’accumulation des promesses et des «engagements» générateurs de dépenses publiques ou de pertes de recettes fiscales, comme si de rien n’était, apparaît particulièrement dérisoire et que le fait que ce diagnostic ne soit pas au centre du débat politique s’apparente à un mensonge collectif par omission.
Le scénario politique du livre fait porter à Ségolène Royal hypothétiquement élue et, derrière elle, à la gauche, la responsabilité de la dégradation de la situation. Cette convention, retenue pour la commodité du récit, est bien entendu contestable. Comme le soulignent les auteurs, au cours des vingt cinq dernières années, la droite a contribué comme la gauche à l’accroissement de la dette publique. Personne n’est innocent.
De même n’y a-t-il pas de raison fondamentale pour penser que Ségolène Royal serait moins économe des deniers publics que ne le serait son éventuel adversaire Nicolas Sarkozy. En revanche tous deux, comme l’ensemble de la classe politique, éludent le problème ou l’évoquent du bout des lèvres, comme si les Français n’étaient pas assez adultes pour comprendre et accepter un langage de vérité dans ce domaine. Il n’est cependant pas encore trop tard pour rectifier le tir. Après tout, nous ne savons pas encore, contrairement aux auteurs du livre, quels seront en définitive les candidats que les Français auront à évaluer et la vraie campagne présidentielle n’a pas encore commencé.
Au-delà de cette question essentielle, Philippe Jaffré et Philippe Riès nous font pénétrer dans cet univers impitoyable que constitue la finance nationale et internationale. L’analyse des mécanismes et des comportements ne force pas le trait. Il est sans doute vrai que le système financier confère aux agences de notation, sociétés privées, un rôle envahissant que le bon sens devrait récuser, mais que la faiblesse des instances de régulation, publiques, européennes ou internationales, favorise. Il est sans doute vrai que le système bancaire ne voudrait ni ne pourrait se porter au secours de l’Etat français alors que ni la Banque de France désormais, intégrée au dispositif de la Banque Centrale Européenne, ni la Caisse des Dépôts, n’en auraient davantage les moyens. Il est sans doute également vrai que, dans une telle conjoncture, la sortie de l’euro ne constituerait pas une solution viable, comme les auteurs le font dire à Philippe de Villiers, Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy et de Laurence Parisot : «La sortie de l’euro, il aurait fallu la décider il y a des années quand nous avions encore des marges de manœuvre. Aujourd’hui, en effet, elle serait suicidaire», tant il est vrai comme la Première ministre est supposée le dire à un autre moment: "en sortir est très différent de ne pas y entrer". Est également clair et convaincant ce qui est dit du rôle et de la manière d'opérer des hedge funds, instruments de marché qui s'assurent "une rentabilité annuelle de 20%"en rachetant des obligations publiques ou privées décotées qui sont ensuite la plupart du temps remboursées à leur valeur faciale, pari presque toujours gagnant que notamment les banques n'osent ou ne veulent plus faire directement. Quant à la forme d’excitation dramatique et gourmande qui emporte l’univers financier vers l’extrémité de la crise dans une telle occurrence et que les auteurs décrivent, elle reflète une réalité souvent vécue dans des situations moins extrêmes et de nature à aggraver encore les difficultés.
Les auteurs ne s’aventurent pas à nous proposer le dénouement de l’histoire. Tout au plus le livre se termine-t-il par une dépêche de l’AFP qui nous apprend qu’un cortège où ont pris place le Président de la République et le Premier ministre a fait l’objet d’un attentat sur le pont Alexandre-III sans que l’on sache s’il est fatal tout en devinant, à travers un chapitre précédent, que les auteurs en sont probablement une fraction dissidente de la LCR, supposée vouloir exploiter la situation prérévolutionnaire qui s’installe dans le pays. Mais, si les mesures d’assainissement imaginées par les auteurs devaient être mise en œuvre, on peut aussi imaginer qu’au résultat de cette thérapie de choc, le dernier mot ne resterait pas à des anarchistes de gauche, mais plutôt à des émules de ces militaires thaïlandais qui viennent de nous rappeler que ce type de solution n’est pas nécessairement et définitivement écarté des futurs possibles, comme on pourrait parfois le penser naïvement.
Heureusement si le pire n’est pas toujours exclu, il n’est pour autant jamais sûr. Il faut se garder du vertige des mots, comme ceux de «quasi-faillite» que la quatrième de couverture applique, une fois de plus et toujours aussi abusivement, à la crise financière, brillamment et rapidement surmontée par Alstom, ceci pour légitimer la compétence de Philippe Jaffré à parler du "jour où la France a fait faillite".
Ce rapprochement incongru ne doit pas disqualifier la réflexion que justifie ce récit d’une catastrophe qui ne devra jamais avoir lieu, mais qui devrait inciter à la prudence et à la sincérité ceux qui se sentent capables de nous gouverner. Les lecteurs plus ordinaires y trouveront une occasion de se distraire plaisamment et un encouragement à se monter plus exigeants à l’égard de ceux qui sollicitent leurs votes.
PS: Sur le site,www.lejourou.info , vous pourrez découvrir des bonus et dialoguer avec les auteurs du livre sur un forum.

"comme l’ensemble de la classe politique, éludent le problème ou l’évoquent du bout des lèvres, comme si les Français n’étaient pas assez adultes pour comprendre et accepter un langage de vérité dans ce domaine"
Permettez-moi de penser que c'est inexact. Il y a dans la classe politique des personnaltiés qui évoquent l'état des finances du pays de façon claire et sans détour, et comptent sur les Français pour en comprendre les conséquences. Mais vous connaissez ma préférence pour le parti auquel appartiennent ces personnalités.
Rédigé par: FrédéricLN | 09 octobre 2006 à 17:51
A Frédéric LN,
Effectivement, il y a quelques exceptions qui justifient la nuance que vous introduisez par rapport à mon propos.
Rédigé par: PBi | 09 octobre 2006 à 17:57
Je suis stupéfait que l'on puisse même commenter un tel ouvrage. La France est riche, très riche. La masse taxable augmente plus vite que la dette publique. La France est capable de s'autofinancer complétement, ce qui devient de plus en plus rare parmis les grands pays occidenteaux. L'augmentation du poids de la dette est un vrai débat, évoquer une faillite relève en revanche de la mauvaise foi (ignorance ...?) la plus évidente.
Signaler que les Banques Françaises refuseront de financer l'état, cela revient à inverser les rôles, car, qui touche aujourd'hui le plus grand profit de la gestion de la dette obligataires française, sinon les grandes banques et compagnies d'assurances ?
Le plus amusant dans ce que vous dite sur les positions de M Jaffré, c'est qu'il reproduit les positions d'une certaine noblesse de robe d'affaire et de finance qui a poussé la monarchie à l'effondrement en organisant consciencieusement le pillage des finances publiques à son profit en ayant conservé une immunité fiscale quasi complète, celle là même que l'on réclame à mots de moins moins couverts pour nos merveilleuses elites ultra-compétitives.
La révolution aura au moins permis la décollation de nombres de ces tartuffes hypocrites ...
Bien à vous Salluste
PS: en tous cas Jaffré, lui est bien loin de la faillite mais je présume que lors des évènements qu'il décrit il aura pris soin d'émigrer en Suisse, suivant en cela d'illustres exemples (Necker, Hottinguer ...).
Rédigé par: Salluste | 10 octobre 2006 à 10:23
M. Bilger : merci !
Salluste : oui la France tend à s'enrichir, mais l'Etat à s'appauvrir. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles les citoyens en veulent de plus en plus à leur Etat.
Rédigé par: FrédéricLN | 10 octobre 2006 à 10:31
SALLUSTE
"La masse taxable augmente plus vite que la dette publique"
Ceci est inexact, des qu'on comptabilise dans la dette publique les engagements pris par les Gouvernements sur retraite, Secu, chomage etc, en un mot, le Welfare.
Il faut aussi reconnaitre que les recentes fortes augmentations de la masse taxable sont dues en grande partie a une insoutenable bulle immobiliere qui a creuse l'endettement des menages a des niveaux record pour la France.
Avec l'inevitable decrue immobiliere, la masse taxable ne va plus augmenter, a difference de la dette.
Le scenario evoque dans le livre n'est pas peregrin. Dommage que les solutions imaginees (en gros chatiment de la fonction publique) soient tres partiels. Quid d'une taxation plus serieuse du patrimoine immobilier, qui immobilise souvent a des buts uniquement recreatifs des fortes resources economiques? Cette idee ne viendra certainement pas a M. Sarkozy, le meilleur ami de Christian Bouygues, (exactement comme M. Chirac n'a jamais pense a une taxation speciales pour les ventes d'armement), mais peut etre a Mme Royal. Le role de la gauche n'est donc plus celui de faire payer les riches, et qui plus riches que les grands proprietaires immobilier francais, qu'on caline au contraire avec la PAC?
Rédigé par: hayekFan | 10 octobre 2006 à 11:52
Je suis très surpris de savoir que la PAC permet de caliner les grand propriétaires immobilier. Je savais que de grands propriétaires foncier profitaient de ce système de soutien au monde agricole. Mais peut être ne connais-je pas assez les ressemblance entre propriété immobiliaire et propriété foncière. Merci de m'éclairer.
Rédigé par: egdltp | 10 octobre 2006 à 13:08
Le foncier Agricol est l'un des gros postes en valeur du patrimoine immobilier, en aider l'exploitation revient à en augmenter la valeur faciale d'échange. En d'autres termes, une PAC généreuse pour les gros exploitants revient à valoriser leur patrimoine d'autant.
En ce qui concerne le calcul de la valeur immobilière en terme de patrimoine, les données utilisées par l'Insee reposent sur des déclaration en valeur inférieures à la valeur de marché (exagérée bien sur ..).
La correction certaine en ce domaine ne suffira pas à invalider une hausse moyenne plus forte que l'augmentation de la dette.
L'accroissement du patrimoine s'appuie également sur les autres biens (valeurs mobiliaires dont la valeur à elle aussi connu une augmentation considérable).
D'ailleurs si l'on se penche sur ce genre de compte on se rend compte que les français ont un patrimoine qui n'a plus rien à envier aux Anglais et aux Américains alors que le PIB par tête est plus faible, de là à penser que l'économie au noir a fait de très gros progrès ces dernières années, il n'y a qu'un pas que je franchie allègrement ;)
Bien à vous Salluste
Rédigé par: Salluste | 10 octobre 2006 à 15:51
SALLUSTE
vous exagerez peut etre un peu quand vous imaginez une France plus riche en patrimoine que les USA (meme par tete). C'est oublier un peu trop tot l'extension des USA, leurs resources energetiques, et la valeur certes exageree de leur immobilier (difficile de trouver a Paris des studios a $1M comme c'est souvent le cas a Manhattan, d'ailleurs je ne vois pas qui les acheterait, vu les pathetiques salaires franciliens.)
Mais je vous accorde que le risque de faillite est grand pour les USA aussi, vu leur terrible situation financiere.
Rédigé par: hayekFan | 10 octobre 2006 à 20:05
Hayek Fan
L'immobilier Américain présente une différence majeur avec le Français.
L'immobilier qui compte en valeur aux Etats-Unis ce sont les forêts de pavillon merdiques en bois qui s'envolent à la première brise, son coût au mètre hors le foncier est très faible et son amortissement est rapide.
Le marché foncier français repose lui sur un immobilier de centre ville de bien meilleur qualité et beaucoups plus durable, son taux d'amortissement réel est très faible alors que le taux d'amortissement comptable de l'immobilier Américain est lui plus proche de l'amortissement réel.
Autrement dit l'amortissement de l'immobilier dans les comptes qui traduit aux Etats-Unis une perte réelle, il faut réinvestir (rajouter des planches à la cabane en style colonial), alors qu'en France il se solde par un gain plus fort pour le propriétaire puisque l'ammortissement réel est plus faible ...
On compare le PIB et le patrimoine sur la base de comptes dont la traduction factuelle est très différente.
On peut utiliser un mot pour cela : investissement durable !
Comme quoi même les expressions les plus galvaudées ont peut être un sens ;)
Bien à toi Salluste
Rédigé par: Salluste | 11 octobre 2006 à 09:33
SALLUSTE
Je ne veux pas croire que vous osiez comparer le patrimoine de l'Etat US avec celui de l'Etat francais. En foncier, inutile de vous rappeller que les US font 20 fois la France. Inutile de vous rappeller les ressources naturelles en charbon, petrole, mineraux, bois, glaciers des USA. Inutile de vous rappeller que les prix immobiliers des grandes metropoles US, plus eleves que n'importe ou en France, sont justifies par des salaires enormement plus eleves. Inutile de vous rappeller les reserves americaines en or et devise etrangere. Inutile de vous rappeller la premiere infrastructure politique-militaire au monde. Inutile de vous rappeller la reference mondiale du systeme commercial, le dollar, qui continue de s'apprecier par rapport a l'Euro malgre le differentiel de taux courts et longs en faveur de l'Euro.
Rédigé par: hayekFan | 11 octobre 2006 à 10:43
Si l'on regarde l'évolution du dollar sur le long terme il n'a cessé de se dévaluer depuis 1945, et tout semble indiquer qu'il soit sur le point de baisser encore ...
Les ressources et l'espace pour rien c'est un des caractéristiques des USA depuis le premier jour, les écarts de revenu par tête étaient plus important encore au 18 et 19 ème siècle, le saviez vous ?
La chance historique des Etats-Unise a été de recevoir du capital humain et financier d'Europe sans discontinuer depuis presque trois siècles. Et aujourd'hui le capital européen commence à avoir l'opportunité de s'investir ailleur et ce de façon massive, et cela c'est une première depuis la disparition des grands empires coloniaux.
Il faudra donc que les états-unis financent eux même leur croissance et ça va faire très mal parce que dans l'état actuel des choses ils en sont profondément incapable.
Le rétablissement d'un taux d'épargne susceptible de financer leur croissance (qui démographie oblige à vocation à être supérieure ..) va demander de très lourds sacrifices.
Vous évoquez les qualitées intrinsèques des Etats-Unis, imaginons un instant qu'ils aient à faire face à la nécessité d'importer toutes ces richesses naturelles, là il ne s'agirait pas d'un déficit des échanges mais bel et bien d'un gouffre sans fond ....
La nouvelle donne économique mondiale est du pain béni pour l'europe financière et industrielle elle se révellera être un chemin de croix pour l'économie Américaine.
En terme de comptabilité je signalais seulement le GAP statistique qui peut exister entre le compte des revenus et le compte de patrimoine, le taux des amortissements réels joue un rôle déterminant dans l'enrichissement à long terme et peut invalider un écart apparent en terme de revenus. Il y a beaucoups d'entreprises qui présentent d'ailleurs ce genre de disparitées, à quoi bon gagner plus si l'on doit reconstituer son capital plus rapidement (vous pouvez comparer la structures fiancière de ST Micro et d'une compagnie des eaux pour vous faire une idée de ce que je décris à une échelle macro-économique).
Bien à vous Salluste
Rédigé par: Salluste | 12 octobre 2006 à 11:12
SALLUSTE
votre analyse me semble difficile a partager. Le dollar a baisse certes par rapport a l'or, mais moins que les autres devises. Souvenez-vous des taux de changes franc - dollar des annees 60, si vous etiez ne. Depuis des decennies les Cassandres annoncent le depart des capitaux mondiaux, qui laisseraient les US en presque faillite.
C'est oublier un peu trop vite que les US sont encore le seul endroit on l'on puisse investir sans crainte d'un Etat qui crie au patriottisme economique ou qui vous saisisse simplement votre patrimoine comme en Russie. Vous raisonnez comme si les US etaient encore finances par les capitaux europeens comme en 1800. Dommage que l'inverse soit vrai, vu qu'une bonne moitie du CAC40 est dans les mains des fonds anglosaxons.
Certes, les degats du keynesisme on les voit en Europe comme aux US, et la situation americaine est plus grave du fait d'assurer seuls l'ordre mondial et la defense des privileges aussi europeens. Sans quoi le Chinois aurait balaye depuis longtemps les Europeens d'Afrique et Moyen Orient. Mais les resources US sont tellement grandes (premiere l'autonomie energetique dont l'Europe peut seulement rever, a moins de retourner toute entiere sous le talon de Moscou), que la catastrophe semble improbable.
Vous parlez de sacrifices pour les americains. Certainement, c'est la bonne direction pour reetablir une situation saire sur le dollar. Toutefois faire des sacrifices voudra dire ne plus acheter de BMW (60% du chiffre aux USA), luxe francais, et bricoles chinoises. Donc je ne sais point de quel cote de l'Atlantique va se materialiser le chemin de croix que vous predisez.
Rédigé par: hayekFan | 12 octobre 2006 à 17:15
je souhaite avoir des amples informations merci
Rédigé par: ngom nayette | 28 octobre 2006 à 19:05
Au fil des mois, Nicolas Sarkozy, désormais officiellement candidat à l'Elysée, est devenu de moins en moins ministre de l’intérieur, au point de laisser son cabinet gérer seul le tout-venant de la place Beauvau, souligne à juste titre Libération (01.12). «De moins en moins président de l'UMP, une tâche qui ne l'a jamais passionné et qu'il délègue volontiers à ses fidèles. »
Ministre de l’Intérieur, président de l’UMP, candidat à l’élection présidentielle : Nicolas Sarkozy joue sans complexe sur ses multiples casquettes
La place Beauvau est parait-il devenue son quartier général de campagne. Il paraît aussi qu’ordre est désormais donné de ne déranger le candidat que lorsqu'il y a urgence sur le front de l'insécurité. Nicolas Sarkozy se contente de superviser, lors des réunions du lundi matin avec ses plus proches collaborateurs ou lors de petits points informels à quatre ou cinq, pour trancher ou régler un problème spécifique.
Se servir des moyens de l’appareil d’Etat pour assouvir ses ambitions personnelles c’est du détournement de fonds publics et de biens sociaux . Je trouve ça abjecte. Sarkosy dehors !
http://pourlafranceetgroslay.over-blog.com
Rédigé par: alain | 10 décembre 2006 à 07:35
Bonjour, 1ere intervention sur ce site. Je ne suis pas un spécialiste (je n'ait méme pas le Bac) mais je rappelle que la Belgique était dans une dangereuse posture financiére au début des années 90 avec une dette qui frolait les 120 % du PIB.
Certains prévoyaient méme l'éclatement du pays suite à l'éffondrement de l'état (roman "Le siége de Bruxelles", 1997).
Aujourd'hui cela va (un peu) mieux, mais les solutions adopté la bas pour réduire le déficit peuvent ils étre adopté en France ?
En apparté, le budget de la Défense Belge à était sabré et leur armée est devenue symbolique (plus de chars de bataille, vente de la moitié de leur flotte à l'étranger, armée de l'air diminué de 50 %).
Rédigé par: Frédéric | 11 décembre 2006 à 13:14
A Frédéric,
Nous devrions certainement nous inspirer de l'expérience belge, d'autant que celle des pays scandinaves confirme que pour réduire sérieusement la dette, aucun budget ne doit être sanctuarisé même pas celui de la défense.
Rédigé par: Pbi | 11 décembre 2006 à 17:26
Désolé pour le retard à votre commentaire mais je me suis fait cambrioler il y 2 jours (et ma voisine cette nuit), et pourtant j'habite à la campagne.
Pour en revenir au déficit, avec la derniére histoire Belge à la Orson Wells, j'aurait dut prendre comme exemple le Canada dont le buget en excédent peut permettre (selon les autoritées) de réduire la dette à moins de 25% du PIB d'ici 3 ans :
http://www.fin.gc.ca/budtocf/2006/budlistf.htm
''l’excédent budgétaire fédéral devrait se chiffrer à 8 milliards de dollars pour l’exercice 2005-2006'', no comment...
PS : Pour les forces armées belges, si jamais Paris veut se refaire en faisant une razzia sur Bruxelles, celles ci tomberait encore plus vite qu'en 40, heuresement qu'actuellement ce pays est entouré d'amis...
Rédigé par: Frédéric | 16 décembre 2006 à 23:40
Petit lien avec la situation objet du débat :
Les candidats à l'élection présidentielle viennent de faire connaître leur patrimoine. Sauf M. Le Pen, ils déclarent ne pas posséder d'actions. Comment peut-on se proposer de gouverner la France si on n'a pas compris que la possession d'un portefeuille d'actions est indispensable à tout citoyen, et que la richesse nationale est siphonnée vers l'étranger lorsque l'ensemble des citoyens est absente de ce terrain ?
Rédigé par: Monet | 25 janvier 2007 à 12:22
Je vais acheter ce livre alors que je suis dans le livre de Todd : Après la démocratie qui me semble préparer à la lecture de celui-ci.
Rédigé par: fanallais | 01 mars 2009 à 19:28