L'Institut de l'Entreprise et Débat 2007 ont annoncé hier la création d'une cellule de chiffrage des projets des principaux candidats à la Présidence de la République.
L'objectif est triple:
- contribuer au débat public par une information non partisane ;
- inciter les candidats à une certaine cohérence dans leurs propositions ;
- et également les inciter à une certaine précision dans leurs programmes.
D'ores et déjà deux chiffrages sont disponibles:
- celui de quelques unes des propositions du Parti socialiste;
- celui de quelques propositions de Nicolas Sarkozy .
Je ne sais si ces évaluations, présentées pour le moment, mesure par mesure, feront l'objet ultérieurement d'additions et d'une tentative de réconciliation avec un scénario économique. Si tel était le cas, les experts mobilisés seraient amenés à réduire considérablement les fourchettes, souvent importantes, qu'ils affectent à plusieurs des évaluations en raison du flou de la formulation de certaines propositions, ce qui les conduirait à privilégier une interprétation. Les candidats eux-mêmes pourraient d'ailleurs être amenés à préciser leurs propositions, ce qui ne serait pas le moindre effet du débat ainsi lancé pour le plus grand bénéfice des électeurs.
Pour difficile, ingrate et risquée que soit cette démarche, elle est néanmoins utile et nécessaire. Pour avoir moi-même en 1981 procédé, avec quelques collègues, au chiffrage du candidat socialiste, François Mitterrand, je connais les écueils qu'elle devra surmonter.
Débat 2007 bénéficie cependant d'un atout dont nous ne disposions pas. Il s'agit d'une initiative indépendante des partis politiques et, même si elle est inspirée par les entreprises, elle ne sera pas suspectée au même degré que pouvait l'être le chiffrage du programme d'un candidat par l'équipe de son adversaire.
Le débat politique peut ainsi y gagner en clarté et en objectivité et les électeurs disposeront d'un instrument pertinent pour évaluer à leur tour le sérieux des candidats. Peut-être ces derniers, du moins ceux d'entre eux qui ont une chance d'accéder à la magistrature suprême, seront-ils incités à plus de modération dans l'accumulation des engagements qui est supposée être dans ce pays la seule manière de faire de la politique et de convaincre les électeurs, ce qui confirme le mépris dans lequel les tiennent ceux qui sollicitent leurs suffrages.

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