Oui, enfin, et j’apprécie que ce soit un partisan du Oui, un candidat à l’élection présidentielle propose une démarche à la fois concrète et ambitieuse pour sortir l’Union européenne de l’impasse dans laquelle l’a placé le double Non français et néerlandais.
Nicolas Sarkozy avait déjà abordé la question européenne dans son livre Témoignage (pages 67 à 76), mais nous avait laissés un peu sur notre faim, ne dissipant pas ce sentiment diffus qu’elle n’était pas pour lui essentielle.
Le grand discours qu'il a prononcé aujourd'hui, 8 septembre 2006, à Bruxelles devant les Amis de l’Europe et la Fondation Robert Schuman lève toute ambiguïté et donne confiance non seulement dans son intention d’en faire un enjeu de la campagne présidentielle, mais aussi dans sa volonté, s’il est élu, d’engager la construction politique de l’Europe.
Ce texte doit être lu in extenso. Je me garderai d’en faire une paraphrase. Je me limiterai à relever les points qui me paraissent essentiels.
D’abord il propose avec netteté et clarté le contenu d’un «mini-traité», reprenant l’essentiel des dispositions institutionnelles du projet de traité constitutionnel et il prend position sans ambiguïté pour qu’il soit ratifié par la voie parlementaire, de telle sorte qu’il soit applicable dès les élections européennes de 2009.
Ensuite il trace les grandes lignes de ce qui pourrait être une deuxième étape avec une proposition majeure de réforme de la Commission qui , en confiant la désignation de ses membres à son Président, permettrait de redonner à cet exécutif l’importance, la cohésion et le dynamisme que sa structure actuelle ne favorise pas et des idées intéressantes pour faire évoluer la règle de l’unanimité.
Enfin il reformule avec habileté les convictions qu’on lui connaissait déjà sur les frontières de l’Europe et n’élude pas la question du financement des politiques européennes.
Mais ce que j’ai peut-être le plus apprécié, ce sont les propositions de modernisation de la vie politique européenne. Il propose de «permettre que les listes nationales d’une même famille politique européenne puissent s’affilier entre elles» de manière à ce que les élections européennes fassent l’objet de campagnes européennes qui opposent des partis et des programmes cohérents, identifiant le futur président de la Commission dont la désignation est souhaitée.
La conclusion est également limpide :
«2007 sera l'anniversaire du Traité de Rome. Elle sera également l'occasion d'un grand débat démocratique en France. Je n'ai pas l'intention de laisser la question de l'avenir de l'Europe hors de ce débat. Je n'ai pas l'intention de cacher mes convictions européennes. Parce que je crois en l'Europe, j'ai le devoir d'être un européen exigeant. Les responsabilités de la France seront grandes en 2008. La Présidence française devra trouver des accords et des compromis sur bien des projets et des questions. Nous devons nous y préparer dès maintenant.»
Et maintenant que le débat commence!
