Dans un article publié ce matin dans Les Echos , intitulé "Quand l'Europe renoue avec le latin", Karl de Meyer attire notre attention sur l'initiative de la présidence finlandaise de l'Union Européenne qui proposera sur son site à partir de septembre un résumé hebdomadaire de l'actualité européenne en latin. Si l'on s'y reporte dès à présent, cette information y est d'ailleurs donnée dans cette langue. Karl de Meyer rappelle en outre à cette occasion que la radio publique finlandaise émet depuis 1989 un bulletin d'information également en latin.
Alors qu'avec l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union Européenne, le nombre de ses langues officielles va être porté à 23 et au moment où le français, l'allemand, l'italien et l'espagnol luttent désespérément pour ne pas disparaître de son fonctionnement quotidien, ce clin d'oeil n'est pas sans portée. N'en déplaise à ceux qu'indispose le rappel des racines historiques et chrétiennes de l'Europe, c'est grâce au latin que l'Eglise catholique a pu pendant deux mille ans gérer son universalité.
Qui sait, les peuples et les gouvernements européens comprendront peut-être un jour que, seule, une démarche analogue leur permettrait d'éviter la cacophonie et la confusion qu'ils tolèrent désormais de leur Union. En renvoyant dos à dos tous les prétendants actuels au monopole linguistique, ils seraient aussi exonérés d'avoir à exercer un choix, nécessairement arbitraire et inéquitable, en faveur de l'une ou l'autre de leurs langues officielles.
Il est vrai qu'une telle innovation exigerait de la part de nos dirigeants un sérieux recyclage linguistique. Mais en seraient-ils incapable alors que des milliers d'évêques et de religieux catholiques de tous les continents s'en accommodent sans difficultés majeures.
Et que d'économies de temps et d'argent à attendre d'une telle mesure dans le fonctionnement des institutions européennes!
