Le Figaro-Economie des 25-26 mars 2006 a rendu compte d’un sondage GlobalScan réalisé pour le compte de l’Université du Maryland selon lequel, parmi les vingt plus grands pays du monde dans chacun desquels 1000 personnes ont été interrogées, la France est le seul dans lequel une majorité substantielle (50% contre 36%) n’est « pas d’accord » que « le système de la libre entreprise et de l’économie de marché (soit) le meilleur pour l’avenir ».
C'est dire l'état de l'esprit public dans ce pays.
Dans ce contexte, l’initiative de l’Institut de l’Entreprise de créer un espace de débat dans la perspective de l’échéance présidentielle de 2007 est particulièrement opportune. www.debat2007.fr a été mis en ligne vendredi dernier. Le visiteur y trouvera des éléments d’information sur les véritables enjeux de demain, l’expression de la diversité des opinions et la possibilité d’échanger des points de vue, le cas échéant, contradictoires.
On peut voir dans le fait qu’un tel « think tank » effectue pour la première fois cette démarche, un vrai motif d’encouragement et le signe que les chefs d’entreprise commencent à percevoir la nécessité d’ajouter aux échanges institutionnels traditionnels un dialogue ouvert avec la société dans son ensemble. L’engagement dans ce projet de versac qui nous a souvent fait bénéficier de ses commentaires pertinents et qui tient son propre blog est aussi un sujet de satisfaction.
Il est temps en effet que le débat s’engage sur le fond des problèmes que le pays devra traiter dans les années qui viennent, que ceux qui aspirent à prendre la responsabilité du pays présentent leur vision de l’avenir et que chacun s’informe et contribue, s’il l’estime approprié, à la réflexion publique.
On sait que, sur mon blog, j’ai expliqué les raisons pour lesquelles le traité constitutionnel me paraissait une chance unique pour la France et pour l’Europe et je ne n’ai pas caché que le vote négatif des Français m’avait désespéré. Cela ne m’empêche pas de penser que le débat qui a conduit à ce résultat a été exemplaire, notamment à travers l’intensité des échanges qui se sont déployés dans la blogosphère.
Pour sortir de la crise qui mine le pays et occuper utilement le temps qui nous sépare de l’élection présidentielle, alors que le gouvernement est désormais privé jusque là, de toute évidence, de toute capacité d’action véritable sur les paramètres essentiels de l’avenir, le débat doit être ample et profond et aborder les questions fondamentales.
Nous devons tous y contribuer sur www.debat2007.fr et ailleurs et faire en sorte que les Français reprennent l’habitude de parler ensemble autrement qu’à travers le langage de la force et de la violence, de quelque bord qu’il soit, dont on sait qu’il n’a jamais résolu aucun problème ni permis à aucun chômeur de retrouver du travail.
