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29 janvier 2006

La Chine, notre cauchemar ?

Commentant le livre d'Erik Israelewicz, "Quand la Chine change le monde", j’écrivais :
« Si la taille n’est peut-être pas un sujet de préoccupation déterminant, en revanche, la vitesse du développement chinois semble recéler davantage de risques de déséquilibres momentanés et de difficultés d’ajustements pour l’économie mondiale, que ce soit au niveau réel avec notamment le cas des matières premières et en particulier du pétrole ou au niveau financier avec le rôle excessif joué par la Chine dans le financement des Etats-Unis ou avec la faiblesse de son système bancaire. J’ajoute un autre facteur, l’insatisfaction sociale qui naît des restructurations massives que le changement suscite et l’absence de protection qui, avec le temps, peut devenir insupportable pour les centaines de millions de chinois, nouvellement urbanisés, désormais privés de leur système traditionnel de survie dans la Chine rurale d’autrefois
Et je concluais : «Le principal facteur, susceptible de compromettre la poursuite rapide du développement économique chinois ou de faire échapper à tout contrôle ses effets sur le reste du monde me semble être de caractère politique. La question, une question que le livre d’Eric Israelewicz n’avait pas pour objet de traiter, est alors de savoir si, prenant appui sur sa richesse croissante, ce pays saura ouvrir progressivement sa société aux aspirations nouvelles que l’immersion dans l’économie mondiale fera inévitablement et nécessairement surgir sans retomber dans l’instabilité et le désordre d’avant 1949 dont la mémoire reste l’une des explications essentielles de l’acceptation collective du système politique actuel.»
Ces remarques me sont revenues en mémoire en lisant le livre de Philippe Cohen et de Luc Richard, "La Chine sera-t-elle notre cauchemar?". En décrivant le sort misérable des millions de chinois, les « xiagang », c’est-à-dire «les salariés licenciés des usines d’Etat dans les années 1990 » dont «le statut (...) a été fusionné avec celui de chômeur, ce qui signifie qu’il ne «vaut pas davantage» désormais», et les «mingong», c’est-à-dire « les travailleurs migrants, venus des campagnes », les auteurs mettent en lumière à la fois la face cachée et honteuse de la croissance frénétique chinoise, le facteur principal d’instabilité qui la menace et l’épée de Damoclès que la Chine fait peser sur l’économie occidentale.

La situation de «cette Chine qui perd», de «ces esclaves qui font tourner la Chine», est décrite d’une manière d’autant plus crédible qu’elle évite l’emphase et qu’elle apparait à travers plusieurs petits reportages concrets, fondés sur des contacts directs dans des endroits où les occidentaux (sauf parfois ceux qui construisent des centrales électriques!) vont rarement, contacts au demeurant facilités par le fait que l’un des auteurs, Luc Richard, parle le chinois. Parmi d’autres, les pages consacrées aux mineurs de charbon, à l’éducation, à la politique démographique éclairent des réalités auxquelles les occidentaux et les observateurs qui les informent se confrontent rarement
Le livre met aussi en lumière la logique qui emporte le système chinois, celle d’une nation «en guerre totale, mais sans connaître d’affrontement léthal avec aucun autre pays», «une guerre intérieure, livrée avec chacun et contre chacun », dont «l’objet affiché (est) la puissance, en réalité le maintien au pouvoir de l’oligarchie communiste» et qui a «l’économie comme champ de bataille». Ce «libéral communisme en marche» trouve son expression la plus achevée dans son ignorance, volontaire et sans complexe, du droit, droit de la propriété intellectuelle, droit du travail, droit de l’environnement... Pour les auteurs, la Chine ne manque pas de règles, mais elles ne sont tout simplement pas appliquées.
L’affaire du textile est présentée comme l’exemple qui permet de mesurer l’étendue des risques que le modèle chinois fait peser sur l’économie occidentale. Les facteurs spontanés de rééquilibrage qui dans le passé ont permis dans des situations apparemment similaires de les éviter ne joueraient pas ou à une échéance trop éloignée. «Quand le rattrapage économique a permis au salaire japonais d’égaler le salaire européen ou américain en trente ans, celui des travailleurs chinois n’a guère varié depuis 1979, date de l’ouverture économique», car «le régime est bien décidé à tout faire pour maintenir durablement son avantage compétitif, à savoir le bas coût de sa main d’œuvre».
On se trouve ainsi au cœur de la thèse du livre, exprimée encore plus clairement dans un autre passage : «Aucune société n’a réussi à se développer sans qu’une partie de sa population profite en premier de l’accroissement des richesses. De même l’exode rural chinois n’est pas un phénomène inédit, ainsi que l’attirance qu’exercent les villes en plein développement sur les populations rurales. Tous les pays développés ont connu ces phénomènes au XIXème et au XXème siècles. Le problème n’est pas l’existence d’inégalités dans la Chine d’aujourd’hui. (...) Le problème est que la politique du (Parti communiste chinois) structure et renforce durablement ces inégalités dans tous les domaines – depuis les revenus en passant par l’éducation ou la santé – au point d’en faire le cœur de la stratégie de la croissance économique. Ainsi est abandonné tout projet de construction d’une société libre, juste et décente »
Le livre de Philippe Cohen et Luc Richard s’inscrit donc à contre-courant de ce que les auteurs appellent «ce nouveau récit médiatique sur la Chine, témoignant d’une sorte d’ébriété pseudo-libérale tout aussi euphorique que celui sur Internet (et qui) aurait dû éveiller la suspicion de tout esprit bien ordonné», «cette découverte quelque peu naïve de la nouvelle réalité chinoise (qui) fait l’impasse sur tout ce qui se révèle infiniment dissemblable par rapport à la vie sociale des démocraties.»
Le lecteur, confortablement installé dans son fauteuil d’occidental, pourra se dire qu’il n’est pas trop d’un livre de plus pour tenter de percer les secrets de l’immense Chine et que peut-être les auteurs qui croient se contredire sont plus complémentaires qu’il n’y parait ou qu’ils ne le pensent. C’est en tout cas le sentiment que j’ai après avoir lu successivement, «Quand la Chine change le monde» d’Eric Israelewicz et «La Chine sera-t-elle notre cauchemar?» de Philippe Cohen et de Luc Richard.
Reste une question lancinante. Nous savons par l’histoire que le modèle maoïste et sa sinistre «révolution culturelle» ont conduit la Chine au désastre comme avant elle l’époque des «Seigneurs de la Guerre». Mais nous ne saurons probablement jamais si, pour surmonter ces épisodes successifs et engager la Chine  sur la voie du progrès économique, une autre voie était pratiquement possible que celle qu’ont retenue ses dirigeants d’aujourd’hui à la suite de Deng Xiao Ping.

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Voici les sites qui parlent de La Chine, notre cauchemar ? :

» Article de Pierre Bilger de pumaboy
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Mon conseil : achetez du matériel Chinois mais jamais d’investissement !

Extraits de la chronique agora SHANGHAI SURPRISE

http://www.lachroniqueagora.com/site/chronique.php?id_chronique=626&archive=1

La Chine est une énigme. Elle défie les principes économiques en maintenant à la fois une inflation basse, une croissance élevée, une masse monétaire énorme et un gouvernement socialiste... Quelqu'un ment quelque part.

Voilà comment ça se passe : vous obtenez un prêt que vous n'avez pas besoin de rembourser. Vous produisez des biens que vous vendez sous le prix du marché afin de générer du cash-flow. Vous annoncez ensuite une perte sur vos opérations, dans la mesure où vous avez plus dépensé pour fabriquer le produit que la somme pour laquelle vous le vendez. Vous empochez une partie du cash flow, puisque le remboursement de la dette n'existe pas

En Chine, on vend moins cher que le coût de production, et les banques n'exigent pas le remboursement des prêts. Pourquoi ? Parce que ça arrange bien le gouvernement,

http://www.lachroniqueagora.com/site/chronique.php?id_chronique=627&archive=1

La Chine est une énigme. Elle n'a pas de sens. Et les gens l'acceptent comme si c'était normal. C'est un pays qui est entré en collision avec le capitalisme, et qui essaie désormais de le manipuler. C'est un pays dont le gouvernement est habile en tours de passe-passe. Ce qui reste à voir, c'est si la Chine est en train de réussir un miracle économique -- ou simplement de berner le reste du monde

http://www.lachroniqueagora.com/site/chronique.php?id_chronique=626&archive=1

Nous avons examiné quelques entreprises chinoises. La plupart d'entre elles étaient endettées jusqu'au cou, avec plus de dettes que de valeur….
La Chine, en tant que marché émergent, allait probablement subir de vertigineux pics et vallées. Il n'a pas fallu longtemps avant que le marché ne nous en fournisse un nouvel exemple avec les maux de China Aviation Oil (CAO), qui détient le monopole du ravitaillement de la Chine en carburant pour avions.
China Aviation Oil s'est effondrée après avoir publié des pertes de 550 millions de dollars provenant d'opérations de trading en dérivés pétroliers. C'est le plus gros scandale ayant ébranlé la Bourse de Shanghai

Pour moi , on a affaire a une arnaque a la boulle de neige au niveau de la planete ...avec pour seul but d'enrichir en dollars une minorites de generaux apparachics mafieux .
Attention à l'atterissage !
Cordialement

je n'y connais rien à la chine (enfin presque rien, j'ai récemment fait quelques références à la philosophie chinoise chez leblase, mais bon ...)

mais vos éléments leclerc sont tout à fait intéressants. j'avais parcouru il y a peu un article sur une organisation de type féodal du pouvoir et du capital chinois actuel. et sur la main mise et entièrement motivée par l'intérêt personnel de quelques uns.

j'essaierai d'en lire davantage sur le sujet.

mais quelle est la notion d'Etat en Chine ? existe-t-elle de façon comparable qu'en occident ? les fondements du droit sont parait-il extrêmement différents.

quelqu'un se sent capable de donner des éléments ?

LECLERCQ "Elle défie les principes économiques en maintenant à la fois une inflation basse, une croissance élevée, une masse monétaire énorme et un gouvernement socialiste... Quelqu'un ment quelque part

Il existe 2 Chines: villes et campagnes.
En ville prix et salaires grimpent, en campagne on meurt aujourd'hui de faim comme sous Mao. L'exploitation des pauvres par centaines de millions permet de produire a des prix defiant toute concurrence et profiter ainsi de la betise keynesienne d'avoir cree en Occident un demande artificielle, en faisant grimper prix et salaires en meme temps. Si la dictature socialiste arrive a tenir la division en 2 classes du peuple chinois le temps de detruire toute l'industrie mondiale, le pari est gagne.

Chers lecteurs

Miracle du Blog, un chinois parlant Francais m’a répondu sur mon blog et m’explique de facon intéressante l’histoire chinoise recente.

http://politique2005.blogmilitant.com/index.php/2006/01/31/84-europe-vs-usa-china-india#co

Compte tenu de ma connaissance sur le sujet très théorique ( tel Louis XVI qui suivait Mr. de la Pérouse sur les cartes )

Je vais Donc lui signaler la SCBB, et on va enfin avoir un correspondant dans le pays pour nous donner de bonnes informations, et nous préciser cette notion de 2 Chines: villes et campagnes

( Je propose de lui donner le titre honorifique de correspondant de la SCBB en chine. )
à Suivre .

En Chine depuis quelque temps maintenant, je suis enfin content de voir que des personnes développent des points de vue plus "objectifs" de la situation actuelle en Chine. Ca change des fameux "la Chine la grande puissance de demain" ou "la Chine, le miracle économique"... Mais à quel prix... Le livre de Luc Richard et Philippe Cohen nous ouvre les yeux sur les conséquences sociales de cette "croissance". J'espère que ce livre sera lu par le plus grand nombre.

C'est incroyable la façon dont la Chine a créé une sous caste qui se trouve ainsi la base de leur économie (puisque l'innovation y est très faible).
J'avais trouvé des articles parlant des mingong dont :
article expliquant les véritables raisons du miracle chinois
article racontant l'extrème libéralisme et la séparation entre "vrais" citadins et mingong

Ce qui est désastreux c'est que des chefs d'entreprises françaises parlent de la Chine sans vraiment la connaître. Et monsieur Bilger est une bonne illustration de cette élite française, bien franchouillard et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Un conseil : sortez un peu de la France, lisez la presse chinoise, anglaise et américaine.

A Nicolas,
Votre propos gagnerait à être plus explicite.
Je ne sais si je suis représentatif de l'élite que vous qualifiez de "franchouillarde". Je ne prétends pas non plus "connaître" la Chine bien que pendant les douze années où j'ai dirigé une grande entreprise française, je m'y sois rendu deux à trois fois par an en moyenne.
N'ayant pas appris le chinois, effectivement, je ne lis pas la presse chinoise. En revanche je fréquente davantage la presse de langue anglaise.
Mais vous avez certainement plus de compétences que moi en la matière. Aussi tous les lecteurs de ce blog seraient certainement intéressés que vous précisiez votre pensée et que vous nous fassiez partager votre expérience et votre point de vue.

NICOLAS
il me semblerait que chacun aie le droit de parler de ce qu'il souhaite.
Honnetement je ne sais si pour connaitre la Chine il soit conseille de lire une presse comme la chinoise totalement pilotee et previsible, et qui reporte la seule information que le Parti Communiste veut bien vehiculer. Il faudrait plutot y vivre, pour qui a le courage de preferer l'enrichissement excessif a l'art de vivre europeen et a la contribution a son pays.
D'ailleurs vivre en Chine empecherait apres de parler des autres pays du monde, que du coup on ne connaitrait plus (vu aussi les forts filtres a l'information). Alors, preambule de toute conversation est l'humblete socratique d'avouer de ne pas connaitre le sujet dont on parle, et justement on en parle surtout pour ecouter les reactions des autres et apprendre..

Cher monsieur HayekFan,

Vous dites que chacun a le droit de parler de ce qu'il souhaite. Je vous répondrais oui, mais en privé seulement. Lorsqu'on publie sur internet, l'information peut être lue par n'importe qui. Et dans ce cas, on ne peut pas raconter n'importe quoi pour une raison simple : il n'y a pas de droit sans devoir. C'est le même principe que pour la liberté "ma liberté s'arrête là où commence celle d'autrui". Et le devoir lorsqu'on publie une information qui peut être lue par n'importe qui, c'est de vérifier qu'elle traduit bien la réalité chinoise. Si chacun a le droit de parler de ce qu'il souhaite, chacun a aussi le droit d'être bête et de claironner toujours les mêmes inepties. Il me semble que cela s'éloigne de l'idée que je fais de la démocratie.

Par quel miracle écrivez vous : "une presse comme la chinoise totalement pilotee et previsible" ? Si la question politique est très sensible en Chine, je ne suis pas d'accord avec vous pour dire que la presse chinoise est manipulée par le parti communiste. En Chine, vous avez des journalistes sportifs et des spécialistes dans certains des domaines précis comme l'éducation ou la science. Sur ce terrain là, la presse chinoise n'a rien à envier à la presse occidentale en terme de qualité et de productivité. Pour les questions sensibles, les journalistes chinois font de l'autocensure exactement comme en Europe ou aux Etats-Unis. Voici les points de vue donnés pas les journalistes chinois eux-mêmes :

"1) les journalistes chinois travaillent sous de tres nombreuses contraintes, a commencer par l'espace disponible pour publier (il n'y a que 8-12 pages en general)si on compare avec les journaux occidentaux; ansi, le nombre des articles publies n'est peut-etre pas
un indicateur revelateur. De plus, le Quotidien du Peuple n'est pas une bonne reference, plusieurs journaux chinois ont egalement des correspondants a Paris. Si on prend par exemple le Quotidien de l'Economie (Jingji Ribao), meme le nombre d'articles publie n'est pas necessairement moindre.

2) En particulier, ll y a aussi une contrainte editoriale. Par exemple, les journalistes chinois ont trouve les mouvements sociaux comme greve a la SNCF un beau sujet (surtout le fait que les usagers generalement sympathisent avec les grevistes) et en font des analyses de fond. Cependant, l'editeur en chef censure ce genre d'articles non pas pour peur de donner une image negative de la France mais pour eviter de creer des echos indesirables chez les lecteurs chinois.

3) Les journalistes chinois sont bien plus objectives comme le cas de Lili, etudiante chinoise soupconne espionage. En particulier, le Quotidien de la Jeunesse (Zhongguo Qingnian Bao) a fait des investigations et analyses tres poussees (tandis que les confreres francais ont tire la conclusion un peu trop vite...)".

Pour terminer, croyez-vous que Socrate ne savait rien ? Socrate utilise sa célèbre formule sous forme ironique pour se moquer des verbologues... Triste de voir qu'aujourd'hui comment on ignore les enseignements de Socrate... Selon Socrate avant de juger, il faut savoir, l'opinion (la doxa) doit être a priori considérée comme suspecte (car elle n’est faite que de préjugés). Ce que vous demandez est tout le contraire des idées de Socrate. Les psydalogues de l'Education Nationale ont imposé vos idées à l'Education Nationale et admirez la catastrophe sur le système éducatif... Je vous invite à lire ces commentaires :

1°) "Tous les profs de lettres et de philo savent depuis toujours que le “moi j’pense que” brutal, aveugle et souvent à côté du sujet est le premier réflexe des élèves. Seulement, les pédagogies officielles font plus ou moins obstacle à ce règne de l’opinion, elles autorisent plus ou moins la transformation de la classe en café du commerce."

2°) "La maïeutique socratique enregistre cette révolution politique en la subjectivant en la dialectisant du côté de l'individu : penser par soi-même, retrouver par la recherche les raisons du savoir et toujours en vue de donner son assentiment personnel, comme acte final et conclusif: c'est moi qui assume et affirme cela après examen.

On voit que l'antinomie de tout à l'heure se défait un peu, se détend et que la solution est bien dans le comportement socratique, qui place l'autonomie rationnelle, la liberté de penser par soi-même au centre de tout le processus éducatif.


Tout ceci va contre une idée reçue dans les milieux enseignants, éducatifs : le mythe de la spontanéité de l'élève. Ce seraient de petits génies que l'institution auraient écrasés, ou bien des êtres qui s'ils n'étaient pas ligotés par une discipline imbécile trouveraient par eux-mêmes les connaissances formatrice, et n'aurait en somme plus besoin de maître sinon pour leur photocopier les textes qu'ils auraient eux-mêmes choisis, etc…

On ne peut tirer une telle conséquence pratique de la maïeutique de Socrate. Car,

d'une part, la maïeutique est un dispositif artificiel qui ne répond à aucune spontanéité naturelle. La liberté de l'élève est une illusion : c'est Socrate qui organise tout pour faire accoucher du savoir. C'est donc une spontanéité qui vient toujours en réponse à une préparation de questions construites et guidées, extrêmement contraignantes comme le montre n'importe quel Dialogue.

D'autre part, l'éducation, dans toute société, ne peut jamais être entièrement rationnelle, sous la seule autorité de la raison. On ne peut se passer de l'autorité d'un Maître qui assume des choix plus ou moins discutables et arbitraires, mais inévitables, arrange, organise les conditions d'apprentissage, sanctionne, use de la menace de la force, sélectionne, etc. La seule solution est que son action soit supervisée, délimitée, encadrée par la raison et que son objectif principal soit bien l'apprentissage de la liberté de penser.

La spontanéité est donc bien un mythe et l'éveil de l'élève requiert un maître subtil de type socratique."

NICOLAS "On ne peut se passer de l'autorité d'un Maître qui assume des choix plus ou moins discutables et arbitraires, mais inévitables, arrange, organise les conditions d'apprentissage, sanctionne, use de la menace de la force"


Dans cette phrase admirable je trouve synthetisee toute votre admiration pour la dictature chinoise, et je mesure la distance infinie qui vous separe de mes idees forgees sur la tradition liberale disons Peirce-Popper-Hayek du "moi je pense que" et du regne des opinions ou (mieux) des verites. Il n'existe pas de Maitre pour moi, il existe des morceaux de verite, tous legitimes, dont certains fonctionnent et font progresser la science, l'economie, la liberte. Jamais le Maitre (ou Etat) n'est cense utiliser la force, si non pour garantir l'ordre, et doit au contraire garantir le droit de chacun (eleve ou citoyen) a son petit morceau de verite, verite que nul Maitre pourra jamais connaitre dans son infinie complexite.

NICOLAS
Et pour un regard moins agiografique et plus objectif sur la Chine, veuillez bien visiter (s'il vous est permis) www.falunhr.org

Monsieur HayerFan,

Vous avez fait un raccourci énorme de mauvaise foi dans "une presse comme la chinoise totalement pilotee et previsible". Je me suis exprimé pour vous dire que vous parlez des choses que vous ignorez totalement, en ramenant les choses dans leur contexte philosophique. Je trouve étrange que vous ne répondiez pas à ce point précis : soit on se trompe et là on reconnaît ses erreurs, soit on pense que ses propres idées s'approchent le plus de la réalité chinoise et là il faut détailler. Non, vous préférez ne pas répondre car cela vous mettre en mauvaise posture. A la place, vous préférez contre-attaquer par diversion, et vous revenez en pichenette pour m'asséner encore un autre raccourci de mauvais foi en écrivant ceci : "votre admiration pour la dictature chinoise". Et après, vous osez me parler du mot "libéral", mot qui vient de la révolution française : à l'époque les Français moins religion et plus de libertés individuelles ! Franchement, je me demande si vous vous rendez-compte que vous ignorez même les concepts philosophiques élémentaires de "liberté", "droit", "démocratie", etc. Vos idées ne sont pas fondées sur une tradition libérale, mais sur une méconnaissance. Si des gens cultivés dans ce pays manifestent une ignorance aussi crasse que la votre, que penser des débats politiques en France ? D'ailleurs si Le Pen est passé au deuxième tour aux élections présidentielles, ce n'est pas un hasard...

Par ailleurs, vous prenez le mot "maître" dans le sens maître/esclave, alors qu'il fallait comprendre dans le sens "guide". Décidément...

En ce qui concerne la vérité, vous êtes en train de défendre les thèses du nihilisme. Le nihilisme se contente de dire que tous les opinions se valent, alors que moi, je crois qu'il n'existe pas de vérité absolue. Ma conception est relativiste, alors que le votre est nihiliste. Vous voyez la différence ? Dire que "tout est équivalent", ce n'est pas la même chose que "tout est relatif". Révisez un peu au lieu de raconter des bobards !

Pour le falungong, y'a pas mieux dans la provoc... Lisez la Bible de cette secte http://www.falundafa.org/fr/book/fre/doc/ZhuanFalun_Fr.doc pour voir le sérieux de votre réponse... La théorie de FaLunGong est un mélange de Bouddhisme, de Taoisme, de QiGong et des phénomènes d'extraterrestres. Et cette secte proclame avoir plus de 100 millions d'adeptes dans le monde. Elle est financé par la CIA pour déstabiliser la Chine selon une théorie très connue en informatique : "diviser pour mieux régner".

Comme lecture, je vous suggère humblement cet interview d'un dissident chinois Bei Da : http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Portrait-de-l-ecrivain-en-bateau-a.html

Et voici ce qu'il dit :

"C’est un pays très difficile à comprendre pour les Occidentaux. Ils en ont toujours une vision très réductrice. Ils voient une dictature, un pays très pauvre... C’est une partie de la vérité, mais il y a d’autres aspects, la réalité est plus complexe. Parfois, je suis tenté de renoncer à expliquer certaines choses - même quand je parle à des sinologues ! Il faut bien essayer, pourtant... Je crois que c’est essentiellement un problème de médias. Les médias occidentaux n’ont ni la patience, ni la connaissance nécessaires pour aborder la Chine de façon satisfaisante. C’est peut-être un prolongement de la guerre froide, mais ils n’ont aucune envie de savoir ce qui se passe vraiment en Chine. Je constate cela en particulier aux États-Unis, où il n’existe aucun journal indépendant : tous les médias appartiennent à de grandes compagnies, et c’est une situation très dangereuse - en Europe, cette tendance me semble moins marquée. Ces compagnies sont au service d’intérêts économiques et politiques, et il ne peut pas y avoir de place pour les intellectuels dans leurs médias."

puis plus loins :

"Non, pas dans ce sens. C’est de l’autocensure, je crois, mais une autocensure très forte. Les médias veulent prolonger la situation de la guerre froide, sans essayer de comprendre l’autre. Parfois je suis tenté de ne plus donner d’interviews, parce que les journalistes ne retiennent de mes propos que ce qu’ils aiment, et suppriment le reste. Les questions sont tellement orientées qu’il est impossible de faire passer sa propre vision des choses. Pour moi, ces médias pratiquent le lavage de cerveau, comme le communisme autrefois. Aux États-Unis, il n’y a aucun moyen de faire entendre des voix différentes. C’est vraiment comme au temps de la guerre froide : il faut choisir son camp. Moi, mon rôle est de critiquer les deux côtés. C’est un dilemme pour les dissidents et les intellectuels chinois : souvent, ils dépendent des médias occidentaux pour faire entendre leur voix, et ils ne voient que les problèmes qui existent en Chine. C’est difficile d’être indépendant, de n’être utilisé par aucun des deux côtés. Il faut beaucoup lutter pour cela."

http://us.share.geocities.com/tslinparis/THESE-entiere.pdf

difficile de repliquer a une personne totalement obnubilee par la propagande, mais j'essaie tout de meme, en reprenant certaines "perles":
"le mot liberal vient de la Revolution francaise". Ah ah, voila donc qui n'a pas lu un certain Locke, qui a fonde la pensee liberal bien avant qu'eclate la revolte fiscale (causee par l'exces de depenses etatiques, pour changer) qu'on a nomme un peu lourdement "Revolution francaise". Revolte fiscale qui n'a rien eu de liberal, en s'echouant sur la terribile dictature militaire de Bonaparte, le premier "monstre" de l'affreuse "hall of fame" (completee par Hitler et Stalin) a faire plus d'un million de morts.

"vous prenez le mot MAITRE dans le sens maitre-esclave, alors que c'est un guide"
Mais pas du tout, mon cher ami. Je le prends exactement dans le sens que vous voulez. Guide. Et je me demande (chose que vous ne faites point), si mes pensees ont besoin d'un guide, et depuis quand. Mes pensees n'ont besoin que des faits, des experiences, que j'interprete a ma facon, comme vous a la votre. Chacun developpe des hypotheses de travail (vous la Chine communiste est bien, moi la Chine communiste est mal), investit son temps et son argent dans ce qu'il croit, et celui qui aura bien vu sera recompense. Ou est le besoin d'un guide dans ce processus, qui se poursuit depuis le premier homme? Ne comprenez-vous pas qu' on veut vous convaincre du besoin d'un maitre a penser a fin de vous manipuler?
"vous êtes en train de défendre les thèses du nihilisme. Le nihilisme se contente de dire que tous les opinions se valent" Rate encore une fois. Je ne suis pas nihiliste. La preuve je ne pense pas que tous les opinions se valent. Comme deja explique, les opinions sont validees par la reussite ou moins, seul juge possible. Pourquoi ne pas penser que Ptolomee avait raison et que le Soleil tourne autour de la Terre? Seulement parce que de nouvelles experiences ne s'accordent pas avec cette hypothese. L'experience est seule juge des opinions, encore une fois nul besoin de "GUIDE" ou maitre a penser.
"Falun Gong est finance par la CIA pour destabiliser la Chine" Lu sur un pamphlet du Parti Communiste? Ou sont les attentats de ces monstres terroristes qui destabiliseraient la Chine? Vous refusez de reflechir avec votre cerveau, pour faire recours a votre "GUIDE" a penser chinois. Votre raison dort profondement. Et meme si la CIA financait cette religion, serait-ce bien une raison d'en torturer les fideles?
Quel delit ont-ils commis?
"Je constate cela en particulier aux États-Unis, où il n’existe aucun journal indépendant : tous les médias appartiennent à de grandes compagnies" (permettez-moi de critiquer aussi votre reference chinoise). Faudrait-il encore s'accorder sur le sens de INDEPENDANT. Qu'est-ce que independant pour Mr. Bei Da? Si je publie un journal, qui a du succes et devient une grande compagnie (comme New York Times), s'agit-il d'un journal independant ou non? Et les milliers de petits journaux regionaux independants qui existe aux USA (et qui n'epargnent pas de justes critiques a la brutale dictature chinoise) sont-ils independants? Comment prendre au serieux les mots hallucinees de qui dit qu'aux USA il n'existe pas de journaux independants?

En conclusion, ce que je pense de la Chine communiste (il ne s'applique pas a l'Etat de Taiwan, bien entendu), est que ses habitants ont renonce a leur conscience civique, comme les Allemands des annees 30.
Dans quelques decennies on parlera des GULAG chinois et on se demandera comment les gens ont pu accepter cela, comme aujourd'hui on se le demande pour le peuple allemand. La reponse est simple: face a la prosperite et a l'orgueil de la montee en puissance internationale, on oublie les crimes etatiques. Mais Hitler eut besoin d'une guerre pour continuer l'ascension de son pays. Vu que les guerres dans l'ere atomique sont desormais impossibles, La Chine communiste suivra plutot le chemin sovietique. A la premiere recession, le regime risque de s'effondrer, tout reste a voir si un autre miracle mettra au pouvoir une personne paisbile et raisonnable comme Gorbaciov, ou si on assistera a un autre massacre comme l'histoire millenaire de ce peuple laborieux mais fanatique nous a habitue a voir.

De nombreux français habitant en Chine se retrouvent sur le forum du site chine-nouvelle.com, ce serait bien de les consulter non?

Les Français de Chine font le guide. Le livre enfin en vente. Pour répondre à vos questions.
de Laurence Lemaire
Pendant 8 mois, Laurence Lemaire a rencontré plus de 30 Français résidents dans 14 villes chinoises. En Chine ils sont chef d’entreprise, gastronome, avocat, coiffeur de la jet-set, prêtre, propriétaire de bar, styliste, femme d’expat… Chacun d’eux raconte l’histoire de “son” Empire du Milieu. En effet, qui mieux qu’eux peut livrer les secrets du pays au touriste, à l’expatrié mais aussi au curieux qui ne peut voyager ? La Chine suscite la passion, la fascination, l’inquiétude, rarement l’indifférence. Son sens du raffinement, son goût particulier pour les mots, sa vénération pour l’éducation, la peinture, la cuisine… Les Français et les Chinois partagent beaucoup de valeurs malgré certains désaccords. On parle de choc de culture. Il est réel. Tout cela, Laurence Lemaire l’a appris d’une façon passionnante. Un livre inclassable et original…

Ancienne directrice de production à la télévision, Laurence Lemaire voyage depuis une dizaine d’années, essentiellement en Asie. Elle filme et photographie les gens, écrit sur les coutumes et les différences. Son premier ouvrage, Les gens de Marseille font le guide, est paru en 2003 (Images en manoeuvres éditions).

En vente sur le site de l’éditeur : www.publibook.com 01 53 69 65 55
En librairie.
Chez l’auteur Laurence Lemaire : lemairelolo@wanadoo.fr 06 80 16 16 57

L’auteur, qui suis-je ? : www.sireneproduction.com
Le blog du livre et l’avant-propos : http://francaisdechine.blogspot.com/

Dans mon ingenuite, j'avais cru que la publicite etait bannie du blog.

On a toujours peur de ce qu'on ne connait pas ;)

Bonjour à Tous,

Je suis Christophe Pavillon, expatrié français vivant en Chine depuis 5 ans. Je travaille avec ce pays depuis 12 ans, parle le chinois, et mon épouse est chinoise. J'y ai monté ma propre société il y a deux ans, et sans revendiquer un quelconque statut d'expert, je pense, du fait de cette expérience, pouvoir prétendre à une certaine compréhension du pays, de sa culture, et de la logique de ses habitants.

J'ai découvert "La Chine sera-t-elle notre cauchemar" il y a quelques semaines, le livre m'ayant été prêté par un ami expatrié. Les 20 premières pages m'ont estomaqué : les faits généraux sont tout à fait véridiques, et pourtant la conclusion apportée systématiquement est complètement absurde, car malgré l'expérience d'un des auteurs (qui se gargarise comme d'un pedigree de parler mandarin, alors que c'est une généralité pour la plupart des expatriés), l'analyse faite prend toujours une position occidentale, ce qui est un non-sens abbhérant dans le cadre d'une culture si différente. J'ai malgré tout poursuivi ma lecture... Pour attaquer le corps du livre.

Hormis quelques rapides cas concrets, par le biais d'entretiens avec des chinois qui souffrent dans un pays à l'économie pourtant florissante, il n'y a rien. Et ces entretiens ne représentent pas 1% du récit: toute l'analyse est basée presque en totalité sur des dépêches de l'AFP, source facilement accessible et quotidiennement alimentée pour les journalistes... Profession des auteurs ! Bref, les recherches n'ont pas du être bien difficiles.

Et là, même chose, concernant les mingong ou autres (je connais la situation des mingong : mon beau-père en est un... Et j'ai passé bien plus de temps à discuter avec lui de sa situation que lors d'un bref interview), même si les éléments factuels sont d'une véracité totale, et que les recoupements d'infos ont été fait avec un professionnalisme journalistique avéré, les conclusions restent exceptionnellement douteuses, voire simplistes... Car on ne peut évaluer un pays avec une culture autre que la sienne. Expliquer l'histoire et la culture chinoise, pour en révéler leurs conséquences dans un quotidien contemporain aurait permis de comprendre bien plus... Au lieu de critiquer systématiquement.

Par ailleurs, le gouvernement chinois est montré du doigt comme si il souhaitait maintenir cette situation, ce qui est en grande partie faux, même si celui-ci ne bénéficiera pas de mes louanges. Ce que les auteurs n'ont pas compris (ou bien n'ont pas souhaité révéler), c'est que la Chine subit un choc économique, et que le social comme le légal a du mal à suivre... Au même titre que l'évolution des mentalités. Hors de question bien évidemment de brosser un tableau idyllique de l'avenir en Chine, mais inutile aussi de diaboliser le pays. Ce livre est partial, ou tout est noir.

Si je prends le temps d'écrire ceci, c'est parce que ce livre, qui affirme détenir la vérité du fait qu'un de ses auteurs vit en Chine et parle le mandarin, m'a tout simplement mis hors de moi par son manque d'objectivité, et ses connaissances très superficielles du pays. J'ai moi-même été choqué, et quand j'ai traduit à mon épouse chinoise certains passages, elle en est restée toute éberluée tant, involontairement, les auteurs avaient tout analysé de travers.

Je ne condamne pas le livre, et encore une fois, les évènements factuels sont tout à fait intéressants... Maintenant, pour ce qui est de l'analyse qui en est tirée, il serait absurdre de la prendre pour argent comptant.

Bien amicalement.

Christophe.

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