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décembre 2005

31 décembre 2005

De 2005 à 2006: un an de blog

Voilà un an exactement qu’a commencé l’aventure de ce blog. Depuis lors vous lui avez rendu près de 100 000 visites et vous y avez posté près de 2600 commentaires sur les 200 notes que je vous ai proposées.
Vos préoccupations rejoignaient les miennes quand je vous parlais de l’Europe,du modèle social français ou de la politique économique ou industrielle. En revanche vous manifestiez beaucoup moins d’intérêt quand j’évoquais des sujets qui me concernaient d’une manière ou d’une autre plus directement comme les hautes rémunérations, mon expérience des médias ou encore mes lectures.
Ce qui confirme que, contrairement à la manière dont ces mêmes médias approchent en général les blogs, en les réduisant à un « journal » personnel, centré autour des états d’âme de son auteur, ce n’est qu’en traitant des questions véritablement d’intérêt général qu’ils trouvent un vaste public actif. Ce qui confirme aussi que leur succès doit beaucoup à l’insatisfaction et à la frustration qu’engendrent de ce point de vue les médias traditionnels.
Dans la dernière période, vous n’avez pas été sans remarquer que mon activité d’auteur s’est réduite. Au point que j’ai envisagé d’y mettre fin sous cette forme au terme de ces douze mois d’existence. Je me disais que l’inspiration est difficile à renouveler et que le risque de lasser les visiteurs est réel. Je me disais aussi que l’émergence et la multiplication des blogs collectifs offraient suffisamment d’opportunités pour s’exprimer sans s’astreindre à une régularité difficile à soutenir.
Pourtant j’ai décidé de continuer avant tout parce que chaque jour apporte son lot d’informations qui suscitent selon les cas indignation, émotion ou adhésion et qui justifient, à mes yeux, de conserver un moyen d’expression et de dialogue autonome. Mais surtout ce qui me manquerait, en désertant le web, ce sont les rencontres humaines qu’il provoque, opportunité dont se privent ceux qui, encore nombreux, soutiennent que l’usage de l’ordinateur et des moyens de communication électronique leur est néfaste.
Je ne crois pas que je regretterai cette détermination, tant les échéances et les problèmes que notre pays va affronter dans les mois qui viennent demeurent critiques : atonie de la croissance économique, persistance du chômage, délabrement du pacte social, crise de la politique, effacement du projet européen. A tout le moins l’approche de l’élection présidentielle devrait redonner de la vigueur aux débats de fond en dépit de l’absurdité d’un système qui encourage la multiplicité des candidatures inutiles, dites de «témoignage», dont le seul effet est d’en réduire l’efficacité et la pertinence.
Je nous souhaite donc à tous, pour cette année 2006 qui commence, le goût et la volonté de participer à ce dialogue nécessaire et de nous engager, chacun à notre façon et selon nos possibilités, dans des actions concrètes, susceptibles d’apporter des réponses.
Je présente aussi à vous tous, amis connus et inconnus, qui fréquentez ce blog, pour vous-même et les vôtres, tous mes vœux de santé, de prospérité et de bonheur dans ce monde troublé et difficile dans lequel nous vivons.

22 décembre 2005

Rencontres, projets et initiatives

Les fêtes de fin d’année coïncideront avec le premier anniversaire de ce blog dont la première note Pourquoi ce blog? a été mise en ligne le 1er janvier 2005.
C’est l’occasion de se remettre en mémoire les multiples rencontres qu’il a favorisés qui, pour certaines, se sont même transformées en contacts téléphoniques prolongés, voire en conversations directes à l’occasion de déjeuners, petits-déjeuners ou tout simplement, d’un café amical. Je n’en ferai pas la liste aujourd’hui. Les 2500 commentaires postés sur le blog permettent d’ailleurs d’en retrouver sans difficulté la trace pour peu qu’on ait la patience de les lire.
Mais je voudrais souligner cependant que, dans certains cas, ces rencontres m’ont permis d’avoir connaissance de projets de diverses nature souvent intéressants et stimulants et même parfois d’y contribuer d’une manière ou d’une autre. J’ai ainsi découvert, par exemple, grâce aux deux Alain, Lefebvre et Mathecowitch, le réseau de communication sociale 6nergies  qui a fait ses premiers pas il y a moins d’un an et qui connait déjà un succès fulgurant. J’ai suivi pas à pas la gestation d’un projet que Didier va mettre en ligne dans les semaines qui viennent et dont je ne dirai pas plus aujourd’hui. D’autres encore se préparent.
Mais aujourd’hui je voudrais signaler à votre attention deux initiatives qui ont été prises, sans que, je le précise, j’y aie aucune part, par deux amis blogueurs, Laurent et José, avec lesquels nous avons dialogué régulièrement.

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17 décembre 2005

Interruption

Pendant pas loin de vingt quatre heures, ce blog a disparu des écrans d'ordinateur et d'internet. Typepad  a donné peu d'explications. Je ne pourrai donc pas vous en donner davantage.
Je présente néanmoins mes excuses à mes visiteurs habituels pour les avoir privés -involontairement- de ce "salon", au sens du dix-huitième siècle, d'échange et de dialogue.
Une panne qui devient un incident...et peut-être un évènement: voir la référence signalée par Leclercq.

15 décembre 2005

Un discours de la méthode

Plus encore qu’un diagnostic, au demeurant accablant, du niveau, des causes et des effets de l’endettement de la nation, ce que nous offre le rapport élaboré par la commission présidée par Michel Pébereau, c’est un discours de la méthode sur la manière de sortir de la situation d’impuissance dans laquelle il nous enfonce.
La composition subtile de cette commission qui a associé une large palette d’expériences, de compétences et de sensibilités explique sans doute l’approche fine et nuancée de l’analyse, présentée dans la première partie du rapport, qui, loin d’en affaiblir la portée, lui donne au contraire tout son crédit. Même si l’ombre portée du style politique que la longue carrière de l’actuel Président de la République a imprimé à l’évolution de la dépense publique au cours des trente dernières années ne peut être ignorée, il est vrai que la droite comme la gauche ont participé de ce mouvement, au demeurant réclamé par la société dans son ensemble dont aucun responsable politique, si ce n’est un temps Raymond Barre, n’a jamais eu le courage, la volonté ou le talent d’expliquer la perversité fondamentale.
Il est heureux qu’ait été évitée la simplification abusive consistant à additionner artificiellement la dette publique dont la double caractéristique distinctive est de devoir être remboursée et d’imposer le paiement d’intérêts avec les engagements de retraite dont la nature est évidemment différente. Un tel calcul n’est hélas pas nécessaire pour se convaincre que le niveau d’endettement atteint un seuil critique dans notre pays. Le rapport explique d’ailleurs avec clarté pourquoi de ce point de vue notre situation est différente de celle des Etats-Unis ou du Japon dont les taux d’endettement par rapport au produit national brut sont proches ou supérieurs au nôtre. Notre pays n’a en effet cessé d’augmenter son endettement et n’a pas su profiter, comme il l’aurait dû de  ses trop courtes périodes de croissance économique pour se recréer des marges de manœuvre.
Cette absence de capacité contra cyclique que notre impéritie dans la gestion de nos finances publiques provoque est, à mon sens, encore plus que la responsabilité morale que nous assumons vis à vis des générations futures, l’argument principal qui devrait convaincre nos autorités politiques que le temps est venu d’y mettre fin.

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14 décembre 2005

Des finances publiques au service de notre avenir: le rapport Pébereau

Je viens de récupérer le rapport Pébereau sur le site du Ministère de l'Economie et des Finances. Il fait 135 pages, mais est précédé d'un résumé de 8 pages ,en lui-même très éclairant.
Sans attendre, je le verse au débat que nous avons commencé, me réservant, après l'avoir lu intégralement, de le commenter le cas échéant.

Download blogs_rapport_pebereau.pdf

13 décembre 2005

La dépense publique dans l'Union Européenne

Alors que se rapproche l'échéance de la publication du rapport sur l'endettement public que Thierry Breton a demandé à une commission présidée par Michel Pébereau, il est intéressant de lire une étude publiée par la Fondation Robert Schuman sur La dépense publique et la situation des finances publiques dans les 25 pays membres de l'Union Européenne.
Comme le souligne le résumé, Amélie Verdier, une inspectrice des finances, maître de conférences à l'institut d'Etudes Politiques de Paris,qui en est l'auteure, constate que  la réalité budgétaire européenne est complexe:
"Certes, le poids des dépenses publiques est en moyenne plutôt élevé au sein de l’UE par rapport au reste de l’OCDE et le dernier élargissement n’a guère changé la donne. Mais il n’y a pas de corrélation entre poids des dépenses et maîtrise des finances publiques : plusieurs États donnent l’exemple d’une dépense publique élevée, mais soutenable. La bonne nouvelle est peut-être aussi qu’il n’y a pas de recette unique pour y parvenir, mais des approches à combiner."
Une contribution pertinente au grand débat que notre pays devra tôt ou tard engager sur le niveau et peut-être encore plus sur le contenu de sa dépense publique, si du moins nous en trouvons le temps dans les intervalles des querelles historiques et sémantiques qui occupent désormais l'essentiel du dialogue entre les Français...

09 décembre 2005

Réformes structurelles et politique macroéconomique en Europe

En juillet dernier, vous proposant de réfléchir à la politique économique, j’écrivais :
« Comment arriver à un rythme annuel de croissance économique d'au moins 3%+?
La réponse classique que nous fournissent les spécialistes français et internationaux tient à nouveau en deux mots : « réformes structurelles ». Et derrière ces deux mots, il y a toute une série d’actions à moyen et long terme dont les comparaisons avec les pays qui connaissent ou ont connu une croissance soutenue permettent d’établir la liste : réduction des impôts et de l’endettement, réforme de la sécurité sociale, réforme du marché du travail, réforme du système éducatif, réforme de l’Etat etc. Et, bien entendu, ces spécialistes ont raison!
Le problème, c’est que dans l’environnement dépressif actuel et avec la crise de confiance qui affecte notre pays, aucune de ces réformes indispensables n’a de chance d’être menée à son terme avec succès, le temps et les marges de manœuvre nécessaires n’étant tout simplement pas disponibles. Il faut donc une stratégie à court terme qui remette la machine économique en marche de manière à retrouver une capacité d’agir à moyen et à long terme.
»
Je suis heureux de constater aujourd’hui que des économistes éminents relativisent la «thèse dominante» selon laquelle le retard de croissance européenne ne tiendrait qu’à «la combinaison de l’inachèvement de l’intégration européenne et de l’insuffisance, au niveau national, des réformes structurelles (celles notamment se rapportant au  marché du travail et au marché des biens et services)» et mettent l’accent sur « le caractère défaillant du système de politique économique dont l’Europe est dotée» et le postulat dit de «séparabilité» selon lequel «les politiques macroéconomiques et les politiques structurelles peuvent être menées de manière indépendante».
Ce sont là quelques unes des observations contenues dans le rapport que Philippe Aghion, Elie Cohen et Jean Pisani-Ferry ont élaboré pour le Conseil d'Analyse Economique, placé auprès du Premier Ministre, sur «Politique économique et croissance en Europe» dont le résumé figure en annexe à cette note.

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06 décembre 2005

Pluie de science

Pour ceux, dont je suis, que la science ne laisse pas indifférent, sans être dotés pour autant d'une culture scientifique,  je recommande une visite sur un site québécois, Pluie de Science.
Rassurez-vous: bien qu'ayant des attaches québécoises, je n'aurai pas l'outrecuidance de me mettre dans le sillage d'Alain Juppé, en vous  faisant le compte rendu de mes séjours à Montréal lorsque j'y rends visite à l'une de mes petites filles!
Mais je serais curieux de savoir grâce aux amis qui viennent sur ce blog s'ils ont connaissance en France d'un site équivalent à celui qui a été mis en place au Québec par la Société pour la Promotion de la Science et de la Technologie, notamment à l'intention des éducateurs.

04 décembre 2005

Outreau: comment le citoyen de base a-t-il été informé?

De temps à autre la presse vous réconcilie  avec la presse.
C'est le sentiment que j'ai eu en lisant hier soir deux articles, publiés dans Le Monde, daté des Dimanche 4 - Lundi 5 décembre 2005:
- Outreau, de la tempête médiatique au naufrage judiciaire de Pascal Galinier et Acacio Pereira
-  
Quand la presse allonge la liste des suspects, de Pascale Robert-Diard.
Ces trois journalistes, sans emphase, mais avec précision, racontent la manière dont la presse a contribué à cet engrenage infernal qui, si l'appel n'avait pas été rendu possible devant les Cours d'Assises, aurait conduit à la plus effroyable des erreurs judiciaires.
Le citoyen de base qui n'a d'accès aux informations qu'à travers ce que les journalistes de la presse écrite ou audiovisuelle lui fournissent peut se trouver réconforté par le constat de la persistance d'une certaine capacité d'autocritique de leur part, même si ce n'est qu'en quatorzième page...
Mais j'arrête là sur ce sujet, vous renvoyant à  Justice à l'écoute où le débat, beaucoup mieux à sa place, fait rage sur Outreau...

03 décembre 2005

Le modèle social français : encore et toujours !

Depuis le 6 octobre dernier, j’ai consacré, directement ou indirectement, quatre notes au modèle social français :

Au total, ces notes ont provoqué 170 commentaires de 22 intervenants différents et nos efforts conjoints représentent 80 pages et 40250 mots. J’ai relu l’ensemble de ces textes la nuit dernière. Ma deuxième note s’était efforcée de synthétiser la première vague de commentaires. Je renonce aujourd’hui à faire une nouvelle synthèse sur le débat qui a suivi. Non pas parce qu’il manquerait d’intérêt, mais parce qu’au contraire, sa richesse et sa qualité défient la synthèse et justifient une lecture directe.
Je ne dis pas cela par flagornerie à l’égard de mes visiteurs ou pour les inciter à continuer à intervenir, mais parce que je le pense réellement. J’espère que quelque part dans la blogosphère, un sociologue ou un politologue fait son miel de ces débats. En tout cas, je doute que cet hypothétique chercheur puisse trouver ailleurs une approche aussi directe et facile  sur la manière dont nous, Français, considérons aujourd’hui les problèmes de notre société avec nos oppositions et nos convergences. En effet ces commentateurs ne se contentent pas d’interpeller ou de questionner. Ils présentent leurs propres analyses, ils argumentent, ils prennent en compte ce que dit l’autre.
L’échantillon est sans doute suffisant pour autoriser quelques conclusions.
D’abord nous sommes tous conscients de la gravité des problèmes auxquels se trouvent confrontés notre société et nous nous désespérons qu’elle ne paraisse pas sortir de son immobilité pour les traiter.
Ensuite nous participons de l’effritement des positions idéologiques traditionnelles. Libéraux, nous mesurons que des initiatives collectives, sinon étatiques, sont nécessaires pour changer. Socialistes, nous essayons d’intégrer et d’influencer le marché.
Enfin, au risque de provoquer des contradictions vigoureuses, il me semble que nos propos reflètent un mélange de lucidité certes, mais aussi de passivité, de fatalisme et de désarroi face à la montée des périls économiques et sociaux.
Aucune des pathologies de notre société ne nous est étrangère, mais tous autant que nous sommes, et moi tout le premier, nous hésitons à avancer des solutions concrètes, des actions à court, moyen et long terme pour en sortir. Et quand l’un d’entre nous évoque des pistes, tel hayekFan l’autre jour quand il proposait d’obliger chaque employeur à augmenter de 10% ses effectifs ou moi-même quand je proposais avant l’été des actions de politique économique dont beaucoup sont aujourd’hui mises en oeuvre, ou bien nous les brocardons, ou bien  nous les traitons par le silence, mais nous engageons rarement un débat sur les moyens en proposant des solutions nouvelles ou alternatives.
Sommes-nous à court d’idées ? Avons-nous été tellement échaudés au cours des trente dernières années par la succession d’initiatives sans suite et sans résultat que l’audace nous manque désormais pour proposer et innover? Ou tout simplement le monde dans lequel nous vivons est-il devenu tellement complexe et incertain que nous ne le comprenons pas suffisamment pour agir ?
Nous ne manquons pourtant pas d’essais qui, au fil des jours, n’hésitent pas à nous fournir des interprétations catégoriques et définitives. Mais, à peine écrits et lus, ils sont déjà oubliés et, vaille que vaille, notre monde continue à être géré à la petite semaine.
Ce dont nous avons peut-être besoin avant tout, c’est de dirigeants et d’organisations politiques qui nous disent avec force et clarté : voilà le monde dans lequel nous vivons ! Et voilà ce qu’il faut faire pour le maîtriser ! Et voilà comment nous le ferons si vous nous en donnez la responsabilité ! C’est ainsi qu’ont procédé en leur temps, Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi, le Général De Gaulle, Margaret Thatcher, Hemut Kohl, Tony Blair, Nelson Mandela et d’autres.
Mais de tels dirigeants, à supposer qu’ils existent dans notre pays, ne pourront s’exprimer et agir que s’ils sont soutenus par notre propre engagement. Sommes-nous prêts à nous engager, jeunes et moins jeunes, pour que les choses changent  et, pour que ce modèle social branlant qui nous sert aujourd’hui de tranquillisant pour surmonter l’anxiété des jours, redevienne ou devienne exemplaire ?

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