Voilà un an exactement qu’a commencé l’aventure de ce blog. Depuis lors vous lui avez rendu près de 100 000 visites et vous y avez posté près de 2600 commentaires sur les 200 notes que je vous ai proposées.
Vos préoccupations rejoignaient les miennes quand je vous parlais de l’Europe,du modèle social français ou de la politique économique ou industrielle. En revanche vous manifestiez beaucoup moins d’intérêt quand j’évoquais des sujets qui me concernaient d’une manière ou d’une autre plus directement comme les hautes rémunérations, mon expérience des médias ou encore mes lectures.
Ce qui confirme que, contrairement à la manière dont ces mêmes médias approchent en général les blogs, en les réduisant à un « journal » personnel, centré autour des états d’âme de son auteur, ce n’est qu’en traitant des questions véritablement d’intérêt général qu’ils trouvent un vaste public actif. Ce qui confirme aussi que leur succès doit beaucoup à l’insatisfaction et à la frustration qu’engendrent de ce point de vue les médias traditionnels.
Dans la dernière période, vous n’avez pas été sans remarquer que mon activité d’auteur s’est réduite. Au point que j’ai envisagé d’y mettre fin sous cette forme au terme de ces douze mois d’existence. Je me disais que l’inspiration est difficile à renouveler et que le risque de lasser les visiteurs est réel. Je me disais aussi que l’émergence et la multiplication des blogs collectifs offraient suffisamment d’opportunités pour s’exprimer sans s’astreindre à une régularité difficile à soutenir.
Pourtant j’ai décidé de continuer avant tout parce que chaque jour apporte son lot d’informations qui suscitent selon les cas indignation, émotion ou adhésion et qui justifient, à mes yeux, de conserver un moyen d’expression et de dialogue autonome. Mais surtout ce qui me manquerait, en désertant le web, ce sont les rencontres humaines qu’il provoque, opportunité dont se privent ceux qui, encore nombreux, soutiennent que l’usage de l’ordinateur et des moyens de communication électronique leur est néfaste.
Je ne crois pas que je regretterai cette détermination, tant les échéances et les problèmes que notre pays va affronter dans les mois qui viennent demeurent critiques : atonie de la croissance économique, persistance du chômage, délabrement du pacte social, crise de la politique, effacement du projet européen. A tout le moins l’approche de l’élection présidentielle devrait redonner de la vigueur aux débats de fond en dépit de l’absurdité d’un système qui encourage la multiplicité des candidatures inutiles, dites de «témoignage», dont le seul effet est d’en réduire l’efficacité et la pertinence.
Je nous souhaite donc à tous, pour cette année 2006 qui commence, le goût et la volonté de participer à ce dialogue nécessaire et de nous engager, chacun à notre façon et selon nos possibilités, dans des actions concrètes, susceptibles d’apporter des réponses.
Je présente aussi à vous tous, amis connus et inconnus, qui fréquentez ce blog, pour vous-même et les vôtres, tous mes vœux de santé, de prospérité et de bonheur dans ce monde troublé et difficile dans lequel nous vivons.

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