Dans son numéro d'octobre 2005, publié il y a quelques jours, Acteurs publics s'interroge sur l'avenir du modèle social français en posant la question: la rupture, mais pourquoi faire?
Cette réflexion s'appuie sur un intéressant sondage de l'IFOP et est alimenté par des commentaires éclairants de Alain Etchegoyen et François Chérèque.
Acteurs publics m'a également demandé d'y contribuer à travers un entretien avec Aurélie Seigne auquel, si vous le souhaitez, vous pouvez avoir accès, comme du reste à l'ensemble de l'enquête, en cliquant sur ce lien.

Cher M. Bilger,
j'ai lu avec attention votre entretien avec Mme Seigne, et je suis entierement d'accord sur l'importance capitale du probleme du chomage en France.
Ce grand fleau gaspille 10% des energies, reduit a la fois productivite et pouvoir d'achat et rend derisoire le "modele social francais".
Pourtant il y aurait une solution tres simple pour le resoudre rapidement et efficacement.
Je serais ravi d'avoir votre opinion sur mon idee que je detaille de suite.
On a 10% de chomage en France. Alors on oblige tout employeur (Etat compris) a augmenter de 10% ses effectifs.
Par contre, il pourra baisser de 10% la remuneration de ses salaries.
En gros, au lieu de 10 salaries payes 11 euros et un chomeur, on va avoir 11 salaries payes 10 euros.
Pour les employeurs il n'y a pas de surcout, au contraire il y a un gain de productivite (11 salaries produisent davantage que 10).
Pour les chomeurs le gain est certain
Les salaries aussi sont gagnants: un petit sacrifice en terme de salaire (qu'on pourrait compenser en partie avec le RMI et les allocations chomage devenus inutiles), permet d'avoir une garantie du poste comme les fonctionnaires.
Car le mechanisme serait permanent: a chaque fois que le chomage ressurgit, on procede a une autre operation similaire.
La serenite d'une retribution a vie ferait certainement exploser la consommation, aujourd'hui freinee par la legitime peur de se retrouver un jour au chomage.
Je ne vois que de gagnants dans cette operation: qu'en pensez-vous?
Merci.
Rédigé par: hayekFan | 07 octobre 2005 at 10:13
Hayekfan radote. Il nous refait la version libérale des 35h. Je réduis la durée de travail de 10%, les charges d'autant, ce qui permettra aux entreprises d'embaucher 10% de travailleurs en plus. On a vu ce qu'il est advenu de cette géniale arithmétique surgie du cerveau fécond de Martine. Oui le chômage est bien le verrou à faire sauter. Par contre, le consensus ne sera pas suffisant pour y parvenir. Et là, cher Pierre je vous demande de lutter contre vos tropismes, qui conformes à ceux de notre Premier Ministre vous ramènent inévitablement à la synthèse. L' heure est malheureusement à la confrontation sur le thème du contrat social, avec en haut de la pile, le droit du travail. Si le gouvernement cède à Marseille, c'est foutu pour 2 ans .....
Rédigé par: Aston | 07 octobre 2005 at 10:32
PIERRE
Suite au commentaire d'ASTON je tiens a preciser que mon idee ne prevoit PAS de reduire la duree de travail de 10%.
Meme duree de travail, mais payee 10% en moins. Solidarite entre employes et chomeurs.
L''idee des 35H de Mme Aubry ne pouvait marcher: d'ou sortent les employeurs l'argent pour embaucher?
C'est pourquoi je propose une reduction de 10% de la retribution de tout salarie, a parite d'heures travaillees.
Rédigé par: hayekFan | 07 octobre 2005 at 10:44
De plus, la loi des 35h ne prevoit pas d'obligation pour les entreprises, alors que mon idee prevoit pout tout employeur l'obligation d'augmenter de 10% le nombre d'effectifs.
Rédigé par: hayekFan | 07 octobre 2005 at 10:46
Cher hayekfan c'est strictement la même chose. Si vous augmentez les effectifs de 10%, vous réduisez d'autant la productivité. L'idée socialiste consistait précisément à réduire une productivité Française jugée élevée (ce qui était vrai à l'époque, du fait meêm d'un coût du travail lui-même trop élevé)pour permettre un meilleur partage du travail. Désolé de la mauvaise connotation mais la notion de travail obligatoire m'est légèrement désagréable...
Rédigé par: Aston | 07 octobre 2005 at 11:43
Très intéressant article. Je note une chose : non seulement 68% des français considèrent que le "modèle social" fonctionne mal, mais pas une des trois "personnalités qualifiées" n'affirme le contraire.
Nous avons donc au moins un premier concensus sur le sujet. Et identifier le mal, c'est un premier (tout petit) pas.
Tout petit pas, parce que, effectivement, si tout le monde s'accord à dire qu'il ne fonctionne pas correctement, les remèdes proposés duvergent.
Comme vous l'aviez dit précédemment, vous êtes favorable au fait de faciliter le licenciement. Vos discours plus sociaux par ailleurs vous permettent plus facilement de le dire.
J'ai remarqué par ailleurs que chacun a un peu tendance à dénoncer l'action des politiques. Ne faut-il pas aussi admettre que la politique a certaines exigences, parfois regrettables, comme le fait de présenter un discours compréhensible par la plus grande part de la population ? Les interrogations "philosophiques" d'Alain Etchegoyen sont intéressantes, mais peut-on vraiment imprimer un mouvement, créer une adhésion sur un discours trop théorique ? Bien sûr, le débat politique simplifie, mais cela me semble inévitable. Ce qui n'empêche pas que les hommes politiques aient une réflexion plus aboutie que celle qu'il présente dans un meeting ou au 20 h.
Quant au concensus que vous évoquez, il faudrait beaucoup d'efforts pour remplir les conditions de sa seule recherche. Comme vous le dites, l'arrivée de Laurence Parisot, et la présence de Chérèque, peuvent laisser augurer d'un climat favorable.
Mais il me semble que beaucoup d'actions sont à entreprendre avant d'espérer obtenir un concensus en France. L'une d'elles, d'ailleurs pronée par la CFDT, réside dans une refonte du système de représentativité syndicale. Assurons-nous ainsi de nous trouver face aux bons interlocuteurs.
Pour finir, je trouve un peu dommage que personne n'ait été interrogé pour exposer davantage les positions des uns et des autres, et notamment celles de Nicolas Sarkozy qui semble quelque peu en accusation, à tout le moins en filigrane.
Pour ne pas que mon commentaire dépasse la longueur de votre entretien dans Acteurs Publics, je dirais juste que l'on peut difficilement résumer Sarkozy au libéralisme : ainsi lorsqu'il parle d'aider "massivement" les plus défavorisés, lorsqu'il parle de la promotion de l'équité, davantage que de l'égalité etc... René Rémond ne disait d'ailleurs pas autre chose dans un entretien qu'il a accordé hier au Figaro (http://www.lefigaro.fr/debats/20051006.FIG0070.html ) : "J'avoue que Nicolas Sarkozy fait pour moi question et que j'ai quelque difficulté à l'identifier par rapport aux différentes droites. Je ne crois pas que l'étiquette de libéral qu'on lui accole le définisse : il me paraît trop avide d'action. S'il aspire au pouvoir, c'est pour l'exercer et pour réformer ce qui lui paraît demander à l'être". La suite sur le site du Fig'.
Rédigé par: koz | 07 octobre 2005 at 11:53
@hayekFan :
j'espère que votre idée est une petite provocation qui vise à démontrer par l'absurde que la société française ne veut pas réduire le chômage. du genre : "vous ne voulez pas de mon idée ? donc contrairement à ce que vous prétendez, vous n'en avez rien à battre des chômeurs et votre "solidarité" est un euphémisme de "mon intéret""
une obligation d'aumentation des effectifs de 10% a des effets secondaires impossibles à prévoir. On n'est pas nécessairement plus productifs à 11 qu'à 10 si l'organisation/encadrement/structure n'y a pas été préparée. Cette adaptation a un coût difficile à prévoir. Un poste de travail a un coût dont le salaire n'est qu'une partie. etc.
si ce n'est pas une provocation, et bien franchement vous êtes un idéologue qui n'a pas grand chose de différent des étatistes/socialistes/marxistes. et vous obtiendrez les mêmes brillants résultats qu'eux.
une société est beaucoup trop complexe pour obéir à des schémas de pensée toute faite, quels qu'en soit le contenu. qu'est-ce que ce libéralisme qui envisage les individus comme une masse homogène à qui on peut appliquer des mesures contraignantes one size fits all ?
vous n'êtes pas libéral, vous êtes une simple réaction qui emploie les mêmes méthodes et les mêmes schémas de pensées que ceux que vous prétendez combattre :-)
Rédigé par: lionel | 07 octobre 2005 at 12:07
Il est sûr qu'obliger les entrepreneurs à embaucher, pour un libéral, c'est original.
Rédigé par: koz | 07 octobre 2005 at 13:27
LIONEL,
Il existe, dans le camp liberal, comme dans le camp etatique deux tendances:
celle qui veut changer les choses qu'elle juge insatisfaisantes, et celle qui veille surtout a ne pas modifier le statu quo.
Je ne veux surtout pas me situer dans la deuxieme.
Pour modifier les choses de facon radicale, il est necessaire d'employer des moyens differents par rapport a ce qu'on a deja essaye.
Certes, expliques dans les quelques lignes d'un blog, ces moyens peuvent paraitre schematiques et grossiers.
Si de plus, on arrete sa reflexion aux premiers obstacles qu'une nouvelle idee comporte, sans tacher d'y trouver une solution, on ne risque pas de trouver de nouveaux scenarios.
Vous dites que ce 10% en plus de salaries est difficile a gerer. Pourquoi, je demande, les cadres et les managers qui les gerent ne seraient pas interesses par ce dispositive d'embauches supplementaires, a fin de muscler les structures de directions?
Toute l'entreprise connaitrait une croissance organique, a tous les niveaux hierarchiques: il y a suffisamment de cadres et directeurs au chomage pour faire cela.
Vous dites que il y a des cout supplementaires en plus des salaires et des cotisations economises. Eh bien voulons-nous faire participer les employeurs a cet effor solidaire, en echange d'accroitre leur effectifs a 11 pour le prix de 10?
Ma proposition n'est pas une provocation, mais elle ale merite indiscutable d'isoler, dans le camp de gauche, ceux qui souhaitent un fort chomage comme reservoir de votes politiques et consensus syndicaux, et dans le camp de droite, ceux qui souhaitent la poursuite du chantage au licenciement sur les salaries.
Rédigé par: hayekFan | 07 octobre 2005 at 13:31
Nous y voilà : "prévoir des obligations pour l'employeur"
Même question que pour l'alternative fantaisiste proposée au protocole de Kyoto : COMMENT APPLIQUER CETTE PROPOSITION ?
Exemple: Les entreprises en France qui ont moins de 10 salariés, cela fait des petites équipes.
==> Comment fait l'employeur pour ajouter 0,1 à 0,5 personnes par équipe ?
==> Pour information, c'est ce qui a tué les 35h...
Rédigé par: Bruno | 07 octobre 2005 at 13:32
ASTON
"Cher hayekfan c'est strictement la même chose. Si vous augmentez les effectifs de 10%, vous réduisez d'autant la productivité. L'idée socialiste consistait précisément à réduire une productivité Française jugée élevée "
Mais pas du tout!
Les effectifs augmentent de 10%, et de meme les heures travailles. 35h X 11 salaries > 35h X 10 salaries, en langage arithmetique.
Donc la productivite par an et par usine augmente, pendant que la productivite par heure reste inchangee.
Je vous signale en plus que la productivite francaise par HEURE est certes l'une des plus elevees au monde, mais la productivite par AN est l'une des plus modeste, en raison de l'enorme quantite des jours de conge annuel. Il faudrait donc l'augmenter en travaillant davantage, ou, ce qui est plus logique, en etant plus nombreux a travailler.
Rédigé par: hayekFan | 07 octobre 2005 at 13:37
BRUNO
je vous ai deja repondu sur ce point.
A partir de 6 salaries, on oblige l'employeur a embaucher un chomeur. Il sera indennise par un fond finance par les employeurs qui emploient 14 salaries et embauchent egalement un seul chomeur.
Le chiffre de 10 etant evidemment une moyenne.
Pour le moins de 6 salaries, on peut penser a des embauches a temps partiel.
La loi Aubry sur les 35 heures n'a pas marche parce que les entreprises n'ont pas juge suffisants les allegements d'impots face a l'importante reduction de productivite par salarie (35h paye 39h), et a l'embauche ulterieure de personnel pas necessaire.
De toute facon, si votre seule objection est la gestion des microstructures de moins de 5 salaries, (emploi a temps partiel), je considere que vous etes d'accord sur le fonds de mon idee.
Rédigé par: hayekFan | 07 octobre 2005 at 13:43
Pour ne pas nous enliser, je suggère à hayekfan la lecture du post "le top model social" sur mon modeste bloguinet...
http://www.marciac.typepad.com/roues_libres/
J'ai essayé en bon chef d'entreprise pragmatique de rester réaliste . Mais je veux bien rêver
Rédigé par: aston | 07 octobre 2005 at 14:24
ASTON
J'ai lu votre Top Model Social, qui exprime le point de vue des patrons, a juste titre contraire aux catastrophiques 35h.
Vous semblez ne pas trouver la raison du mecontentement des travailleurs francais, devenus accros de RTT, loisir et conges payes.
La raison est une et une seule: avoir compris depuis longtemps d'etre fortement sous-payes par rapport a leurs homologues etrangers.
Quand un simple medecin generaliste anglais empoche 150mille euros, un ouvrier ou cadre suisse ou allemand facilement le double de son collegue francais, un gamin de 24 ans sorti d'une ecole de management aux USA 80mille euros, comment voulez-vous motiver les salaries francais a qui on propose des salaires de Tiers Monde?
Certes, la responsabilite n'est pas seulement des patrons (grands et petits) et des benefices astronomiques qu'ils ont engrange ces dernieres annees.
Surtout les charges sociales insupportables reduisent les salaires, et (j'insiste) ce fameux chomage que nombre de sujets (a droite comme a gauche, au syndicats comme au MEDEF,) tachent a surtout ne pas toucher.
PS je n'ai rien contre vos propositions du Top Model Social, mais cela ne vas changer ni le chomage ni la demotivation des francais.
Rédigé par: hayekFan | 07 octobre 2005 at 14:43
Ok pour des salaires plus élevés contre le droit de virer les incapables ou d'ajuster mes effectifs avant le crash, hayekfan.
Rédigé par: aston | 07 octobre 2005 at 15:12
Je vous conseille surtout la lecture du TCSM (Taux de Contribution Maximum) qui me semble beaucoup plus solide que les 5 points proposés par Aston (je ne suis pas d'accord sur tous et je crois que la séparation entre le chomage et de la précarité relève de l'arlésienne)
http://tcsm.fr/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1
L'idée est de ne plus "tuer" les entreprises naissantes par des cotisations en les conditionnant à la valeur ajoutée produite et de supprimer toutes autres formes de cotisations (A mon sens, il manque une réflection sur les subventions liées à l'aménagement du territoire et c'est tout)
Rédigé par: Bruno | 07 octobre 2005 at 15:52
Bruno, je crains que la TCSM ne se rappproche que trop du salaire social généralisé proposé par certains penseurs avancés de l'économie sociale dirigée (Hoang-Ngoc Liem, "Refermons la parenthèse libérale"). Il en est de même par contraste, des propositions de hayekfan. Ces propositions partent du postulat selon lequel l'offre de travail serait parfaitement élastique et croitrait si le coût du travail venait à diminuer ou était partiellement pris en charge par la collectivité. Hoang-Ngoc Liem est finalement plus réaliste en proposant un salaire minimum que l'on travaille ou pas. Car l'offre de travail est manifestement rigide pour l'essentiel aujourd'hui. Les chefs d'entreprise savent bien que la précarité n'est pas uniquement du côté des salariés . La mondialisation a imposé la précarité aux entreprises d'abord. Ils savent que leur succès éventuel est fragile et que la roche tarpeïenne est de plus en plus proche du Capitole. Alors, leur angoisse ce sont les coûts fixes, ceux que l'on ne peut plus réduire lorsque les choses tournent mal. La délocalisation à mon point de vue, est la conséquence directe de ce raisonnement: je préfère fermer une usine chez un sous-traitant en Chine...qu'à côté de chez moi. C'est donc bien la rigidité de l'offre de travail dans ce pays qui pose problème, bien plus encore que son coût. Le poids élevé des charges pèse par contre malheureusement plus sur le revenu net des salariés, que sur le coût total du travail, qui est une donnée dans l'équation économique. Les chefs d'entreprise ne peuvent donc pas être "naturellement" des créateurs d'emploi, si ils n'ont pas l'assurance de pouvoir utiliser l'emploi comme une variable d'ajustement. Quant à la "précarisation" de la condition salariale, balivernes ! L'autre obsession d'un chef d'entreprise digne de ce nom,en sus des coûts fixes, c'est bien de s'assurer de la fidélité des meilleurs salariés. Alors cessons de parler de précarité salariale, organisons la fluidité du marché de l'emploi,reprenons certaines des idées du TCSM pour les micro-entreprises et les start-ups et nous commencerons à envisager les conditions pour refaire sinon un modèle (pour qui ?) mais au moins un contrat social acceptable . Faudra-t-il une autre révolution pour y parvenir? C'est malheureusement probable.
Rédigé par: Aston | 07 octobre 2005 at 20:39
Aston, je ne comprends pas.
Vous commencez par assimiler le TCSM à un "salaire social généralisé" ce qui me semble totalement hors sujet puis, vous dites que celui-ci peut être intéressant pour les petites ou nouvelles entreprises...tout en médisant sur le sujet de la précarité.
Pierre propose de discuter de ce sujet sans tabou et j'adhère totalement à ce point.
La précarité fait partie du sujet, mais elle est contrable par une prise en charge sociale réactive (çàd sans laisser dériver l'asistance), ne croyez-vous pas ?
Rédigé par: Bruno | 07 octobre 2005 at 22:27
si on regarde où se trouvent les effectifs les plus importants de chomeurs... on trouvera les jeunes (diplomés ou pas) et les plus de 50 ans...
pour ses derniers, en attendant que les entreprises veuillent bien inverser la tendance actuelle catastrophique de licencier en priorité leurs anciens (voeu pieux ?) , pourrait on utiliser leurs competences en priorité dans des organismes comme ... l'ANPE où , à mon sens, on ne devrait pas employer des fonctionnaires , mais des personnes TRES expérimentées d'un cerain age, plus à meme d'aider les autres à comprendre l'entreprise (chose impossible pour un fonctionnaire) et de former les jeunes qui par définition manque de l'expêrience exigée par les recruteurs
j'ai connu des instituts comme le CEPI à lille , où les consultants , qui s'occupent par ailleurs de former egalement des cadres superieurs au chomage, devaient obligatoirement avoir 10 années d'expérience en entreprise, et voyaient leur contrat limité à 5 ans pour eviter l'"engourdissement" qu'occasionne un sejour prolongé hors du milieu de l'entreprise...
pour un cadre de 55 ans, ce contrat lui permettrait de se sentir encore eminemment utile, et de communiquer une experience irremplaçable...
certes c'est encore la des methodes guere liberales.. , mais qu'importe le flacon... l'essentiel est de resorber le chomage de maniere efficace, rendre le moral à 2 catégories d'age sinistrées
. A mon sens, seule une combinaison de "social" et de libéral peut rendre aux gens ce besoin de dignité et d'espoir sans lequel tout individu est incapable d'entreprendre...
car fondamentalement, la creation d'entreprise est l'affaire d'individus, et non pas de la collectivité... celle ci n'est la que pour encadrer et pereniser les efforts des individus===;
Rédigé par: philippe | 08 octobre 2005 at 00:05
par ailleurs , les dits contrats pourraient ete à temps partiel , ne serait ce que pour leur permettre de continuer à chercher des contrats plus remunerateurs avec les entreprises...
je trouve par ailleurs regrettable que les ayatollahs syndicaux rejettent la notion de contrat à temps pour les "seniors" car ceux ci correspondent parfaitement à une utilisation optimale de leurs connaissances...
il est temps que les considerations idéologiques lazissent place à des considerations .... humaines tout simplement : laisser les gens retrouver leur dignité meme au prix d'une certaine incertitude quant à son futur.
Rédigé par: philippe aubert | 08 octobre 2005 at 00:14
Tout à fait d'accord avec Philippe. Pour Bruno, mon point de vue est macro-économique. Il est également valable pour hayekfan. Vous pensez pouvoir augmenter le nombre d'employés en en diminuant le coût moyen pour l'entreprise. Essentiellement par l'allègement des charges sociales pour Bruno et par la réduction de 10% du salaire pour hayekfan (qui n'est pas à une contradiction près ensuite en mettant sur le dos des faibles rémunérations, la faible motivation des jeunes aujourd'hui).
Toujours au plan macro-économique, ces deux propositions sont rigoureusement les mêmes que laisser le statut quo pour les "volontaires du travail" tout en assurant un salaire social aux autres. Les 35h ressortent du même procédé. Partager le travail existant entre un plus grand nombre d'acteurs à coût à peu près constant. Les seules mesures susceptibles de créer de l'emploi sont celles qui visent le chef d'entreprise, le créateur, et l'encouragent à s'engager, soit dans de nouveaux projets, soit dans une politique de croissance plus volontariste. C'est bien l' employeur qu'il faut rassurer par ces mesures et engager à développer son business ou à en créer d'autres...Mais hélas, comme je le souligne d'ailleurs dans mon post, qui veut encore être chef d'entreprise aujourd'hui? Qui veut encore en assumer le risque ? Qui veut réellement comprendre la psychologie de ceux sur qui aujourd'hui repose la responsabilité d'embaucher, de construire, d'innover dans l'entreprise ? Comment expliquer qu'un très grand nombre de petites entreprises tout à fait rentables ne trouvent pas de repreneurs? Qui nous expliquera ? Certainement pas nos politiques qui dans leur très grande majorité n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise commerciale.
La plupart de nos concitoyens a préféré depuis longtemps embarquer dans le wagon de queue plutôt que dans celui de tête. C'était plus confortable de s'en prendre au conducteur en restant assis tranquillement et en faisant des commentaires avnat de partir en RTT. Puis de lui balancer des tomates. Fatigué il a fini par mettre sur automatique et est descendu discrètement. Tout roule !
Rédigé par: Aston | 08 octobre 2005 at 08:32
Aston, je ne vous comprend pas.
Vous dites que le TCSM (dont je ne suis pas l'auteur) ne vise qu'à alléger les charges sociales et vous dites qu'il "faut rassurer l'employeur"...
Le TCSM vise ESSENTIELLEMENT à pérenniser l'entreprise en lui évitant de couler à cause des charges sociales lorsqu'elle à un problème de trésorerie. Celà n'est-il pas un élément rassurant pour un patron ?
Bien entendu, les calculs étant faits sur la valeur ajoutée, il est évident que si la boite ne dégage pas de VA pendant longtemps, elle coule et c'est normal. Mais au moins, elle a eu le temps de se retourner sans "l'aide" des fossoyeurs habituels (les liquiditateurs). Le coût de cette mesure semble nulle ou même un gain car celà correspond à indemniser des futurs chomeurs sur leur lieu de travail...
Concernant votre histoire de petites entreprises qui ne trouvent pas preneur, je suppose qu'il s'agit de la continuité de l'exode rurale. Je serais curieux des détails que vous voudriez bien me communiquer à ce sujet.
Rédigé par: Bruno | 08 octobre 2005 at 14:35
Bruno, pour simplifier, ce que j'essaye de dire c'est que de nombreux paramètres peuvent jouer en faveur de l'emploi ou en sa défaveur; mais que l'expérience m'a montré qu'aucun remède à la Diafoirus concocté par les plus savants de nos docteurs n'aura jamais l'efficacité qu'un supplément de liberté donné aux entrepreneurs aura sur leur moral. Ceci pour qu'ils puissent mener à bien de nouveaux projets sans craindre de devoir ensuite payer très cher et parfois au prix de leur entreprise, un excès d'audace. Je me rallie donc pour terminer ce débat entièrement à la proposition de Pierre. Le nouveau contrat social c'est la liberté de "contractualiser" l'emploi, la collectivité se devant elle d'assurer à ceux qui sortent du contrat, le moyen de subsister. Juste assez cependant pour qu'ils aient néanmoins l'impérieuse nécessité de ...recontractualiser rapidement. Le gouvernement s'est engagé dans cette voie avec le NCE dont je suis sûr qu'il sera un succès. Il faut l'élargir à de plus grandes entreprises très rapidement. C'était l'intérêt de ma proposition qui en vaut bien d'autres et qui avait été élaborée avant les dispositions gouvernementales.
Rédigé par: Aston | 08 octobre 2005 at 19:45
Bruno, pour simplifier, ce que j'essaye de dire c'est que de nombreux paramètres peuvent jouer en faveur de l'emploi ou en sa défaveur; mais que l'expérience m'a montré qu'aucun remède à la Diafoirus concocté par les plus savants de nos docteurs n'aura jamais l'efficacité qu'un supplément de liberté donné aux entrepreneurs aura sur leur moral. Ceci pour qu'ils puissent mener à bien de nouveaux projets sans craindre de devoir ensuite payer très cher et parfois au prix de leur entreprise, un excès d'audace. Je me rallie donc pour terminer ce débat entièrement à la proposition de Pierre. Le nouveau contrat social c'est la liberté de "contractualiser" l'emploi, la collectivité se devant elle d'assurer à ceux qui sortent du contrat, le moyen de subsister. Juste assez cependant pour qu'ils aient néanmoins l'impérieuse nécessité de ...recontractualiser rapidement. Le gouvernement s'est engagé dans cette voie avec le NCE dont je suis sûr qu'il sera un succès. Il faut l'élargir à de plus grandes entreprises très rapidement. C'était l'intérêt de ma proposition qui en vaut bien d'autres et qui avait été élaborée avant les dispositions gouvernementales.
Rédigé par: Aston | 08 octobre 2005 at 19:46
En l'état actuel, le NCE est une honte pour mon pays. Permettre à l'employeur de mettre fin à un contrat sans aucune justification permet de supprimer à l'employé tous ces droits. Je comprends totalement tout l'enjeu de "plus de souplesse dans la contractualisation" et j'y adhère mais il est ignoble de présenter ce NCE comme un élément permettant une quelconque avancée pour les employés.
A ce propos, les 1er cas de harcèlement sexuel sur la base de ce contrat ont déja eu lieu - et figurez vous que les employés n'osent pas en parler, c'est bizarre non ? -
-Ce NCE leur enlève même le droit à la parôle, c'est une véritable ignominie.
Mais vous avez diablement raison, ce NCE sera un grand succès.
Une bonne réflexion sur les moyens d'éliminer la précarité des employés permettrait peut être de combler ce fossé. Les danois, dont nos sales UMP ont abusés la comparaison, traitent ET le problème de la souplesse du contrat de travail ET la précarité qui va évidemment avec !
Rédigé par: Bruno | 09 octobre 2005 at 10:15