Périodiquement je partage avec vous les enthousiasmes que tel ou tel spectacle ou divertissement m'a inspirés.
Cette fois-ci je signale d'abord, mais avec retard, à votre attention une remarquable "biographie de l'équation", diffusée en début de soirée, dimanche dernier, sur Arte, sous le titre "E=MC2 Einstein ou la passion de la science".
Je reproduis ici le synopsis établi par la chaîne et visible sur son site internet:
"Berne, 1905. Le jeune Albert Einstein, fasciné par la réalité physique du monde qui l'entoure, s'interroge sur la vitesse de la lumière. Il s'apprête à faire une découverte qui révolutionnera la science moderne et la conception de l'univers…
Retour en arrière : au milieu du XIXe siècle, l'Anglais Michael Faraday parvient à prouver la relation entre champ électrique et champ magnétique, jetant ainsi les bases des futurs travaux d'Einstein. Un siècle plus tôt, Émilie du Châtelet, jeune aristocrate libre-penseuse, comprend l'importance des recherches de Leibniz et démontre l'unité entre énergie, masse et matière. Autant d'avancées essentielles qui aboutiront au début du XXe siècle à la fameuse équation E=MC²…
Voyage au cœur de la science, formidable adaptation du livre éponyme de David Bodanis, E=MC² est une captivante odyssée au cœur de la science moderne. Grâce à un éclairage historique constamment accessible, cette fiction documentaire permet au spectateur, même le plus néophyte, de comprendre comment les travaux des plus grandes figures scientifiques se sont mutuellement répondus et enrichis en transcendant les siècles et les frontières.
Pour autant, le film ne sacrifie jamais la dimension humaine de celles et ceux qui ont contribué à mieux appréhender le monde. On apprend ainsi que Michael Faraday, fervent chrétien, estimait que l'électricité allait l'aider à dévoiler les mystères de Dieu. Ou encore qu'Émilie du Châtelet, "concentré d'excès" comme la qualifie joliment Élisabeth Badinter, était une femme en avance sur son temps, éprise de liberté et peu soucieuse des convenances sociales. Quant à Albert Einstein, c'était un esprit génial certes, mais dont les obsessions scientifiques éprouvèrent durement sa vie familiale…
Les commentaires d'intellectuels comme Élisabeth Badinter ou Théo Klein offrent un éclairage supplémentaire aux images de fiction : tout en perçant peu à peu les mystères de la science, le spectateur ne perd pas de vue la perspective éthique. Une pédagogie nécessaire qui évite les raccourcis douteux – et pourtant tenaces – entre la théorie de la relativité chère à Einstein et la fabrication de la bombe atomique…"
Le livre de David Bodanis est actuellement en rupture de stock sur Amazon, mais le DVD de l'émission est disponible sur le site internet d'Arte.
Autre évènement que je crois digne d'intérêt. Alors que France 2 continue de diffuser "A la Maison Blanche" ("The West Wing")à des heures réservées aux noctambules invétérés et bien que nous en ayons déjà parlé sur ce blog, je mentionne à nouveau cette série, notamment, mais pas seulement, parce que la Saison 6 que j'ai pu acheter en DVD en Angleterre est marquée par l'irruption des blogs dans la politique américaine. Ce phénomène est connu, mais il est distrayant d'en découvrir la traduction télévisuelle. J'ajoute que cette sixième saison est tout aussi remarquablement construite, passionnante et pédagogique que les précédentes alors que Jed Bartlet entame sa dernière année de présidence et que les candidats à sa succession, démocrates ou républicains, entrent en campagne pour les primaires.
PS 1: A la suite du commentaire de Stéphane Bayle, posté aujourd'hui 20 octobre sur cette note, je crois utile d'ajouter qu'Elisabeth Badinter a publié un magnifique livre " Emilie, Emilie, l'ambition féminine au 18ème siècle " qui permet de tout savoir sur Emilie du Châtelet.
PS 2: Dans un commentaire, posté le 22 octobre, Didier propose une autre référence: "Pour Stéphane Bayle : pour Gabrielle Emilie Le Tonnelier de Breteuil , marquise du Chatelet, le livre de Mme Badinter est une référence, mais on peut aussi voir ce qu'en dit Mme du Deffand dans sa correspondance (Mme du Deffand n'est jamais tendre) et aussi "Mme du Deffand et son monde" de Benedetta Craveri, collection Essais au Seuil."
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