Calomnie...
"La calomnie est comme la guêpe qui vous importune et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu’on ne soit sûr de la tuer, sans quoi elle revient à la charge, plus furieuse que jamais". Cette Maxime de Nicolas de Chamfort a longtemps inspiré mon attitude quand je prenais connaissance des inexactitudes, des contrevérités et des insultes dont l’action que j’ai menée pendant douze ans à la tête de Gec Alsthom et d’Alstom faisait l’objet.
En particulier je me suis efforcé de rester impavide quand une auteure dont l’ouvrage, consacré à l’Inspection Générale des Finances, a connu un succès inversement proportionnel à sa qualité et à sa rigueur, a accumulé, à mon sujet, un maximum d’erreurs de fait et d’interprétation en y ajoutant pas moins de sept adjectifs insultants à mon égard. Deux heures d’entretien au Bar du Raphaël et un échange de courriels ne lui avaient même pas permis de rectifier les données factuelles les plus élémentaires. Il est vrai que, me déclarant d’emblée son hostilité, et sans doute l’antipathie, que je lui inspirais, elle n’était pas disposée à écouter ce qui pouvait, sinon les faire disparaitre, du moins les atténuer.
Je me suis interrogé à l’époque sur la réaction que je devais avoir. Je me suis très vite rendu compte qu’une action judiciaire au pénal ou au civil avait, compte tenu de la législation française en la matière, très peu de chances d’aboutir, qu’au demeurant, l’effet que je pouvais en attendre sur les lecteurs du livre qui le prendraient au sérieux serait extrêmement limité et qu’elle pouvait même contribuer à en renforcer la diffusion.
Désabusé, j’en avais conclu que, ne disposant pas en ce début du vingt et unième siècle et s’agissant d’une femme, des armes qui, au dix neuvième siècle, auraient été appropriées pour une telle circonstance, c’est-à-dire le soufflet et le duel, je n’avais d’autre option que de me taire et d’oublier.
Et d’autant plus, me disais-je, que, venant de publier mon livre, Quatre millions d'euros Le prix de ma liberté , peu de temps auparavant, les personnes qui souhaiteraient en savoir davantage sur mon action, pouvait désormais accéder sans difficulté à ma propre version.
Cet épisode m’est revenu en mémoire la semaine dernière alors que je lisais deux livres récents.
Le premier de Frédéric Charpier, chez Bourin Editeur, est consacré à L'obsession du complot. Il met en lumière la manière dont le mythe conspirationniste naît, se développe, s’amplifie et s’incruste dans l’inconscient collectif sans que, la plupart du temps, même les évidences les plus criantes puissent y mettre fin.
Le propos de l’auteur est d’analyser et de démonter de manière chronologique et documentée les épisodes les plus marquants de la saga conspirationniste qu’il fait commencer à la fin du dix huitième siècle à Londres avec la première théorie du complot de l’abbé Baruel qui révèle que la Révolution française" n‘est que le succès d’une machination infernale orchestrée par des sociétés secrètes(...) et n’est le fruit ni du hasard ni de l’improvisation". Franc-maçons, juifs, ploutocrates, papistes, communistes, complexe militaro-industriel et j’en passe, sont autant, tour à tour, d’inspirateurs et d’acteurs de ces complots auxquels l’imagination conspirationniste attribue la responsabilité directe de beaucoup de grands évènements de l’histoire. Depuis l’exécution de Louis XVI jusqu’aux disparitions de Pierre Bérégovoy et de la princesse Diana en passant par l’assassinat de John Kennedy et le 11 septembre, les circonstances de la plupart des grands évènements tragiques de l’histoire trouvent ainsi des explications d’apparence simple et cohérente auxquelles leur large diffusion assure au fil du temps un enracinement face auquel les efforts de ceux qui veulent rétablir périodiquement la réalité des faits ne peuvent être que vains et désespérés.
La conclusion de Frédéric Charpier est désabusée : "La crédulité, la superficialité et l’ignorance semblent devenues irrésistibles alors que les mutations du monde restent encore inexpliquées et à analyser. Or, comme l’écrit Hoftstadter, les théories du complot ne surgissent jamais inopinément. Destinées aux « esprits superficiels et paresseux », elles bourgeonnent lors de séquences historiques troublées ayant suscité une « grande anxiété » et prolifèrent sur la peur et l’incompréhension. Guerre, épidémie, disette, émigration, crise économique, monétaire ou sociale, révolution, assassinat à forte valeur symbolique, autant d’évènements dont on ne saisit pas toujours d’emblée les causes et auxquels on a souvent du mal à se résigner. La plupart des théories conspirationnistes naissent dans ces moments singuliers et tourmentés. Il faut donc s’en méfier, les repérer et les considérer pour ce qu’elles sont. Car au-delà de leur caractère symptomatique, elles ne constituent qu’un exutoire en trompe-l’œil. Elles dénaturent davantage les problèmes qu’elles n’aident à les comprendre. Elles n’apportent pas plus de solution qu’elles ne résolvent d’énigmes".
La résistance des théories conspirationnistes à l’évidence des faits confirme de manière extrême que rendre accessible au public une présentation honnête de la manière dont tel ou tel épisode, quelle qu’en soit la nature, s’est déroulé et compter que le temps permette à l’opinion de le regarder avec plus de sérénité et d’objectivité sont probablement illusoires. En effet la désinformation laisse des traces dans la mémoire et les archives et continue à influencer la perception de ceux qui s’y réfèrent à nouveau sans avoir la volonté ou l’opportunité de le réexaminer en profondeur.
Un deuxième livre, à travers la manière dont un épisode qui m’intéresse personnellement est évoqué, m’a confirmé dans cette opinion. En dépit d’un titre qui, cédant à l’air du temps, fleure la veine conspirationniste, Entre gens de bonne compagnie...Comment les maîtres de la Bourse trompent les actionnaires, l’œuvre de Solveig Godeluck, journaliste aux Echos, ne peut pour autant, en toute honnêteté, être rangée dans cette catégorie littéraire bien particulière, telle qu’elle est décrite par Frédéric Charpier.
Cette fois-ci, ce n’est pas l’Inspection Générale des Finances, du moins à titre principal, mais une autre institution, l’Autorité des Marchés Financiers, qui est dans le collimateur de cette autre auteure. Un extrait de l’introduction résume la thèse qui est développée :
"Grâce à la vigilance de la Cob, les mœurs se sont policées et les interdits gravés dans la culture boursière. Les patrons de la Cob ne se sont jamais vus en gendarmes. Pourtant, jusqu’en 1989, c’est bel et bien grâce à la peur –relative- et au respect –réel- que la Commission inspirait qu’elle a accompli sa mission. Le krach de 2000 et la crise de confiance qui s’est ensuivie sont l’occasion de s’en souvenir. Pour avoir négligé l’ingrate activité de censeur, l’Autorité des Marchés Financiers, l’AMF, qui a succédé en 2003 à la Cob est aujourd’hui confrontée aux pires critiques. A force d’hésiter à sévir, l’institution qui devait faire régner l’ordre sur la Place est suspectée de connivence avec l’establishment.
C’est un soupçon qu’ont confirmé au cours de cette enquête de nombreux anciens de la Cob et d’actuels agents de l’AMF. Trop d’investigations menées par l’institution ne débouchent sur aucune sanction ou presque, trop d’amis sont épargnés grâce à des conclusions atténuées, trop d’affaires ne sortent carrément jamais, alors que le maintien de l’ordre boursier était censé passer par des sanctions exemplaires. C’est un fait. Mais un tel secret entoure le gardien de la moralité des marchés que ces scandales émergent rarement au grand jour. Ceux qui ont osé les dénoncer en me parlant ont pris des risques. Car la Place parisienne est un tout petit monde, dans lequel rien n’est pire que de trahir ce genre de secrets".
Je garderai pour moi mon opinion sur le sérieux et la rigueur de la démonstration développée à l’appui de cette thèse. Chaque lecteur attentif aux détails pourra se faire son opinion sans avoir besoin de recourir aux confidences d’actuels agents de l’AMF que j’ai, entre parenthèses, quelque difficulté à imaginer menacés pour avoir parlé à l’auteure, même si leurs bavardages ne sont à l’évidence pas conformes aux normes déontologiques de leur profession.
Je me bornerai à relever et à commenter, au sein des quatre pages relatives à Alstom, les quelques lignes concernant directement ou indirectement la période où j’avais la responsabilité de cette entreprise, laissant à d’autres ou aux éventuels lecteurs le soin d’apprécier le reste.
Solveig Godeluck écrit ainsi :
"Cette volatilité est propice à la spéculation, d’autant qu’Alstom n’est pas protégée par un pacte entre grands partenaires industriels et financiers. En effet ses actionnaires d’origine, Alcatel et Marconi, ont quitté le navire en janvier 2001. Trois ans après avoir introduit en Bourse leurs filiales fusionnées Alsthom et GEC sous l’appellation provisoire de GEC Alsthom, ils ont laissé l’ex-directeur financier de la CGE, seul aux commandes. Après une carrière au service de l’Etat et des entreprises publiques, l’énarque se retrouvait soudain sans plus personne à qui rendre des comptes... sauf les invisibles petits porteurs et les lointains fonds de pension".
L’auteure a certainement raison de relever, comme elle le fait avant et après cet extrait, le caractère critiquable de la volatilité et de la spéculation qui entoure les penny stocks, situation dont Alstom est heureusement sorti aujourd’hui grâce aux initiatives prises par son management et approuvées par l’assemblée générale de ses actionnaires.
En revanche, comme je l’ai expliqué dans mon livre, autant la prise de contrôle totale de Gec Alsthom par l’un ou l’autre de ses actionnaires, Alcatel ou Marconi ou la fusion de Gec Alsthom avec Framatome, toutes solutions qui, dans le passé, ont été recherchées sans succès, auraient été, si elles avaient été possibles, préférables à l’introduction directe en bourse, autant "le pacte entre grands partenaires industriels et financiers", sans qu’on sache d’ailleurs lesquels, dont la finalité est essentiellement de protéger l’entreprise contre les offres publiques d’achat, n’aurait pas été dans l’intérêt de ses autres actionnaires et ne les aurait sans doute pas davantage protégé de la volatilité. J’ajoute que les exemples peu nombreux où de tels pactes ont existé ont rarement été probants soit qu’ils aient explosé au premier choc, soit que les dissensions entre partenaires qui se sont faits rapidement jour aient paralysé l’entreprise et distrait l’attention du management de sa tâche principale, gérer l’entreprise.
"L’appellation" dite" provisoire" de Gec Alsthom a duré neuf ans de 1989 à 1998, date à laquelle, introduite en bourse, l’entreprise est devenue Alstom.
C’est l’occasion de rappeler que" l’ex-directeur financier de la CGE" que j’ai effectivement été, mais pendant quatre ans seulement, après avoir eu pendant quinze ans une carrière de haut-fonctionnaire, spécialisé dans les affaires budgétaires, a aussi, au sein d’un parcours de vingt et un ans dans l’industrie, dirigé Gec Alsthom, puis Alstom pendant douze ans. Ainsi au moment où Alstom a été introduit en bourse, en 1998, j’avais déjà seize ans d’expérience industrielle derrière moi dont sept à la tête de l’entreprise. Sur mes vingt et une années, je n’ai passé que quatre années dans" une entreprise" transitoirement" publique", la CGE, que j’ai d’ailleurs privatisée avec Pierre Suard en 1986. J’ajoute enfin que ma désignation à la tête de Gec Alsthom et ma confirmation à la tête d’Alstom ont été décidées par Alcatel et GEC, totalement et irréductiblement privées.
Devenu président-directeur général d’Alstom, entreprise nouvellement introduite en bourse, j’étais effectivement "aux commandes", mais certainement pas"seul et sans plus personne à qui rendre des comptes" ! Faut-il relever que ma situation n’était pas différente de celle de n’importe quel responsable de société cotée et que le conseil d’administration d’Alstom, auquel je rendais compte, était formé d’hommes d’expérience aussi bien dans le domaine industriel et financier et avait sans doute la plus forte composante internationale du CAC 40, comme on peut s’en convaincre en se reportant aux rapports annuels de l’entreprise pendant cette période.
Solveig Godeluck reprend ensuite un autre poncif, inlassablement répété. Elle écrit :
"Quant aux caisses, elles étaient vides. Non seulement les deux maisons-mères avaient ponctionné 1,2 milliards d’euros de dividendes exceptionnels à l’occasion de la mise en bourse mais en plus Alcatel s’était déchargé sur le nouvel ensemble de sa filiale d’ingénierie Cegelec pour 1 ,6 milliard d’euros. Ces fonds propres ont manqué à l’entreprise lorsque le marché s’est retourné et qu’elle a essuyé une série de revers : rachat des turbines défectueuses d’ABB, faillite de son client le croisiériste Renaissance Cruise, ratages dans le chemin de fer britannique...
"
Qu’Alstom aurait été en meilleure situation en 2003 avec 1,2 millions d’euros de fonds propres en plus, c’est une vérité que M.de La Palisse n’aurait pas reniée. Mais comme je l’ai expliqué dans mon livre, dire cela n’éclaire en aucune façon la question, car en 1998, le dividende exceptionnel a été bien accueilli et approuvé par la communauté financière comme étant un acte de saine gestion de la part d’Alcatel et de Marconi et comme renforçant l’effet de levier propre à Alstom. Dans ce concert quasi-unanime, la voix du management, mettant en garde contre un bilan trop tendu compte tenu de la nature des activités de l’entreprise, perçue comme totalement ringarde, n’était pas et ne pouvait pas être écoutée, tant elle était contraire à l’air du temps.
Pour autant faut-il davantage charger la barque avec la ritournelle Cegelec que j’ai rectifiée dans mon livre et par diverses mises au point dans plusieurs journaux et revues. En effet, à l'évidence, l’acquisition de cette entreprise qui correspondait à une nécessité stratégique pour Alstom ne réduisait pas ses fonds propres. En outre le chiffre cité qui correspondait à la valeur d’entreprise inclut le cash qu’elle apportait de sorte que le décaissement d’Alstom pour l’acquisition était limité à 500 millions d’euros. J'ajoute, sans rentrer dans les détails que j'ai expliqués dans mon livre, que l'acquisition de Cegelec, puis la revente d'une partie de son activité, celle d'entreprise régionale, qui en a repris le nom, s'est au final révélée une excellente affaire pour Alstom.
Pour être complet, il me faut relever également l’expression imprécise et spécieuse, pourtant si souvent utilisée, rachat des turbines défectueuses d’ABB ! Ce qu’Alstom a racheté à l’époque, c’est toute la branche production d’énergie d’ABB dans laquelle les turbines à gaz ne représentaient qu'un quart du chiffre d'affaires, lequel incorporait ainsi d'autres activités dont beaucoup se sont révélées fructueuses par la suite. Certaines de ces turbines à gaz, les GT24/GT26, déjà commandées ou même livrées aux clients, ont malheureusement révélé plusieurs mois après l'acquisition des défauts majeurs d'une extrême gravité et d'une étendue exceptionnelle dont la rectification, maintenant brillamment achevée, a été à l’origine de la crise financière qui a suivi et qui est aujourd'hui surmontée.
Dernier extrait :
"Depuis 2002, le groupe n’a cessé de délivrer des informations inexactes, affirment les Echos le lendemain (du 12 mars 2003), pointant une dette de 5,3 milliards d’euros en mars 2002 au lieu des 2,1 milliards officiels à l’époque. « L’augmentation de capital de 636 millions d’euros, réalisée par Alstom en juin 2002, aurait-elle connu le même succès, si le véritable montant de la dette avait été clairement signifié par le groupe aux investisseurs ? » (Les errements d’une communication financière désastreuse, La Tribune, 13 mars 2003). « Qui peut encore ajouter foi aux informations délivrées par Alstom aux marchés financiers ? », interroge le journaliste".
Mesurant sans doute la gravité des imputations qu’elle relaie ainsi, l’auteure assortit cette dernière citation d’une note en bas de page :
"En décembre 2004, la commission des sanctions de l’AMF a mis hors de cause le directeur financier Philippe Jaffré car il était simple salarié et non dirigeant social. Elle a également blanchi Pierre Bilger. Le communiqué du 13 mars ne saurait lui être imputé puisqu’il n’exerçait plus aucune responsabilité en matière de communication financière depuis décembre 2002, a jugé l’AMF".
Ainsi d’une part, la fausse information selon laquelle tous les éléments de la dette n’auraient pas été révélés au public en mars 2002 et que tout un chacun pouvait corriger sans difficulté en lisant les documents publiés par l’entreprise à cette époque est répétée, sans même tenir compte des nuances que les articles cités avaient eux-mêmes introduites en mars 2003. Et d’autre part, ma "mise hors de cause" est présentée comme relevant de considérations formelles.
Or il suffit de lire attentivement la décision de la Commission des sanctions de l'AMF , à la disposition de chacun sur le site Internet de cette institution, pour constater que l’enquête lancée par le Directeur général (à l’époque, 18 juin 2003) de la Commission des Opérations de Bourse portait sur l’information financière délivrée par Alstom "à compter du 31 décembre 2001" et incluait donc par définition celle de mars 2002 et plus généralement celle délivrée à l’occasion de l’augmentation de capital de juillet 2002. A l’issue de cette enquête, particulièrement approfondie, qui a duré plusieurs mois, le collège de l’AMF n’avait retenu que deux griefs et la Commission des Sanctions, autorité ultime, souveraine et indépendante en la matière, aucun. La question de la communication financière au cours de l’année 2002 a donc été examinée et tranchée au fond. Est-il nécessaire de souligner, comme le montre au demeurant l’annexe 2 du livre de Solveig Godeluck, que la Commission des Sanctions ne comporte parmi ses membres aucun inspecteur des finances !
Je laisse aux lecteurs de cette note le soin d’apprécier à la lumière de ces trois extraits et de mes commentaires, si l’image que donne le raccourci de l’auteure de ce livre reflète correctement la réalité ou se borne à résumer plutôt les approximations médiatiques développées à l’époque.
Au terme de ce propos, je me rends compte que le caractère laborieux de mes explications apporte la meilleure démonstration possible de la difficulté de déraciner les fausses informations et interprétations, une fois qu’elles ont été émises et répétées. Le fait que beaucoup de journalistes et d’auteurs cherchent leur documentation dans les articles qui ont traité précédemment le sujet qu’ils évoquent, sans nécessairement avoir le temps ou l’envie de se reporter aux sources ou d’interroger directement les personnes concernées, explique cette situation.
Je n’ai pas beaucoup d’espoir de mettre fin à la propagation de ces fausses informations. Mais à tout le moins aurai-je essayé et celui qui voudra en savoir plus disposera d’une autre source quelque part sur le web... grâce à Google !

Savez-vous ce qui est embêtant, avec votre blog ? C'est le sentiment de vous voir faire brillament le tour des questions que vous évoquez. C'est aussi mon plein accord avec la majeure partie de vos opinions.
Que dire de plus que : "vous avez bien raison, monsieur Bilger".
l'ouvrage que vous citez sur les théories conspirationnistes m'intéresse beaucoup. Le fait que vous y fassiez référence me laisse espérer, sans flatterie inutile, qu'il soit d'une rigueur suffisante pour mériter sa lecture.
Vous dirai-je que ce type de considérations conspirationnistes m'a semblé interférer dans le choix de certains électeurs lors du référendum du 29 mai ? Ce serait m'écarter du sujet, mais je le pense tout de même.
J'avais lu, il y a un certain temps, Rumeurs, de Jean-Noël Kapferrer et, globalement, les ressorts des rumeurs comme des théories du complot me semblent se rejoindre.
Peut-on penser que ces théories fleurissent davantage lorsque le pays se porte mal ? Lorsque, donc, les citoyens sont portés à la défiance ? Ca ne me semble pas impossible, toutefois, si tel est le cas, cela signifie que la france va mal depuis un moment.
J'apprécie tout particulièrement vos deux derniers paragraphes, tout "désabusés" qu'ils soient. Avez-vous lu "face à la calomnie" de Baudis ? J'ai été frappé de constater qu'après l'avoir lu, et malgré les condamnations prononcées, le crédit que l'on accordait à ses explications dépendait assez fortement de l'opinion générale que l'on a de la personne, de son "envie" de le croire, ou non...
J'ai beaucoup de travail devant moi aujourd'hui, mais j'ai bien envie de consacrer un billet au vôtre. Peut-être contribuerai-je ainsi au bon référencement de votre version par google ?!
Rédigé par:koz | le 23 septembre 2005 à 11:40
Merci pour cette page nécessaire pour le jeune et récemment petit actionnaire d'Alstom que je suis.
Un ex-PDG d'Alstom n'est pas meilleur que lorsqu'il parle d'Alstom et de ses faits (en dehors de toute subjectivité et digression)!
Par ailleurs cette journaliste semble empreinte de ces défaut très français et très propre à son journalisme qui sont la quantité de ses présupposés idéologiqes (surtout lorsqu'il discours à propos du grand capital, qui traduit son manque de culture financière: les références s'arrêtent à Marx...), et son manque cruel d'ouverture à ce qui se fait ailleurs.
Rédigé par:Engrangeur | le 13 octobre 2005 à 23:45
Les thèses conspirationnistes ne font souvent que répondre à la thèse conspirationniste officielle livré par la police d'État.
Il FAUT croire aux complots : cela veut dire simplement se méfier sagement de la version officielle.
Rédigé par:Croco | le 31 août 2006 à 22:33
Merci de cet excellent commentaire,
Ayant moi-même connu à vivre avec des propos diffamatoires, et ayant réagis, je suis en parfait accord avec ce que vous avancez, mais ce qui me fais davantage de bien, est la lecture de votre histoire.
J'hésitais à publier la mienne, vous me montrez la voie à suivre.
Merci
Je vous place dans les liens sur mon blogue.
Bonnejournée
Rédigé par:Suzanne Tremblay | le 10 décembre 2006 à 17:35
Je vous y encourage!
Rédigé par:Pbi | le 11 décembre 2006 à 17:16
Bonjour Monsieur,
J'ai parcouru d’un œil amusé l’affligeant ouvrage de Charpier, que vous évoquez sur votre blog.
Pour ma part, je l'ai trouvé d'une louche indigence – la généalogie des illusions me paraissant une stratégie d’escamotage des coups tordus ; en sorte que déconstruire le fumeux bavardage de l’abbé Paul Barruel finissa par jeter de fait un interdit sur l’examen des agissements pour le moins glauques de telle ou telle puissance…
L'auteur a visiblement toutes les peines du monde, s'agissant par exemple du 11 Septembre, à concevoir que l'on puisse (c'est mon cas), sur la base d'une enquête approfondie (à laquelle il est même d'autant plus urgent de se livrer par et malgré soi, que les Médias auront, sur ce point comme sur d'autres, témoigné d'une incompétence sensationnaliste totale et d’un suivisme offensant du Pouvoir) - à concevoir disais-je, que l’on conclue à l'évidence, je dirais même l’irréfutabilité d'un crime fomenté de l'intérieur, et cependant refuser de verser dans cette fameuse "théorie du complot" qui irrite tant les esprits sérieux et les coeurs pondérés. Théorie dont il n'est certes pas besoin d'être grand clerc pour refuser le systématisme et la magie. Qu’en somme appréhender la géopolitique dans les termes du plus sourcilleux rationalisme, n’exclue pas la sagesse tragique, l’intelligence « shakespearienne » de l’Histoire : c’est bien l’oncle d’Hamlet, avec la complicité de sa mère, qui a tué son père… Et je ne déplore pas moins la FOLIE des néo-conservateurs américains que celle de l’illuminé David Icke, avec ses reptiliens et autres martiens de l’ombre.
Charpier (comme avant lui Taguieff, que j'ai vu naguère mieux inspiré, dans sa volumineuse Foire aux Illuminés) dissèque chez ceux qu’insupportent les dérives oligarchiques de nos "démocraties" une tendance régressive au manichéisme : pourtant, le manichéisme me paraît davantage perceptible chez celui qui estime que tout est faux sur le Web anarchiste parce que tout est vrai dans nos médias homologués ; que d'un mot fermer sa télé, c'est nécessairement basculer dans la chimère parano. Personnellement, et pour en revenir au 11/9, je persiste à dire - contre tous les Charpier sentimentaux de la terre - que la thèse de l'Inside job est la SEULE rationnelle une fois pris connaissance de chaque élément du dossier (pic pétrolier, notamment...) Et que l'irrationalité réside précisément dans l'a priori éthique (« mais non, ils ne feraient jamais ça… »).
Pour conclure, je dirais que faire l’histoire de la paranoïa n’éclaire en rien l’éternelle agressivité des Pouvoirs, que la Technique rend désormais exponentielle…
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.
Rédigé par:Guit'z | le 28 janvier 2008 à 19:40