La fondation franco-japonaise Sasakawa, présidée par M.Shigeatsu Tominaga a organisé hier soir un concert au Théâtre du Chatelet à l’occasion de son quinzième anniversaire.
Le programme de cet évènement auquel nous avons eu le plaisir d’assister comportait deux parties.
La première a permis à deux pianistes et à sept chanteuses, jeunes artistes japonais en résidence à Paris grâce à la Fondation pour y suivre pendant six mois les cours de chant de Sabine Vatin, le Chef de Chant du Théâtre du Chatelet, de se produire en public en nous offrant des duos et des trios d’opéra de Fauré-Messager, Massenet, Mozart, Ibert-Honegger et Strauss.
A elle seule, cette première partie valait le déplacement non seulement à cause du talent naissant et réel de ces jeunes interprètes et de la manière subtile dont était organisée la continuité entre les divers extraits présentés, mais aussi par le sentiment d’universalité que produisait l’appropriation de la musique occidentale par ces artistes naissants du pays du Soleil Levant. Ce dernier sentiment a été encore accentué quand en fin de première partie, ils ont interprété, pour remercier les spectateurs de leur enthousiasme, un magnifique chant populaire japonais.
Mais le clou de la soirée était constitué par la deuxième partie qui était consacrée à un récital de Stomu Yamash’ta. Je dois dire à ma grande honte que j’ignorais tout de cet artiste tout comme j’étais totalement insensible à la musique percussionniste. J’ai donc eu deux révélations hier soir.
Ces sons, nouveaux pour moi, agencés avec une remarquable maîtrise, sont produits notamment à partir de pierres Sanukite. Cette roche volcanique qui date d’environ 13 millions d’années, donnant l’apparence d’un grain fin et vitreux, a une résonance cristalline et douce. Le programme qui nous a été distribué nous explique que Stomu Yamash’ta considère que la musique occidentale est fondée sur 88 sons, correspondant aux 88 touches du piano et créant un univers de sons absolus. Le Sanukitophone qu’il utilise comprend une gamme plus large que le piano avec une octave de plus en haut et une octave de plus en bas, ce qui lui confère un nombre presque infini de sons relatifs, considérés dans la musique occidentale comme dissonants.
Stomu Yamash’ta nous a ainsi offert une musique, invitant à la méditation et à la spiritualité, apaisante, irréelle, en un mot, belle et douce. L’artiste a trouvé son inspiration dans la spiritualité boudhiste et s’est imposé comme le compositeur et l’interprète le plus en vue de cette discipline musicale, mettant son talent au service des plus grands orchestres mondiaux. Son récital d’hier soir à Paris était unique. Je n’ai trouvé dans le catalogue d'Amazon.fr qu’un seul disque CD, Sea & Sky de cet artiste exceptionnel, disque que je viens de commander. Ne l’ayant pas encore écouté, je ne le garantis pas, mais c’est peut-être une première manière de faire sa connaissance et de retrouver ce sentiment de paix et de plénitude qu’il nous a fait partager hier soir de manière éphémère.
