Le deuxième tableau que j'ai extrait des données collectées par Dominique porte sur l'économie. Vous pouvez y accéder en cliquant sur la vignette qui figure au bas de cette note.
Il en résulte quelques constats simples:
- L'Union européenne est une grande puissance économique dont le produit intérieur brut dépassait en 2002 celui des Etats-Unis, mais, la même année, n'en représentait que les deux tiers par tête d'habitant tout en se situant, à ce dernier point de vue, au même niveau que le Japon.
- En-dehors du Japon, les autres grands ensembles économiques, Chine, Inde, Brésil et Russie se situent encore loin derrière.
- La croissance économique cumulée sur dix ans de 1992 à 2002 fait apparaître une situation contrastée: il n'y a que la Russie et le Japon qui aient fait plus mal que nous sur cette période; en revanche les Etats-Unis nous ont distancé de 14 points de croissance sans parler de la Chine qui explose et l'Inde qui décolle tandis que le Brésil qui a fait mieux que nous, a fait moins bien que les Etats-Unis.
- Un autre indicateur est particulièrement intéressant, la part des exportations dans le produit intérieur brut. Trois de ces ensembles économiques sont tributaires significativement de leurs exportations, la Chine, la Russie et, à un moindre degré, le Brésil. Par contre les Etats-Unis, le Japon et l'Union européenne en dépendent beaucoup moins. Pour l'Union européenne, le taux était de moins de 10 % en 2002 alors qu'il était la même année aux alentours de 25 % pour la France et la Grande-Bretagne et proche de 38 % pour l'Allemagne.
- Le pourcentage de la dette publique par rapport au produit intérieur brut est pratiquement équivalent dans l'Union européenne et aux Etats-Unis aux alentours de 63%. Elle explose en revanche à 164% au Japon, mais reste raisonnable en Chine et en Russie à environ 30 % tandis que l'Inde rejoint les niveaux européen et américain.
- La comparaison des taux de chômage est à effectuer avec précaution, comme le montre Le rêve européen de Jeremy Rifkin. Il n'en reste pas moins que la performance européenne est moins bonne que celle des Etats-Unis.
De cette comparaison encore trop parcellaire, je retire deux sentiments:
- La mondialisation des marchés financiers pousse à appréhender l'économie de manière globale. Ces données laissent cependant penser que l'économie réelle reste encore très continentale et que donc l'essentiel du travail de remise en ordre économique et sociale doit s'effectuer au niveau de l'Union européenne elle-même, quelle que soit l'importance que le prisme médiatique attribue, par exemple, aux délocalisations ou aux aventures industrielles ou commerciales exotiques.
- La position de départ de l'Union européenne n'est pas malsaine, en ce sens que des marges de manoeuvre importantes subsistent, par exemple, en termes de situation financière ou de potentiel d'exportation.
D'où une conclusion que tous ne partageront pas: il est urgent de mettre en route un fonctionnement politique de l'Europe qui permette enfin d'attaquer ensemble les blocages qui l'empêchent d'avancer aussi vite que cela est à la fois souhaitable et possible.
Annexe: Download union_européenne.xls
