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08 avril 2005

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Voici les sites qui parlent de François Bilger: L’école de Fribourg, l’ordolibéralisme et l’économie sociale de marché :

» Ordo-libéralisme de Copeau
Je vous invite à lire cet article de François Bilger, paru sur le blog de Pierre, et consacré à l'ordo-libéralisme, fondement de l'économie sociale de marché. Il prolonge ce que nous avions rédigé pour le wiki, et constitue donc une bonne approche... [Lire la suite]

Commentaires

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Fulcanelli

Article intéressant qui éclaire plusieurs points essentiels. J'en retiendrais deux ou trois

1 Le fait qu'une politique économique peut évoluer, cf. les assouplissents socio-démocrates contre la rigidité ordolibérale. Il va sans dire que les assouplissements sont maintenant dans le camp des libéraux et la rigidité du côté des socios.

2 Changement de sens (dans l'acception idéologique et technique). L'Europe est en phase avec les orientations de la maison Bush qui cherche à liquider le paradigme Keynes. La preuve, le pacte de stabilité qui impose de coller à la rigueur et interdit tout retour à une gouverance économique selon l'ancien paradigme. Nous vivons une crise de 29 surmontée. Les sociétés s'accomodent avec le chomage massif.

3 C'est peut-être cela la fin de l'Histoire, le consensus économique mondial, la production et la transformation technologique comme fin assignée à l'action humaine.

Eddy

Pierre, pense à faire des articles baucoup plus courts stp.
Quitte à en faire plusieurs sur le même sujet.
Parce que là, il faut passer 2h à le lire et ça donne pas vraiment envi de participer =)

Enfin bon, fait comme tu veux ... c'est juste mon avis ;)

+++

PBi

Eddy,
Merci pour ta remarque qui est judicieuse et dont je tiendrai compte à l'avenir.
Pierre

~laurent

Pierre eddy a raison ;) mais cependant ce rappel historique est passionnant et éclairant pour l'avenir.
Encore une fois merci de la qualité de votre travail.

Ma première réflexion est que ce système mis en place par les allemand a montré son efficacité et que les dernière réformes entammée par le chancelier de gauche sont courageuses (En france on est un peu en retard .. un peu ...)

Le chapitre intitulé Contrôle me fait réagire car j'ai l'impression que c'est un point important dans le rejet de cette constitution.

> MANQUE DE CONTRE POUVOIRS : L'EXEMPLE AMERICAIN

On qualifie souvant l'économie américaine d'ultra-libérale. Cela signifie dans notre esprit notamment que la dimention sociale est abandonnée au profit de la seule dimension économique.

Mais j'ai l'impression que dans ce mot se cristalise aussi le rejet d'un système aux mains d'intérets économiques qui interviennent de plus en dans la vie des gens :
- La geurre en Irak
- Le rejet du protocole de kyoto
- Les forages en Alaska
- etc ...

Tout cela est possible me semble t'il par un affaiblissement des contres pouvoirs :
- concentration dans les médias
- suppression de l'information au profit de la publicité politique
- etc ...

Quand certains parlent de constituion ultra-libérale ils ont peur que notre Europe ressemble à l'Amérique de georges Bush (je précise bien celle de Georges Bush et non l'Amérique des américains).

> EUROPE : L'EXEMPLE DE L'ITALIE

Nous avons connu en Italie un accident démocratique qui fait ressembler certains pays d'Europe aux USA de georges Bush : un mélange total et dangereux du pouvoir privé et du pouvoir politique. En quoi la constitution nous apportera nous empéchera de connaitre pareille situation ?

> DEMOCRATIE DIRECTE ?

On est peut être à un moment de l'histoire ou les peuples (d'Europe) ont l'éducation nécessaire et les moyens d'information et de consultation (chaines cablées, internet ) permettant de mettre en place un début de démocratie directe ...

Fulcanelli

Pierre, je trouve au contraire le texte d'une longueur convenable pour expliquer une généalogie des idées économiques. Surtout ne pas saucissonner un tel texte.

hayekFan

En revenant au blog apres un long voyage, je suis ravi des initiatives pedagogiques sur le liberalisme moderne, que j'ai l'illusion d'avoir en partie declenchees grace a mon alias.
J'en remercie tout particulierement M. Pierre Bilger.
Je vois aussi que la devise de ce petit cours sur le liberalisme a ete indeniablement "si parva licet componere magnis"! En faits, pour un souci de generalite, il aurait ete dommage de se taire sur l'ecole de Fribourg, mais comment y consacrer plus de lignes qu'au plus grand economiste du XX siecle, qui a contribue a faire connaitre cette ecole en y etant professeur?
L'ordoliberalisme a montre depuis longtemps ses terribles limites, en entrainant le plus riche et puissant etat europeen dans une spirale de chomage, deficit budgetaire et decroissance dans laquelle certains voudraient plonger l'Europe entiere. Et tout cela dans un contexte de forte croissance mondiale, (aux puissances liberales comme aux puissances dictatoriales), d'avantage technologique certain (pour combien d'annees encore?), d'occupation systematique des postes cles de la burocratie europeenne (qui lui permet entre autre l'arrogante violation des criteres de stabilite de Maastricht) et de barrieres protectionnistes sur la propriete de banques et industries.
Malgre ces atouts probablement temporaires, l'ordoliberalisme a produit la societe plus injuste qui soit en Europe, ou un enorme nombre de chomeurs cotoie le plus nombreux group de milliardaires en dollars apres les USA.
On a applique exactement ce que Hayek indiquait comme gros danger: on a gonfle prix et salaires, en detruisant la competitivite economique. Et face au vieillissement et aux budgets explosifs d'un Welfare demesure, une forte baisse du niveau de vie parait inevitable, pendant que le differentiel des taux de croissance, fait pronostiquer facilement le depassement de la part du Royaume Uni, qui ravirait aux mal governes Allemands la place de premiere economie europeenne.

François Bilger

Hayekfan, désolé de répondre si tardivement à vos remarques, mais elles m'avaient échappé en son temps et c'est un peu par hasard que je viens d'en prendre connaissance.

Je voudrais d'abord vous dire que, moi aussi, je suis un "Hayekfan" et ce d'autant plus que j'ai eu l'occasion de rencontrer ce grand homme aux réunions de la "Mont Pélerin Society" dont il était le fondateur et président d'honneur et qu'il m'a en outre fait l'honneur de présider l'une de mes conférences à l'Université de Fribourg peu avant sa mort. Mais, pour décrire la naissance et le développement du concept d'économie sociale de marché en Allemagne, auquel Hayek était en partie opposé, il était indispensable de présenter d'abord de manière quelque peu détaillée l'école de Fribourg qui en a été l'initiatrice et l'ordolibéralisme qui en a été le principal fondement doctrinal.

Il est vrai qu'après avoir été considérée pendant près de cinquante ans comme un modèle remarquable d'organisation économique et sociale, l'image de l'économie sociale de marché pâtit aujourd'hui des difficultés persistantes de l'économie et de la société allemandes. Mais je crois qu'on aurait tort de considérer cette conception comme historiquement dévalorisée ou dépassée. D'abord parce que cette conception est, comme je l'ai montré, susceptible d'évolution et de rénovation et que c'est d'ailleurs ce qui se produit en ce moment même avec les réformes de Gerhard Schröder, sans doute renforcées par Angela Merkel si celle-ci accède au pouvoir, réformes visant à gommer certains aspects sociaux du système qui ne correspondent d'ailleurs pas à la doctrine ordolibérale et à mieux adapter de cette manière l'économie au défi de la mondialisation. Ensuite et peut-être surtout parce que les contre-performances actuelles de de l'Allemagne sont avant tout dues à trois événements exceptionnels concomitants ( voir à ce sujet mon article "Les trois chocs de l'économie allemande" dans "Problèmes économiques" du 9.6.2004 ): la réunification allemande qui entraîne depuis 1990 ( et jusqu'en 2019! ) une charge budgétaire annuelle d'environ 4% du PIB, soit à peu près le déficit total du budget allemand - la libéralisation et l'intégration européenne des pays d'Europe centrale et orientale qui entraîne la délocalisation de la majeure partie des investissements industriels ouest-allemands au détriment surtout de l'Allemagne de l'Est - enfin la création de l'Union monétaire européenne qui entraîne une politique monétaire trop rigoureuse par rapport à la faiblesse de la croissance et de l'inflation allemandes.

Il y a bien sûr encore d'autres facteurs très négatifs, comme le déclin démographique, mais il y a aussi dès à présent, en-dehors même des réformes en cours, des facteurs positifs qui annoncent une prochaine remontée des performances allemandes. La modération systématique de la hausse des salaires et des prix, une structure de production industrielle toujours très performante et aussi les importations à bas prix à partir des usines délocalisées en Europe centrale assurent à présent à l'Allemagne une compétitivité internationale remarquable et la place de premier exportateur mondial. Ces performances extérieures exceptionnelles suscitent d'ores et déjà une forte considération, surtout en comparaison avec les difficultés de la France dans ce domaine. Elles ont déjà permis d'arrêter le déclin de la demande interne, elles finiront par entraîner sa reprise. Je crois donc qu'il serait prématuré d'enterrer le modèle de l'économie sociale de marché. Dans la mesure où son succès est fonction des performances de l'économie allemande, je parierais plutôt sur son retour d'ici quelque temps.

Je tiens toutefois à préciser pour finir que, si je pense depuis longtemps que ce modèle est bon pour l'économie allemande, je suis tout aussi convaincu depuis longtemps qu'il ne peut être transposé tel quel à l'ensemble de l'Europe et que pour l'Union européenne dans son ensemble, nous ferions mieux de substituer le modèle américain au modèle allemand. Mais ceci est un autre débat.

Claude

@François Bilger

Merci Cher Maitre de me permettre de me délecter à nouveau et hélas presque 40 ans plus tard de ce très intéressant exposé, qui me rappelle mes années de Sciences Eco à Strasbourg sous votre aimable férule.

Très respectueusement.

Xavier Delcourt

Cher collègue,
J’ai découvert l’existence de votre blog à l’intersection de probabilités googliennes et d’un arrière plan de références que je dois pour beaucoup à Michel Foucault, qui utilise abondamment votre livre de 1964 dans son cours de 78-79 au collège de France, publié en septembre 2004.
J’y suis arrivé par l’économie sociale de marché, qui constitue l’un des objets par lequel je ferai rentrer cette année les étudiants en journalisme du CUEJ dans l’actualité européenne (débat constitutionnel et conseil européen extraordinare oblige). Je vous remercie pour cet exposé éclairant : la difficulté conceptuelle, pour moi, ne résidait pas tant dans la perspective normative de l’ordo libéralisme, que dans le type de compromis concret et mobile sur lequel la façon de faire allemande s’est édifiée. Disons que l’autre (les autres) versants me donnent plus de fil à retordre, et que votre analyse m’aide précieusement à réperer des composantes, ce qui n’est pas très facile lorsqu’on ne parle ni ne lit l’allemand.
Mon projet est de reconstruire cette problématique de l’économie sociale de marché en mettant en évidence, à côté de l’équipement intellectuel compliqué et peu opératoire des français, les grandes formes de pensée qui s’affrontent autour d’elle sous la poussière d’une anecdotique bataille des chefs. Bref : d’ouvrir l’esprit de mes étudiants sur les raisons de penser autrement, qui sont l’un des bénéfices inestimables de la construction européenne, et l’un des requisit professionnels de base, à mon avis, pour traiter son actualité .
Il y a bien sûr l’ordolibéralisme et ses vis à vis intérieurs, et le néo-libéralisme douloureux de la troisième voie (clintono)-blairienne . Là dessus, mon défrichage progresse (je suis en particulier plongé dans l’étonnant parcours de Röpke, remarquable écrivain par ailleurs, qui occupe une situation intermédiaire très heuristique entre ordo libéraux et néo-marginalistes autrichiens). En revanche, je bute sur la terra incogita (pour moi) de la pensée scandinave et de son système de référence pour articuler le social et l’économique, ou plutôt le social et le marché concurrentiel. Par où y entrer ? Auriez vous, là dessus des lumières ? Je vous
serai très reconnaissant si vous pouviez me donner quelques indices pour cette exploration.
Très cordialement

Céline Caro

Monsieur Bilger,
je ne sais pas si ces discussions sur l'ordolibéralisme allemand sont encore pour vous d'actualité, mais au cas où, je serais ravie d'être éclairée sur un point tout particulier.
Vous écrivez en effet dans votre exposé tout à fait passionnant que l'ordolibéralisme prévoit des politiques ordonnatrices et régulatrices et en particulier,des politiques sociales/sociétales. Vous évoquez en particulier dans ce domaine la protection de l'environnement et du cadre de vie.

Il y a-t-il des textes ou des discours de référence dans ce domaine? Le ministre, puis chancelier Erhard a-t-il pris des mesures environnementales entre 1949 et 1966?

En d'autres termes, peut-on voir un lien entre ordolibéralisme et écologie?

Merci d'avance pour votre réponse.
Cordialement,
Céline Caro

PBi

A Céline Caro,
Je réagis avec retard à votre question.
Comme vous l'avez vu, c'est mon frère François qui est l'auteur de cette note qui a attiré votre attention et surtout le spécialiste français de la question.
Je lui transmets votre interrogation et il vous répondra certainement directement.

José Manuel Ribeiro de Almeida

M. Bilger:

1. Peut-on réconcillier da SMw (Soziale Marktwirtschaft) et la DSE (Doctrine Sociale de l'Église) ?

2. Dans le cas affirmatif, comment peut ça ce faire?

Merci bien de votre attention,

José Manuel RIBEIRO DE ALMEIDA

François Bilger

Je crois qu'une entente entre libéralisme économique et christianisme social est tout à fait possible. La meilleure preuve en est précisément la Soziale Marktwirtschaft. Comme je l'ai indiqué dans le texte ci-dessus, l'économie sociale de marché a été conçue initialement par la CDU comme une combinaison des principes ordolibéraux, pour le système économique, et de recommandations chrétiennes-sociales, pour le système social. Par la suite, d'autres idées, surtout social-démocrates, ont influencé l'évolution du système, mais l'inspiration initiale a persisté dans une large mesure. (Sur les débats qui ont mené en Allemagne à cette synthèse, je me permets de vous renvoyer au livre qui est reproduit sur mon blog à l'adresse www.fbilger.com).
Est-ce à dire que cette combinaison soit parfaite ou la seule concevable? Ceci est une autre question qui mériterait d'être toujours réétudiée par ceux qui se veulent à la fois chrétiens et libéraux, en fonction d'une part de l'évolution économique et sociale du monde et d'autre part de l'expérience allemande. On peut en tout cas constater qu'il y a eu dans ce domaine un fort rapprochement des conceptions depuis le 19è siècle où christianisme social et libéralisme économique s'opposaient diamétralement. Les ordolibéraux en particulier ont abandonné très clairement leur philosophie primitive au bénéfice d'une philosophie largement inspirée du christianisme, tandis que l'Eglise a reconnu, dans des Encycliques publiées depuis une trentaine d'années sur les questions économiques, la supériorité de l'économie de marché sur les autres systèmes économiques, même si elle en conteste encore certaines conséquences sociales ou internationales. Il y a donc encore un effort de réflexion à faire, sans doute de part et d'autre, mais il n'y a pas, à mon avis, d'autre alternative.

José Manuel RIBEIRO DE ALMEIDA

M. le Professeur Bilger,

Je m’excuse de mon retard.

Je vous remercie sincèrement de votre attention et des vos lucides éclaircissements au sujet de la relation SMw/CS,DSE.

J’ai déjà téléchargée votre magistral opus magnum, La pensée...

Lors de ma licence en droit, en lisant la dissertation de doctorat de M. le Prof. Pitta e Cunha, Expansion et Stabilité (1972), j’ai trouvé pour la première fois une mention a votre livre dans bibliographie et dans le texte de la dissertation. Puis, pendant des années j’ai infatigablement cherché le livre, mas hélas je n’ai jamais réussi a cause de l’épuisement de l’ouvrage. Voilà l’opportunité d’or! .

Cordialement,

José Manuel Ribeiro de Almeida

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