Dix semaines nous séparent de l’échéance décisive. C’est en effet le dimanche 29 mai que chacun de nous sera appelé à répondre à la question : Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification
du traité établissant une Constitution pour l'Europe ?
Si beaucoup ont déjà arrêté la position qu’ils vont prendre, d’autres, probablement plus nombreux, hésitent encore ou envisagent même de s’abstenir face à la complexité des arguments échangés ou par méconnaissance de l’enjeu.
Sur ce blog, nous avons déjà débattu cette question fondamentale en profondeur dans la deuxième quinzaine de février, sur la base de neuf notes qui visaient à provoquer la réflexion et à susciter un débat loyal. Il me semble que cet objectif a été atteint au moins parmi la communauté des blogueurs qui ont accepté de participer à cette aventure en postant quelques trois cents commentaires particulièrement nourris et argumentés.
Maintenant que les sondages laissent entrevoir, comme une éventualité possible, la victoire du Non, après avoir longtemps anticipé un succès confortable du Oui, il est probable que l’issue restera incertaine jusqu’au moment du vote, comme elle l’avait été pour Maastricht. Du coup, la mobilisation est générale dans les deux camps et les informations déferlent que ce soit sous forme de livres et d’articles de journaux ou par le canal de sites Internet ou de blogs. Le risque n’est plus, pour l’électeur, d’un déficit d’explication, mais celui d’un trop plein !
Le temps me semble donc maintenant venu pour chacun de prendre du recul pour affermir sa position, mais de manière argumentée et honnête et en tentant d’éviter la polémique et les approximations.
En ce qui concerne ma propre position, elle est déjà connue des visiteurs de ce blog : en l’état actuel de mon information, je suis en faveur de l’adoption du traité constitutionnel européen.
Je crois cependant qu’au regard de l’importance de l’enjeu, cette conviction qui est la mienne aujourd’hui ne me dispense pas de continuer à réfléchir et à débattre avec ceux qui la partagent ou ne la partagent pas.
J’ai ainsi l’intention de revenir, au fil des prochaines semaines, sur une douzaine de points parmi d’autres qui font l’objet de novations, à mes yeux, particulièrement significatives dans le traité constitutionnel, sans m’interdire d’en modifier ou d’en compléter la liste en fonction de l’évolution du débat :
- Le président du Conseil européen
- Le président de la Commission européenne
- Le ministre des affaires étrangères de l’Union
- Le président du conseil de l’Euro
- La majorité qualifiée
- La subsidiarité
- Le contrôle démocratique
- La flexibilité institutionnelle
- La défense européenne
- L’économie sociale de marché
- Les objectifs et les valeurs de l’Europe
- L’avenir de l’Union européenne
Mais auparavant je propose de réfléchir au précédent politique particulièrement éclairant que constitue le référendum de 1969, à la nature de la question qui nous est posée et à ce que signifierait le statu quo institutionnel. Ce sera l’objet de mes trois prochaines notes.
