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04 mars 2005

Erik Izraelewicz : « Quand la Chine change le monde »

Pendant mes douze années de responsabilité à la tête d’Alstom, j’ai dû faire plus d’une vingtaine de voyages en Chine. Je ne prétends pas pour autant être un sinologue. Je n’ai, hélas, pas appris à parler le chinois. Je crois néanmoins savoir deux ou trois choses de ce pays. Au fil de ces années, j’ai aussi appris à me méfier beaucoup de ceux, journalistes ou chefs d’entreprise, qui écrivent ou parlent de la Chine après quelques courts séjours là-bas ou quelques lectures de seconde main.
De surcroît, qu’il s’agisse de la Chine ou d’autre chose, rares sont les essais dont la lecture donne le sentiment d’apprendre des choses nouvelles à ceux auxquels les circonstances ont fourni l’occasion d’une connaissance directe et personnelle du sujet traité. Encore plus rares sont ceux qui résistent à l’épreuve consistant à comparer ce qui est écrit sur votre domaine privilégié d’activité avec ce que vous en savez.
Pourtant le dernier livre d’Eric Izraelewicz, Quand la Chine change le monde,  satisfait avec succès à ces deux tests et ne justifie aucune de mes réserves habituelles. C’est un  excellent livre qui mérite le succès qui est apparemment le sien.
Pourquoi ? La forme qui échappe aux  pièges du didactisme et du pédantisme et emprunte une démarche vive et légère  même si elle est parfaitement maîtrisée et organisée, y est pour quelque chose. Mais ce n’est pas l’essentiel.
L’essentiel est qu’Eric Izraelewicz ne nous impose pas une thèse simplificatrice pré-définie. Il accumule les faits qui caractérisent le bond en avant de la Chine d’aujourd’hui et fournit des éléments de comparaison pertinents avec des parcours analogues du passé éloigné ou récent, de sorte que le lecteur peut engager sa propre réflexion.

Au premier abord, nous explique l’auteur, la mue du serpent, c’est-à-dire la révolution industrielle chinoise suit à l’identique ou presque le scénario écrit lors des révolutions industrielles précédentes – en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon, voire même en Corée du Sud.Urbanisation, industrialisation, effort massif d’investissement, émergence d’une classe moyenne, tout y est. Mais la Chine a suivi en un quart de siècle le chemin que l’Angleterre, entre autres, avait mis un siècle ou presque à parcourir !
Si la vitesse est un élément-clef de la transformation chinoise, la taille de ce nouveau géant fait de son décollage un évènement inédit. En effet, nous est-il dit, la Chine n’est pas un Singapour de plus. La Chine, c’est 325 Singapour de plus. Elle n’est pas qu’un Japon supplémentaire, mais une bonne dizaine au moins.
D’où le face-à-face avec les Etats-Unis. La Chine n’a pas d’autre option que de danser avec le loup, mais les Etats-Unis dépendent à leur tour de plus en plus de ce partenaire qui est certes encore plus faible qu’eux, mais qui déjà fournit ses consommateurs à bon compte (l’exemple, que donne l’auteur, de Wal-Mart, la pieuvre, est saisissant) et qui finance une bonne part de ses déficits.
Ce vol d’oies sauvages déclenche un appétit d’ogre. Le marché mondial des matières premières en est transformé. Eric Izraelewicz décrit ainsi avec verve la ruée sur l’acier, le bœuf, le soja, le pétrole et même le platine qu’affectionnent les nouveaux riches chinois au point que leur pays achète désormais le quart de la production mondiale ! Tous les effets ne sont pas négatifs avec par exemple les 400 salariés du Minnesota invités à reprendre le travail par un sidérurgiste chinois ou les opportunités offertes aux entreprises occidentales et notamment françaises pour aider à construire les 35 à 40 000 mégawatts supplémentaires, le tiers de la capacité installée en France, dont la Chine a désormais besoin chaque année et qui, incidemment, redonnent, à grande échelle sa chance au nucléaire. Mais en regard, restent des préoccupations majeures : avec l’industrialisation de la Chine, nous démontre l’auteur, la guerre mondiale du pétrole est relancée. En 2003, les achats chinois sur le marché mondial représentaient un quart des achats américains (5millions de barils par jour contre 20 pour l’Amérique). En 2007 déjà, ce pourrait être la moitié et presque autant sans doute en 2030, selon l’Agence Internationale pour l’Energie.
Cette Chine qui fait irruption ne se contente pas d’exploiter l’avantage compétitif que représentent ses bas salaires dans le textile, les jus de pomme, les truffes ou le granit…Elle fait de la R&D où elle dépense déjà deux fois plus que la France, elle joue avec subtilité de la contrefaçon et de l’imitation, elle fait émerger des lions rugissants, nouveaux groupes industriels, encore largement inconnus de nous européens, qui partent à la conquête du monde et qui s’appellent Brilliance (automobile), TCL(télévision), Huawei (telecom), Haier (électroménager)…
Enfin avec Un tigre dans le moteur, son dernier chapitre, l’auteur met en lumière la capacité d’achat de la Chine, fantasme de beaucoup d’industriels de la planète, mais qui aujourd’hui prend corps, représentant depuis le début des années 2000 un formidable soutien à la conjoncture économique mondiale, qui a permis à la planète d’éviter un remake de la « Grande Dépression ».Tous les secteurs économiques sont concernés et par son pouvoir d’achat, l’Empire dispose désormais d’un pouvoir qui lui permet d’imposer ses choix - technologiques notamment. Et de citer l’influence de la Chine sur l’industrie aéronautique mondiale, sur celle du tourisme ou dans la guerre des standarts de l’Internet sans fil…
Ce résumé ne rend compte que très imparfaitement des nombreux exemples concrets et vivants qui émaillent les 297 pages du livre et ne dispense pas de le lire, mon seul objectif ayant été de donner l’envie de le faire !
L’un de ses attraits, et non le moindre, est de provoquer et d’alimenter la réflexion.
André Siegfried commençait son cours sur l’Angleterre par la phrase célèbre : L’Angleterre est une île, signifiant par là que tout était dit ou presque. Pourrait-on conclure de manière analogue sur la Chine en constatant qu’elle est immense et que cette caractéristique fondamentale est de nature à différencier des scénarios historiques similaires la manière dont le monde absorbera sa révolution industrielle. Je crois qu’Eric Izraelewics n’est pas loin de le penser en se gardant toutefois d’imposer sa vision. Aurons-nous une évolution, pour citer les références de l’auteur dans son introduction, du type Ricardo plus Schumpeter, permettant d’affirmer que le décollage économique de cet empire va bien provoquer quelques turbulences, mais qu’une fois celles-ci passées, son vol profitera à tous. Ou bien faut-il, à la suite de Paul Samuelson, se demander si le cas chinois ne devrait pas conduire à une remise en cause de cette théorie, donnant crédit à la Duchesse de Proust qu’il cite et qui disait La Chine m’inquiète
Question cruciale que seule, le temps permettra de trancher, mais qui explique, sans la justifier, l’inquiétude que ressentent certains. Pour ma part, je penche plutôt pour la persistance du modèle classique. Le gigantisme de la Chine ne me paraît pas de nature à modifier les mécanismes économiques que le monde a déjà vécus dans plusieurs circonstances similaires et que d’ailleurs l’auteur analyse en rappelant par exemple qu’aujourd’hui, les salaires japonais sont supérieurs à ceux de la France après leur avoir été deux fois inférieurs en 1960 !
La nouveauté, c’est que la perpétuation du cycle ne viendra pas de l’extérieur de la Chine, mais de l’intérieur. La seule concession que je ferais à la thèse du gigantisme, c’est qu’il ne faut pas analyser la Chine comme un bloc. Du point de vue économique, il y a plusieurs Chines, sans même se référer à celles de l’extérieur, mais en son sein. La partie de la Chine qui est engagée en tête de la compétition verra bientôt naître la compétition d’une autre partie de la Chine qui, à son tour, etc…Et ceci ignore la compétition déjà engagée entre ceux que l’auteur appelle le lièvre (la Chine) et la tortue (l’Inde).
Si la taille n’est peut-être pas un sujet de préoccupation déterminant, en revanche, la vitesse du développement chinois semble recéler davantage de risques de déséquilibres momentanés et de difficultés d’ajustements pour l’économie mondiale, que ce soit au niveau réel avec notamment le cas des matières premières et en particulier du pétrole ou au niveau financier avec le rôle excessif joué par la Chine dans le financement des Etats-Unis ou avec la faiblesse de son système bancaire. J’ajoute un autre facteur, l’insatisfaction sociale qui naît des restructurations massives que le changement suscite et l’absence de protection qui, avec le temps, peut devenir insupportable pour les centaines de millions de chinois, nouvellement urbanisés, désormais privés de leur système traditionnel de survie dans la Chine rurale d’autrefois.
Cette inquiétude est partiellement compensée par une autre caractéristique du développement chinois qu’Eric Izraelewics évoque en parlant du savoir-faire peu contestable des dirigeants chinois, sans pour autant la mettre autant en valeur que peut-être cela le justifierait, je veux parler de la qualité de leur pilotage économique. C’est sans doute la contrepartie du maintien du rôle directeur du Parti Communiste dans la vie politique du pays et de l’absence de démocratie au sens occidental du terme. Mais il est de fait que depuis l’accession au pouvoir de Deng Xiaoping, en 1978, c’est-à-dire depuis bientôt trente ans, la Chine n’a pas commis d’erreurs majeures de politique économique et a toujours su prendre à temps les initiatives correctrices que les circonstances pouvaient exiger.
Pour ma part j’ai toujours été frappé pendant mes douze années de fréquentation de la Chine par l’excellente information et l’extrême professionnalisme des dirigeants chinois que j’ai pu rencontrer, y compris aux niveaux les plus élevés. Ces femmes et ces hommes ont une vision de l’avenir économique de leur pays et des effets planétaires de leurs propres actions. Ils savent que la défense de leurs propres intérêts aussi bien politiques qu’économiques exige autant de retenue que de détermination et ils ajustent leurs comportements en conséquence.
Le principal facteur, susceptible de compromettre la poursuite rapide du développement économique chinois ou de faire échapper à tout contrôle ses effets sur le reste du monde me semble être de caractère politique. La question, une question que le livre d’Eric Izraelewics n’avait pas pour objet de traiter, est alors de savoir si, prenant appui sur sa richesse croissante, ce pays saura ouvrir progressivement sa société aux aspirations nouvelles que l’immersion dans l’économie mondiale fera inévitablement et nécessairement surgir sans retomber dans l’instabilité et le désordre d’avant 1949 dont la mémoire reste l’une des explications essentielles de l’acceptation collective du système politique actuel.

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Voici les sites qui parlent de Erik Izraelewicz : « Quand la Chine change le monde » :

» Que les "gogos" de la Chine aillent se faire foutre de Le monde selon Finger
A la lecture des commentaires sur le blog de Pierre Bilger, sur un livre analysant l'essor de la Chine, je me sens obligé d'écrire cette note. Bien entendu elle ne s'adresse pas à l'auteur du blog ni à celui du Livre, mais à certains des commen... [Lire la suite]

» Ou quant la Chine agite encore la blogosphère de Vision
Suite au poste de Pierre Bilger suivit de celui de Finger, certaines de mes craintes sur l'éveil de ce Dragon se sont réveillées. Pour les habitués de mon blog vous vous souvenez peut être de la fameuse guéguerre pour le contrôle des salles inf... [Lire la suite]

Commentaires

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Felicitations a Pierre pour sa longue et passionante introduction au blog, sur un theme parmi les plus chauds de l'actualite.
Je me permet une petite remarque. Au meme titre que la Grande Bretagne est une ile, la Chine est une cruelle dictature. Les droits humaines y sont bafoues, et la torture sur des simples activistes politiques pratique courante. L'acces a l'information etrangere strictement reglemente pour les indigenes. Dans l'enthousiasme pour les return a 4 chiffres, beaucoup ont oublie Tienamen. De ce fait sa classe moyenne n'a pas l'envergure culturelle internationale eg de celle anglosaxonne en 1800.
Aucun pays (passe par une puissante revolution industrielle et technologique) n' a connu cela dans le passe, sauf l'Allemagne nazi et l'URSS de Stalin

Alors, j'ai deux questions auxquelles seulement le temps pourra repondre.
1) est-ce que la classe moyenne chinoise va evoluer en sens occidentale et reclamer des profondes reformes democratiques ou va-t-elle proposer au monde un nouveaux type de societe ou le debat culturel disparait au profit du patriottisme, suivant le modele nazi? C'est qu'on s'est demande des annees durant pour l'URSS, craignant le pire, jusqu'a l'arrivee de l'homme de la Providence Gorbaciov, qui a toutefois fait connaitre a l'URSS de longues annees de crise et de pauvrete.
2) Si fort heureusement les armes nucleaires decouragent tout un chacun de lancer une guerre a la Hitler, on sait toutefois que tous les ingredients sont reunis en Chine pour un expansionnisme agressif.
Le patriottisme, la forte croissance, le besoin de matieres premieres. Cet expansionisme se fait a present par les moyens colonialistes europeens (les Chinois sont bien installes en Sudan), mais Taiwan est une cible appetissante et toute proche. 12% d'augmentation de depenses militaires par an ne se justifie pas par une defense d' ennemis imaginaires (qui se risquerait d'attaquer le plus nombreux peuple du monde, dote de surcroit d'armes nucleaires?).
Dans ce contexte, contribuer a l'armement chinois avec notre technologie ne serait-il fortement irresponsable, une reelle menace a Taiwan, et une triste et amere surprise pour les peuples tibetains et nepalais qui souffrent du mechant voisin?
La levee de l'embargo, poussee de toute force par les puissants homme politiques qui frequentent les soirees privees des industriels d'armement europeens, ne risque pas de rester dans l'histoire comme une honte de plus pour cette Europe qu'on veut nous faire accepter avec un traite incomprehensible au plus grand nombre?

PBi (excusez cette abréviation, mais plusieurs Pierre interviennent), je vais lire cet éssai même si, effectivement je déplore que l'aspect politique soit occulté), mais qu'entendez vous par "démocratie au sens occidental" ? Cela sous entendrait il qu'il existe une démocratie "à la chinoise" ?

Hayekfan j'approuve tout ce que vous dites. Aujourd'hui la Chine est certainement la pire des dictatures au monde. le gouvernement Chinois contrôle entièrement Internet. j'ai lu que sur le seul mois de Décembre 2004, 250 personnes avaient été exécutées.

Que la Chine soit désormais une puissance économique de part son gigantisme et de part le pragmatisme de ses dirigeants est une certitude. Mais aucune puissance occidentale ne devrait se compromettre avec un tel régime.

Oui, effectivement, grand merci PBi de ce mot sur la Chine. Je ne partage pas trop les craintes de hayekFan, les chinois ne sont pas agressifs et dire qu'ils sont expansionistes à cause de Taiwan revient à dire que les Français l'étaient en réclamant l'Alsace Lorraine en 1910 ! Taiwan est en Chine, c'est indiscutable.
La seule question pour moi est la suivante : la "dictature communiste" a t-elle durablement effacé la grande hétérogéneité de l'Empire du Milieu ? Le developpement économique sera t-il un ciment assez solide pour maintenir l'ensemble et lui garder cohérence. Mon interprétation est que le processus politique en Chine ne se fait pas car les dirigeants chinois savent que cette homogéneité n'existe pas et que les risques de retomber dans une situation pre 49 sont réels. Il ne faut pas être bien malin pour ne pas voir l'abîme qui sépare une ville comme Canton d'une ville comme Chong Qing, et les chinois qui sont fort intelligents le voient aussi. Même une ville comme Wuhan qui a connu un si fort développement grace à l'indsutrie automobile n'a rien à voir avec la nouvelle riche Shanghai.

Mission réussie : vous m'avez donné envie de lire ce livre !

Une question, concernant la Chine, m'intéresse particulièrement : la liberté économique conduira t-elle nécessairement aux libertés politiques ?

Je me souviens l'argument de Clinton lors de l'arrivée de la Chine à l'OMC : l'ouverture au monde aura pour effet la pénétration des idéaux démocratiques.

Récemment, dans son dernier livre, Alain Minc allait à rebours de cette idée, jugeant que la Chine préfigurait un nouveau type de capitalisme, un capitalisme autoritaire, où les libertés seraient réduites à ce que l'économie pourrait accepter.

Qui a une opinion sur la question ?

DIDIER
Taiwan est en Chine, c'est indiscutable

Ah bon? Et moi qui pensais que Taiwan etait a Taiwan, comme le Tibet etait au Tibet, et le Nepal (meurtri par les terroristes maoistes finances par les non-agressifs chinois), etait au Nepal.
Votre commentaire me rappelle les theories hitleriennes d'apres les quelles Autriches et Sudetes etait en Allemagne. Et la France elle est ou? En Allemagne aussi?

je suis surpris des assertions de Didier. Nier ce que Hayek appelle le patriotisme chinois qui est plus un authentique nationalisme est pour le moins etonnant !

Certes Taiwan est historiquement rattaché à la Chine mais c'est aujourd'hui un pays indépendant. Revenir là dessus reviendrait à justifier l'invasion du Koweit par S. Hussein ou à rattacher le Kossovo à la Serbie !

et que dire du Tibet ! Véritable guerre coloniale qui a fait 1.2 million de morts !

SEBASTIEN
Qui a une opinion sur la question ?

Personellement je pense que la liberte economique peut coexister parfaitement avec la pire dictature. On l'a bien vu avec le nazisme, avec lequel la Chine a tellement en commun.
Et comme aux annees 30 les democraties flirtaient avec Hitler, au-jourd'hui elles font de meme avec les Chinois, jusqu'aux exces europeens de vouloir leur vendres nos armes.

C'est marrant comme le lecteur lit vraiment ce qu'il a envie de lire et n'essaie pas de garder un peu de recul. Je ne me mets pas hors du lot -)
Quand je dis Taiwan est en Chine, je le dis comme je dirai le Pays de Galles est en Grande Bretagne ou bien la Bavière en Allemagne. Ce n'est pas une préconosation politique pour dire que le régime actuel de Taiwan doit être détruit et que le peuple qui habite l'ile rattaché sans autre forme de procs à la Républqiue Populaire. Je dis que la revendication territoriale de Pekin sur Taiwan est légitime et pas plus.

Exception faite de quelques petits etats tel que le salvador, le vatican et les iles ..., Taiwan n'est pas reconnu et n'a pas de siege a l'ONU.


Quant a la menace chinoise, posez vous un instant la question de savoir pourquoi un pays en mesure d'envoyer un homme dans l'espace n'a pas et n'a pas planifie (a ma connaisance) de porte-avions ? Comment fera t'il pour se projeter la ou se trouve les matieres premiere en cas de besoins ?

DIDIER:
Le Pays de Galles est en Grande Bretagne, et la Corse est en France parce que une histoire de guerres et de traites a decide ainsi. Au XV siecle la plupart de la France etait une province anglaise, qui par la suite s'est constitue en etat independant. Ce qui est arrive a Taiwan.
Etes-vous partisan d'arreter toute guerre, ou on continue a modifier les frontieres a travers les guerres?

Pour rejoindre HayekFan pour une fois : laissons les gens décider eux-même de qui les dirigent. Qu'a à gagner la Chine à envahir Taiwan ? A envahir le Tibet elle gagne de l'espace : la région tibétaine historique représente presque un quart de la chine actuelle, et une frontière naturelle, l'himalaya. Dès que le pouvoir ne s'appuyera plus sur ce genre de données, la situation se réglera. Mais comme le pouvoir chinois est autoritaire, il restera longtemps sensible à ces choses et surtout il ne pourra pas lacher car c'est "perdre la face" et/ou "montrer sa faiblesse".

hayekFan, je n'ai pas la même façon que vous d'aobrder l'Histoire - je ne consteste pas ce que vous dites mais je trouvge vos arguments particuliers. Imaginons une seconde que Napoléon après Waterloo se soit refugié en Corse et déclare la Corse pays indépendant. La légitimité de la France à revendiquer la Corse est réelle, indépendemment des raisons pour lesquelles la Corse a été rattachée à la France. Vous remplacez les noms et l'effet est le même pour la Chine et Taiwan.

DIDIER

Sans parler de ces epoques de violence, on peut meme imaginer que la Corse se declare independante au-jourd'hui, 4 mars 2005. Eh bien, un referendum populaire fait en Corse decidera de son statut.
Pourquoi faire toujours parler les armes?
Pourquoi ne pas envisager un referendum a Taiwan, "souhaitez vous garder l'independance ou vous rattacher a la Republique Populaire de Chine".?
Vous savez que pas mal de personnes a Taiwan considerent etre eux memes la vraie Chine, et ne reconnaissent pas le gouvernement de Peking?
Moi je dis: assez de violence!, et laissons aux peuples le droit de decider comment se structurer.

Que des inetrvanants sur ce blog, bien plus cultivés que moi, en arrivent à comprendre peu ou prou que la Chine ait envahi le Tibet ou le Nepal ou revendiquent Taiwan est hors de ma compréhension.

Il y a vraiment une geopolitqiue a deux vitesses. ce que l'on condamne violemment d'un côté (à juste titre) : les suddètes, la Pologne, la Palestine, Le Koweit ... apparait comme compréhensible pour d'autres.

Je ne veux pas jeter de l'huile sur le feux mais je vois que nous n'en avons pas fini avec la propagande des années 60/70 quand certains, avant de rédiger la constitution européenne, qualifiaient Mao de grand phare du XX siècle.

Finger :
Rien dans ce que je dis ne laisse pensez que je ne condamne pas l'annexion du Tibet par la Chine. Je ne fais qu'ennoncer des motivations géopolitique de cet acte, de la même manière que l'annexion des Sudètes était pour Hitler le moyen de mettre la main sur cette partie grandement industrialisée de la république tchèque, pour avoir ainsi un second centre, le premier, la Ruhr étant bien prêt des frontières occidentales et de la France.
Je rejoins parfaitement hayekFan sur la liberté qui doit être laissé aux hommes de choisir leur mode de gouvernement.
Il n'y a aucune exclusion mutuelle entre comprendre et accepter. Bien que souvent la première action facilite la seconde dans un sens positif ou négatif selon sa propre vision du monde.

je pense malgré tout que ton discours empreinte une pente dangereuse.

D'abord effectivement, tu ne parles ni du Tibet ni du Nepal, te concentrant sur Taiwan qui est effectivement la plus "compréhensible" des revendications de la Chine. le sujet initial de Hayek était le nationalisme chinois et il citait les trois exemples. Ne répondre que sur Taiwan c'est déjà être orienté.

et même sur Taiwan, si la volonté chinoise est compréhensible (au sens intelligible), je trouve que baser le discours là dessus est dangereux.

mais si tu m'assures que tu condamnes fermement l'expansionisme chinois, je n'ai aucune raison de remettre en cause ta pensée...

Voici un commentaire qu'un blogueur me demande de poster à sa place pour préserve son anonymat:
"1°)Je partage tout à fait les préoccupations de HayekFan sur la Chine,d'accord aussi pour saluer en Gorbatchev un homme "providentiel".Etait-ce celui,par et grâce à qui,les évènements annoncés en 1917 à Fatima se sont produits ? Allons savoir.J'aurai beaucoup regretté pour lui,le décès prématuré de Raissa , son épouse.

2°)Quant à la dernière observation de Finger,je crois que ,pour l'instant,il s'agit plus de fascination ou d'éberluement que de «finlandisation» ,au sens où il fallait l'entendre du temps de Krouchtchev ,Kossygine ou Brejnev,c'est à dire que des pays voisins étaient obligés de plaire et agir en conséquence,parce qu'ils se trouvaient sous la menace immédiate de la FORCE .


3°)A Didier,je répondrai que la Savoie ou Nice,peuvent tenir le parallèle avec l'Alsace-Lorraine,que l'Irlande du Nord peut le faire aussi avec Taïwan,en sens inverse...Quand à la situation pré-49,c'est la révolution marxiste qui en était beaucoup la cause,sinon la cause essentielle.Son explication et sa description m'ont toujours parues exagérées,dans la mesure où les vainqueurs ont toujours tendance à écrire l'histoire,comme le rappellent Michel Heller et Aleksandr Nekrich, dès la première ligne de l'Introduction,dans les termes «Malheur aux vaincus» ,de leur livre «L'Utopie au pouvoir», Calmann- Levy ,1982.


4°)Pour répondre à Sébastien,c'est là au coeur du marxisme-léninisme qu'il faut aller.

Clinton rêve à propos de la Chine,comme Carter ,un de ses prédécesseurs présidents,à propos de Cuba .Ce dernier est allé à Cuba et a pu,oh miracle, se déplacer dans l'île et y parler librement à qui il voulait (comme Jean-Paul II d'ailleurs ) quand il voulait et où il voulait ,les dissidents se sont crus confortés et soutenus,se sont montrés en plein jour et aujourd'hui,tous,croupissent en prison,sauf les grands malades ,bien que ,et il faut ,bien entendu, le croire puisque c'est le leader «maxi-maux » qui le chante,le système de santé cubain soit le meilleur du monde! Tiens Donc! Tous ces beaux discours,ces plaidoyers voulant que nouer des relations commerciales ou des relations diplomatiques privilégiées amènera ces pays à une évolution,en matière de droits de l'homme ,n'est qu'utopie.Le "dialogue" ,ça doit inlassablement nous faire penser au film «Causes toujours,tu m'intéresses» et devrait nous faire réfléchir.


5°)Pour ce qui est de la comparaison avec l'Angleterre de 1800,ce pays s'est développé seul de lui même,après une guerre d'indépendance en Amérique (naissance des USA) ,alors que la Chine s'est développée,en partie tout au moins,avec des capitaux empruntés aux pays capitalistes,dont beaucoup n'ont pas été remboursés,dont d'autres ont été rééchelonnés,ce qui revient à dire la même chose.Je conseillerais à ce sujet de relire le livre de Jean François Revel «La Grande Parade»,Plon 2000 ,pages 136 et 137 .


6°)Pour ce qui est du Japon et de la Corée du Sud,voisine,leurs développements ne se sont pas faits sur les mêmes bases que celui de l'Angleterre,non plus,mais parce qu'ils s'étaient choisis des chefs de gouvernements éclairés qui s'appelaient aux débuts des années soixante Nobusuke Kishi ,pour le premier et Sygman Rhe pour le second.Comme d'habitude en pareil cas,ils étaient fort contestés,dans leur pays et aussi à l'international.Fort heureusement,pour ces deux pays,il y avait sur place une présence armée américaine.


7°)Enfin,pour ce qui est du pétrole et du développement des centrales nucléaires,je rappellerai que deux pays (au moins) ,l'Allemagne et la Belgique,co- fondateurs du Marché Commun,aujourd'hui,formant le noyau dur de l'UE,ont programmé il n'y a pas si longtemps l'abandon,à terme,de leur nucléaire.Après on s'étonnera que le prix du pétrole atteigne aujourd'hui des sommets.... "


Antoine Le Radechan

Je vous invite à lire l'article suivant
http://www.lefigaro.fr/perm/afp/mon/050304170626.vxxdd2xr.html qui traite de la Chine et Taiwan.

Ouh là! C'est plein d'esprit de tolérance ici! edgtp a failli passer au bûcher: un peu plus et il trouvait normal que les Chinois qui occupent Taiwan (ex-Formose) rejoignent la mère patrie.
Heureusement, deux super sinologues (qui se fichent, étant donné leur vision à court terme de l'Histoire, de la véritable population formosane indépendante avant l'arrivée du Kuomintang etjusqu'ici quasiment exclue du débat)l'ont remis au pas.
'Suite de ça, ils nous passent la leçon Thibet et Népal. Je leur rappellerai la situation du Népal: le cousin du roi défunt a fait un ptit coup d'etat après l'étrange assassinat de toute la famille par le dauphin légitime.

Les Népalais crèvent la dalle et presque toute l'aide internationale va aux émigrés thibétains dont certains n'ont pas peur d'afficher leur fortune récente d'une manière qui ne peut qu'attiser la haine envers eux.
Je dis: attention pogrom).
Là-dessus je m'interromps, un peu surpris par mon excellent ami De Radechan dont
le 3°me paraît inepte pour les raisons que j'évoquais; le 4°: faire la différence entre la visite d'un ex-prés (Carter) et nouer des relations commerciales privilégiées;
5°N'importe quoi cher ami, la Chine était à plat ventre et vous avez l'air de confondre avec les emprunts Russes;
6° Je vous supplie de croire que les besoins de la Belgique et de l'Allemagen en pétrole sont peu de choses comparées à l'arrêt des importations en provenance de l'Irak (parait qu'il y a une guerre?) et du Venezuela (Paraît qu'on est passé prês de la guerre civile?)

PBi, Je marque ma surprise, vous qui avez joué et savez jouer la transparence jusqu'au bout, avec talent et avec "honneur" si je puis employer ce grand mot mais vous me comprenez, vous nous passez des contrib pour le compte d'un tiers anonyme ! bizarre ?
Pour répondre à votre correspondant anonyme, je n'ai pas parlé de responsabilité dans la situation pre 49, je faisais un constat. Je ne porte aucun jugement ni ne prend parti Quant à comparer la Savoie ou le Comté de Nice à l'Alsace Lorraine, c'est bien mal connaitre l'histoire de France et le traumatisme de 1870.

> hayekFan - comprendre Pekin et dire que la RP de Chine est légitime ou a une certaine légitimité à prétendre récuperer Taiwan ne signifie pas que l'on est d'accord avec. Regarder l'histoire n'est pas faire de la politique. Quant aux Taiwanais qui disent être les "vrais" chinois, il y avait à Coblence en 1790 des Français qui prétendaient être la vraie France.
Je cite le Général : on ne fait pas de politique sans tenir compte des réalités.

PBi,

Pour une fois, vous me permetrtez de ne plus prendre part à ce débat.

Lebalse pourra se vanter de m'avoir "fait fermer ma grande gueule".

Utiliser ses connaissances historiques ou géopolitiques pour justifier l'imperialisme chinois me dégoute jusqu'a la nausée.

Et puisqu'il faut être un éminent sinologue (ce que je ne suis pas) pour lui répondre et qu'un minimum d'humanisme ne semble pas pas lui suffire, je me tais sur le sujet.

Je conclurai que, puisqu'il faut rendre formose aux chinois, rendons le Koweit à L'irak. Puisque les thibétain profitent de l'aide internationale au dépens des Népalais, virons aussi les thibétains du Népal et les palestiniens de Jordanie !

A Didier,
Pour éviter tout malentendu, Radechan avec lequel je n'ai pas d'autre relation qu'à travers le blog n'est pas anonyme pour moi, mais utilisera dans l'avenir une autre adresse électronique pour dialoguer avec nous. J'ai respecté sa préoccupation et pensé néanmoins qu'il aurait été dommage de nous priver de sa contribution d'aujourd'hui au débat.

Sacré débat en effet!

PBi, Pierre ?
vous nous avez donné envie de lire ce livre, en effet.
mais ... peut-être pourriez-vous nous parler de vos expériences chinoises, des différences culturelles que vous avez observées (je ne sais pas ... la perception du temps, du progrès, des autres ... toute particularité qui vous aurait marqué).

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