La constitution est illisible ! Nul n'est censé ignorer la loi, et on sait que dans la réalité on nous fait des lois compliquées et on n'informe pas le citoyen. Le Traité constitutionnel est illisible pour 99% de la population. Comment oser nous le présenter en l'état ? C’est Laurent qui interpelle ainsi implicitement, mais vigoureusement, les membres de la Convention pour l’avenir de l’Europe et, à leur suite, les gouvernements européens qui ont élaboré le projet de Traité constitutionnel qui va bientôt être soumis à notre approbation et qui avaient pourtant pour objectif de satisfaire cette exigence légitime de lisibilité.
Christian Philip qui était membre de la Convention, écrit dans son intéressant Que Sais-Je? sur la Constitution européenne : Tel était l’un des premiers objectifs visés par la Convention. Permettre aux Européens de disposer d’un texte constitutif de l’Union unique, lisible par chacun, compréhensible par le plus grand nombre. (…) L’objectif est atteint. Le projet de Constitution européenne n’est pas un document que chaque lycéen pourra lire aisément comme l’avait souhaité Valéry Giscard d’Estaing. Les 464 articles (sans compter le préambule et les textes additionnels) restent aussi par le style et le vocabulaire (même si le texte a été relu par l’Académie Française) un texte auquel on a besoin d’être introduit. Mais c’est la loi du genre et cette constitution pourra, si on le veut et si l’on s’en donne les moyens, être expliquée. Le temps devrait permettre alors son appropriation par les Européens à l’image de leur constitution nationale. La Constitution de 1958 instituant la Vème République est l’objet (les sondages le montrent régulièrement) d’une forte adhésion, mais combien de Français l’ont lue aujourd’hui, et combien en 1958 quand ils l’ont cependant massivement ratifiée ?
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La troisième et dernière question qui m’a été posée par Finger était : Pouvez vous m'expliquer en quoi la constitution (européenne), traité a vocation politique, pourrait avoir une influence sur les sujets que vous abordez ? Et si elle était soulevée à propos de ma note Nelly Kroes: les archéo-libéraux sont toujours là! , elle a à l’évidence une portée beaucoup plus générale et peut viser l’ensemble des sujets que j’ai évoqués jusqu’à présent sur la construction européenne.
Je ne suis pas un spécialiste de droit constitutionnel ou de droit international. Aussi vais-je exprimer mon opinion en citoyen européen de base et en ancien chef d’entreprise, qui a acquis une certaine expérience de l’Europe concrète et dont l’âge lui permet d’avoir suivi son évolution au fil du temps.
Pour moi, la faiblesse fondamentale, le talon d’Achille, du système européen tel qu’il existe et fonctionne aujourd’hui, est l’absence d’un véritable centre de pilotage et d’impulsion politique, exclusivement comptable de l’intérêt européen, en somme un gouvernement européen.
C’est cette lacune qui explique l’accent mis en permanence sur ce que j’appelle l’Europe négative, celle des interdictions, de la bureaucratie, de la judiciarisation, des sanctions au détriment de ce que pourrait être une Europe positive, faite d’initiatives, d’actions communes, de politiques ambitieuses affirmant son identité et son efficacité dans les domaines économique, financier, militaire ou diplomatique.
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L’été dernier, quelque part en Istrie, dans les cantons de l’Est, nous avons bénéficié de l’hospitalité québécoise dans une ferme datant de l’avant-dernier siècle. C’était un après-midi pluvieux et, après que nous ayons fait honneur au buffet, Yanik qui était là avec Sophie a pris sa guitare et nous a offert quelques unes de ses chansons, nous réunissant dans quelques instants de bonheur.
Yanik Cloutier, bien que jeune encore, n’est pas un néophyte. Titulaire d’une maîtrise d’études musicales de l’université McGill de Montréal, il enseigne et accompagne d’autres chanteurs. Mais il est aussi l’auteur-compositeur-interprète de ses propres chansons. Et hier, il a sorti son propre premier album qui comporte dix chansons et que l’on peut se procurer pour le moment uniquement sur le site d'Archambault à Montréal en attendant, je l’espère et le pronostique, que d’autres sites le reprennent à leur catalogue.
Si je parle aujourd’hui de Yanik Cloutier et alors que je suis rentré de Montréal, c’est que j’aimerais que d’autres que moi et que ceux qui comme moi ont eu le privilège de l’écouter puissent découvrir à leur tour cette voix nouvelle, qui vient une fois encore du Québec. Je sais bien que ce blog n’est pas l’instrument le plus approprié pour aboutir à ce résultat. Mais qui sait, je lance une bouteille à la mer et quelqu’un peut-être aura l’instinct et la chance de la ramasser et de faire en sorte que Yanik Cloutier soit entendu par le plus grand nombre possible comme il le mérite. Ce quelqu'un hypothétique pourra en savoir plus en se connectant à GuideTone.
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Finger m’a posé une autre question : J'aimerais avoir votre avis (pourquoi pas une note ?), a-t-il écrit, sur la tendance dans les grands groupes actuels à vouloir être "intégré". J'aimerais avoir la vision d'un grand patron là dessus (définition, intérêt, limite, est-ce une mode ...?). Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que cette question a été inspirée par l’absorption récente d’Equant par France Telecom qui faisait suite à celle d’Orange.
L’une des manières d’approcher la question de l’intégration des groupes industriels est en effet de s’interroger sur le taux de participation du holding de tête d’un groupe dans ses filiales. La réponse généralement donnée est de considérer que pour qu’il y ait véritablement groupe industriel, il est préférable que le holding de tête possède la totalité du capital des filiales. Ainsi le management est légitimement affranchi de la nécessité de tenir compte des intérêts minoritaires des filiales au détriment de ceux des actionnaires du holding de tête et peut donner la priorité à l’intérêt d’ensemble du groupe dans ses décisions, qu’il s’agisse du recrutement des dirigeants, de la définition de la stratégie, de la gestion financière, de la mise en œuvre des synergies en matière de technologie, de commerce, d'achats, de ressources humaines.
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Au cours des derniers jours, Finger qui me fait le plaisir d’intervenir fréquemment sur ce blog, m’a demandé mon avis sur trois questions concernant la constitution européenne, la volonté d’intégration des grands groupes industriels et la consanguinité des conseils d’administration.
Comme il s’agit de questions de caractère général, j’y répondrai sous forme d’une chronique en commençant aujourd’hui par la dernière qui a été formulée de la manière suivante : j’aimerais avoir votre avis sur l’aspect consanguin du capitalisme à la française : les PDG de nombre d’entreprises se retrouvent au conseil d’administration d’une multitude d’autres sociétés.
Entendons-nous d’abord sur la définition de la consanguinité. Pour moi, un tel cas de figure n’existe que quand il y a réciprocité, autrement dit quand le président-directeur général d’une société est membre du conseil d’administration d’une autre société dont le président-directeur général est à son tour membre de celui de la sienne.
En harmonie avec les exigences du gouvernement d’entreprise, de telles situations qui n’étaient pas exceptionnelles dans le passé, sont aujourd’hui, à juste titre, devenues extrêmement rares, pour ne pas dire inexistantes, au moins dans les grandes sociétés cotées.De même le nombre de postes effectivement détenus par un administrateur s'est considérablement réduit. La disparition accélérée des participations croisées s’est inscrite dans le même mouvement.
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