A la veille des évènements de mai 1968, Pierre Viansson-Ponté publiait dans Le Monde un article, devenu célèbre par son caractère prémonitoire, qu’il avait intitulé La France s’ennuie. Ces jours derniers, ce même journal, trente sept ans plus tard, a consacré une page entière à la "sinistrose" à la française .
Peu de temps auparavant, je déjeunais avec un blogueur qui visite régulièrement mon blog et, alors que nous nous apprêtions à nous quitter, il me disait, lui qui surfe sur cette toile virtuelle depuis bien plus longtemps que moi, y déceler les signes de plus en plus marqués d’une angoisse, d’une désespérance, d’un pessimisme grandissants, sans prétendre prévoir, disait-il, quelle en serait la traduction concrète.
Depuis lors, plusieurs blogs commencent à échanger sur cette question que je formulerai ainsi:
Sommes-nous engagés aujourd'hui dans une crise profonde susceptible de déboucher sur un changement culturel aussi radical que celui qu’ont provoqué les évènements de mai 1968 dans des secteurs majeurs de la société comme l’université, l’éducation ou les religions ou bien vivons-nous simplement les derniers soubresauts de l’adaptation à ce monde nouveau qui se construit à travers l’ouverture accélérée des frontières, la construction et l’élargissement de l’Europe et l’accélération des changements technologiques ? L'éventualité d'une crise majeure de société relève-t-elle du fantasme ou anticipe-t-elle un scénario possible?
Je n’ai pas la réponse, mais je me dis que le blog offre une opportunité exceptionnelle de prendre le pouls de la société à travers l’expression des opinions et des sentiments spontanés qu’il permet.
Qu'en pensez-vous?
