Les Coulisses du Blog ne m'ont pas laissé le temps de saluer comme il convenait la mise sur orbite de l' Agence de l'innovation industrielle. On a appris avant-hier que Jean Louis Beffa, un industriel expérimenté, était chargé de sa mise en place et qu'elle serait dotée d'au moins deux milliards d'euros entre 2005 et 2007, prélevés sur les recettes de privatisation.
On peut chipoter sur l'acessoire et notamment s'interroger sur la manière dont ce nouvel organisme travaillera avec l'ANVAR ou la future Agence Nationale de la recherche. Jean-Louis Beffa aura certainement à coeur de mettre de l'ordre dans ce maquis organisationnel et d'éviter que les moyens financiers mobilisés ne se diluent dans le trou noir des procédures.
L'essentiel, c'est que, pour la première fois, depuis plus de vingt ans, la dimension de l'effort consenti démontre une volonté d'agir concrètement et en profondeur en faveur de l'innovation. On semble avoir enfin compris que le problème français n'est pas l'insuffisance de la recherche des entreprises, mais a été, au contraire, pendant toute cette période, l'abdication par l'Etat de toute action significative d'incitation et de pilotage, contrairement à ce qu'ont toujours fait les Etats-Unis, dans la continuité et à grande échelle, dans tous les domaines majeurs du progrès technique.
Pour avoir mesuré les conséquences de cette lacune quand je dirigeais un grand groupe industriel qui, bien que français, obtenait, toutes choses égales, plus de financements publics pour l'innovation aux Etats-Unis qu'en France, et pour avoir observé plus récemment le chemin de croix que doivent emprunter les jeunes entrepreneurs de notre pays pour retenir l'intérêt, souvent sans y réussir, des intervenants de toute nature du système financier pour développer les technologies de demain, je me réjouis de ce changement
J'espère que les modalités retenues permettront d'agir avec rapidité et miseront sur la confiance dans les hommes plutôt que sur l'accumulation des dossiers, des procédures et des contrôles et que les points d'application retenus ne concerneront pas seulement les très grandes entreprises.
Restera ensuite à étendre cette approche au niveau européen, car, comme vient de le rappeler avec éclat l'exemple de l'A 380, il est désormais des projets qui ne peuvent être sérieusement traités avec une évidence criante que dans un cadre européen, par exemple, pour ne parler que des nouvelles technologies de l'énergie, la fusion, l'hydrogène et la pile à combustible ou la séquestration du dyoxide de carbone sans même évoquer le charbon propre ou les turbines à gaz de la prochaine génération.
Mais aujourd'hui saluons l'étape qui vient d'être franchie et souhaitons bonne chance et bon courage à Jean-Louis Beffa!
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