Je n’imaginais pas en évoquant, dans la première note que j’ai postée sur ce blog, l’importance de l’héritage chrétien pour nos sociétés provoquer un débat aussi passionné et aussi dense. La note Héritage chrétien a en effet donné lieu à dix neuf commentaires circonstanciés et argumentés de neuf auteurs différents. Les relisant à tête reposée, je me suis dit que plutôt que d’essayer d’en faire une synthèse qui, s’agissant d’un sujet qui touche aux convictions les plus profondes de chacun, serait nécessairement artificiel, il serait plus éclairant de sélectionner, sans les commenter, quelques extraits significatifs des opinions qui se sont exprimées.
M. Bush se réclamant de l'héritage chrétien est allé tuer 100 000 irakiens "non chrétiens" civils au nom de dieu.
SVP pas de "trolls" sur Bush, l'Inquisition et autres erreurs historiques. Comme Louis XIV, Bush se prétend chrétien ? Laissons le dire. Mais, selon nos convictions politiques - et cela n'a rien à voir avec la religion -, approuvons, ou combattons les actes.
Je pense que ce ne sont pas les valeurs chrétiennes qui sont importantes mais "l'engagement", les actes.
Est on sûr qu'il faille vraiment lier cet "identifiant" à une dimension géographique? Et si oui, alors encore pour combien de temps? et si pour toujours, alors pourquoi?
L'Europe est une Civilisation, produit principalement de la collusion de l'héritage gréco-romain et de l'héritage judéo-chrétien. C'est cette Civilisation qui en a fait une terre de prospérité et de respect de l'autre, et rien ne justifie de la renier.
Beaucoup de choses se définissent en opposition ou en réaction par rapport à d'autres. Le fait même que la question de l'aspect "chrétien" de l'Europe arrive en ce moment n'est que la manifestation du début de l'affrontement des religions et des différents mondes.
Parler de l'héritage Chrétien revient à nier la religion musulmane qui est la seconde religion de France.
En fait depuis, l'Espagne Musulmane et l'invasion de Vienne par les Turcs, la chrétienneté de l'Europe n'a jamais été remise en cause. Aujourd'hui que les musulmans sont de nouveau en Europe d'une toute autre façon, les vieux démons remontent à la surface. On dirait que les rois catholiques modernes se réveillent de leur sommeil pour entamer une nouvelle reconquista. Quelle forme prendra cette reconquête
Est-ce que c'est cette dialectique des rapports entre les civilisations que nous voulons pour le 21ème siècle? Je rêve d'un monde où mes goûts et mes couleurs préférées importeront plus à autrui que ma religion.Heureusement, ma femme catholique, vit déjà dans ce monde. C'est une grande lueur d'espoir.
Les musulmans ne sont pas un acteur des futurs affrontements. Les blocs qui vont s'affronter sont plutôt la Chine, les USA et l'Europe (non encore définie), chacun avec ses alliés mais aussi les peuples qu'ils utiliseront contre les autres. Il va de soi que l'affrontement monde musulman vs monde chrétien profite à la Chine.
Réintroduire la religion ou une référence religieuse dans la constitution européenne était une régression ou en tout cas une négation de la diversité religieuse et culturelle.
Une constitution (c'est en fait un simple traité) se doit de rassembler, d'autant plus qu'elle est approuvée par les électeurs ou leurs représentants. "Héritage chrétien", est- ce une formule ou une notion qui rassemble ? Sans vouloir me battre pour ce terme, j'y souscrirais volontiers s'il rassemble et s'il dénote une volonté commune de poursuivre l'évolution, avec davantage encore de respect des personnes et de leur diversité, et davantage de solidarité. Je n'y souscrirais pas s'il s'agit le moins du monde d'officialiser une religion. Alors, peut être faut il changer de terme. "Héritages spirituels" (la formule retenue par nos représentants européens) n'est pas mal. Toute personne consciente de l'Histoire comprend qu'il s'agit d'une référence à une aspiration au meilleur de la civilisation chrétienne qui régissait nos pays européens. Et cela a le grand mérite d'évacuer le pire (guerres incessantes, traite des Noirs, etc.), car comme toute civilisation, l'européenne n'a pas produit que de bonnes choses. Pour l'avenir, mieux vaut se référer au meilleur qu'au pire.
Toute histoire est le cumul d'héritages et de chemins. On peut rejeter un héritage, se référer à un autre, la vraie difficulté est plus de rester écoutant à une altérité parfois dérangeante, à un message, une parole qui interpelle. Un vieux sage, F. Varillon, disait dans Joie de Croire, Joie de vivre, que la seule caractéristique d'un chrétien c'est d'être à l'écoute d'un Tiers. Cette écoute est chemin pour sa propre vie, sa propre liberté et sa propre humanité. La question reste là. Elle est personnelle, mais aussi commune.Que faisons nous de notre héritage ?
Si "Chrétien" est qu'un mot pour désigner un héritage qui est commun aux musulman aux chrétiens ou aux bouddhistes, alors je me sens "Chrétien" sans l'être.
Aujourd'hui il semblerait que beaucoup aient l'impression qu'affirmer et revendiquer cet héritage culturel (déconnecté d'un quelconque prosélytisme religieux) revient à exclure l'Autre. Ce qui est absurde, dans la mesure où cela entraîne des sociétés entières dans une véritable crise d'identité où finissent par bouillonner des sentiments xénophobes et identitaires qui n'auraient pas lieu d'être dans le cas d'une tranquille et dépassionnée affirmation de nos origines.
De plus nous passons notre temps à nous satisfaire que les autres civilisations de la planète valorisent leur identité culturelle. C'est en effet une bonne chose ! Mais si dans le même temps nous partageons notre temps entre auto-flagellation de l'héritage et mythe du multi-culturalisme, il va de soi que nous ne saurions longtemps jouer un quelconque rôle dans les affaires du monde.
