J'ai relu au cours de ce week-end Une rencontre loin de l'Hôtel de Ville , un recueil de treize nouvelles de Cyrille Fleischman, publié l'été dernier. Ce livre fait suite à un autre recueil de seize nouvelles, Une rencontre près de l'Hôtel de Ville, qui l'a été en février 2003, et s'inscrit dans une oeuvre d'une dizaine de livres, égrenés depuis 1987, au fil des années, qui a valu à son auteur le prix Max-Cukierman (culture yiddish), décerné en 2002.
J'ai découvert et apprécié ces livres et notamment le dernier pour des raisons personnelles. Aussi plutôt que de transformer le lecteur acharné que je suis en un critique littéraire dont l'objectivité, au cas particulier, pourrait être suspectée, je préfère vous renvoyer à un article que Josyane Savigneau a publié dans Le Monde du 2 mai 2003 et que vous pourrez consulter dans les archives du quotidien.
Je cite: Les amateurs de nostalgie, d'ironie tendre, les amoureux d'un Paris disparu, où, du côté de l'Hôtel de Ville et du métro Saint-Paul, on plaisantait en yiddish tout en incitant les nouveaux arrivants à parler "en français! (...) avec si possible des phrases simplement magnifiques", devraient tous lire Cyrille Fleischman.
Plus loin: Ces seize histoires ont chacune leur atmosphère, leur argument singulier, leurs péripéties, mais elles se lisent comme des chapitres d'un roman dont le héros serait "cette maison de vacances que resterait à jamais, pour les enfants du IVe arrondissement, le Bazar de l'Hôtel de Ville de Paris, ville familiale des très grands solitaires"
Ou encore: S'il était new-yorkais (...), ses nouvelles, à défaut de faire de lui un auteur de best-seller, seraient célébrées par toute la presse branchée. Malheureusement, il écrit dans un français élégant et précis...
Pour ma part, la petite musique tendre et pleine d'humour de ces livres m'a séduit. Chacun d'eux et notamment le dernier fourmillent de notations et de situations, pleines d'humanité dans lesquelles chacun peut se reconnaître, comme, par exemple, celle qui clôt la nouvelle, Quelques mots pour la petite-fille de quelqu'un d'autre : avec le temps, il n'y a que les souvenirs que les gens inventent qui restent de vrais souvenirs pour toujours.
